Actualité Une équipe toulousaine du CNRS décrypte l'intelligence des abeilles

Une équipe toulousaine du CNRS/Paul-Sabatier a vu ses travaux sur le fonctionnement du cerveau des abeilles publiés par l'Académie des sciences américaines. Les détails.

Publié le : 28/10/2015 à 09:32
abeilles, CNRS, Paul-Sabatier, Toulouse, jean-marc devaud, académie des sciences américaines
L'intelligence des abeilles est décryptée depuis Toulouse (Photo : CRCA/Martin Giurfa)

Les abeilles et le monde urbain, la problématique est de plus en plus prégnante à Toulouse, et pas seulement en raison des enjeux liés à l’utilisation des pesticides.

> LIRE AUSSI : De plus en plus d’abeilles et de ruches au centre-ville de Toulouse

Mais comment fonctionnent ces animaux au miel si précieux et à l’activité essentielle pour l’Homme et la biodiversité ? Une partie du voile vient d’être levée par une équipe de chercheurs toulousains, plus précisément l’équipe « Explain » (Plasticité dépendante de l’expérience chez l’insecte) du Centre de recherche sur la cognition animale (CRCA) du CNRS/Paul-Sabatier, qui a publié des travaux sur « les mécanismes cérébraux responsables de l’apprentissage de haut niveau chez les abeilles » dans la très huppée et généraliste revue de l’Académie des sciences américaines, le Proceedings of the National Academy of Sciences USA.

« Une avancée relativement importante »

Nous nous sommes intéressés à ce projet car les abeilles, avec un petit cerveau, sont capables de réaliser des comportements et des apprentissages complexes. On retrouve ce comportement chez l’abeille et chez d’autres mammifères, même chez les hommes. Ces études soulèvent donc la question de la particularité des abeilles par rapport à d’autres insectes qui montrent, dans la plupart des cas, des capacités cognitives moins développées. C’est une avancée relativement importante dans notre domaine, explique Jean-Marc Devaud, l’un des deux coordonnateurs de ces travaux avec Martin Giurfa.

L’impact des pesticides

Autre point soulevé par les chercheurs : la relation entre les pesticides et le fonctionnement du cerveau des abeilles. « Nous savons que les pesticides constituent l’une des causes de la perte de population des abeilles. Et l’on sait désormais, d’après une récente étude, que ces pesticides affectent les neurones de cette région du cerveau. On peut donc imaginer que les pesticides puissent affecter les capacités de l’abeille de résoudre des problèmes, notamment quand elles butinent sur une fleur. Or, moins d’efficacité égale moins de ruches », poursuit Jean-Marc Devaud.

Le Centre de recherche sur la cognition animale de l’université Paul-Sabatier travaille aussi sur les bourdons et la drosophile. L’occasion de poursuivre les découvertes sur leur vie et leur fonctionnement cognitif.

> À LIRE : La parution complète des chercheurs toulousains du CNRS sur le Proceedings of the National Academy of Sciences USA

Photo de Anthony Assemat

Anthony Assemat

Journaliste, chef d'édition à Côté Toulouse
Captcha en cours de génération.....Version audio
Changer l'image