Insolite Dans les jardins de Toulouse, pourquoi les violettes sont-elles souvent blanches ?

Emblème de Toulouse, la violette porte bien son nom, référence à sa couleur. Mais dans les jardins toulousains, les violettes sont souvent blanches. On s'est penché sur ce mystère.

Publié le : 25/02/2017 à 18:28
violettes - Russeil
Dans les jardins de Toulouse, il n'est pas rare de tomber sur des violettes... blanches ! (Photo : Côté Toulouse/Delphine Russeil)

Dès le mois de février chaque année, les fleurs de violette éclosent dans les parcs et jardins toulousains, annonciatrices des prémices du printemps. Emblème de la ville de Toulouse, cette fleur parsème alors les parterres, à la sortie de l’hiver, de son intense couleur violette. Mais pas seulement… En effet, au cours de vos promenades, vous aurez sans doute aussi découvert des myriades de petites fleurs de violettes… blanches !

D’où vient cette couleur alors que, dans l’imaginaire collectif, la violette reste invariablement… violette, que ce soit dans ses représentations ou produits dérivés ? C’est le mystère que l’on a tenté de percer.

Des espèces de violettes blanches

Pour tenter de trouver quelques réponses à cette épineuse question, nous nous sommes tournés vers la mairie de Toulouse, qui abrite dans ses serres municipales le Conservatoire national de la violette. Depuis 1994, celui-ci en répertorie et cultive 130 variétés venues du monde entier.

Concernant les violettes blanches, il y a plusieurs cas de figures, lance en préambule Marie-Pierre Chaumette, adjointe au maire de Toulouse en charge des Espaces verts, en lien direct avec les techniciens des serres municipales.

Ainsi, l’une des premières explications est qu’il existe en fait des espèces botaniques de violettes blanches. C’est le cas par exemple de viola alba, endémique à l’Europe, ou encore de viola obliqua.

De la même manière, il existe aussi des espèces de violette de couleur rose, comme viola odorata “La Valade” ou viola palustris L.

Ces espèces botaniques, relativement bien fixées, sont le fruit d’une évolution génétique sous l’influence de plusieurs facteurs qui les ont faites comme elles sont actuellement, adaptées à leur milieu, précise Marie-Pierre Chaumette. Ce phénomène observé sur le long terme peut être la conséquence de mutations spontanées ou d’hybridations naturelles entre espèces ou sous espèces différentes – soit un long processus évolutif !

Une sélection variétale horticole peut aussi être opérée par l’homme qui, dans le but d’obtenir une fleur blanche, croisera deux espèces de violettes différentes en fonction de leurs caractéristiques à retenir.

Des modifications génétiques dans la nature

Ce rôle d’hybridation, la nature s’en charge aussi elle-même à l’état sauvage. Sur les forums internet, il n’est pas rare de trouver des témoignages de jardiniers perplexes devant la prolifération de violettes blanches quand ils n’avaient planté à l’origine que des plants de fleurs violettes.

Il peut arriver que, dans un lot de plantes mauves, sur un même pied, quelques fleurs changent de couleurs et deviennent blanches. Il s’agit dans ce cas-là d’une transposition de gènes, qui a modifié l’expression des gènes de la couleur, poursuit l’élue toulousaine. Nous avons un exemple dans un de nos pots de violette de Toulouse actuellement.

A la longue, après plusieurs années, il arrive alors que le gène porteur de la couleur blanche l’emporte sur celui de la couleur violette… au point que les fleurs blanches deviennent parfois plus nombreuses que leurs grandes sœurs mauves.

Photo de Delphine Russeil

Delphine Russeil

Journaliste
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