Tribune [Tribune] Naufrage en Méditerranée : « Redoublons nos efforts »

Henri Arévalo, élu écologiste et président de Midi-Pyrénées Coopération Développement (réseau d'acteurs pour la solidarité internationale) réagit à la mort en mer de 700 migrants.

Publié le : 20/04/2015 à 17:50
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Henri Arévalo est conseiller municipal de Ramonville et président de Midi-Pyrénées Coop'Dev. ©DR

Le contexte :
> Dans la nuit du samedi 18 au dimanche 19 avril 2015, un navire transportant des migrants a chaviré en Méditerannée. Le drame pourrait avoir fait jusqu’à 700 morts.
> Lundi 20 avril, un nouveau bateau – avec plus de 300 migrants à son bord – a été signalé en train de sombrer en Méditerannée, a indiqué l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
> Les ministres de l’Intérieur et des Affaires étrangères européens sont réunis en urgence à Luxembourg.

Sept cent personnes ont péri noyées en Méditerranée ce week-end, sept cent qui viennent s’ajouter aux 400 de la semaine dernière et aux centaines, voire les milliers qui meurent en mer depuis des années dans l’indifférence, comme si leurs vies ne comptaient pas, comme si leurs vies n’en étaient pas, comme s’ils étaient des sous-êtres dont la vie n’a que peu de valeur.

Nous sommes capables à juste raison de dépenser des millions pour sauver une vie menacée, et là nous restons spectateurs …

Ces hommes et ses femmes qui tentent de rejoindre notre monde d’opulence, qui, fuyant la guerre ou la répression de dictatures, subissant la misère ou les premiers effets du changement climatique, le font, comme l’ont fait les pères et mères, grands pères et grands mères, de nombre d’entre nous, avec ce même désir de construire un avenir pour leurs enfants et leurs familles restées dans leur pays.

« Une réaction collective s’impose »

On ne part pas de son pays quand on peut y organiser sa vie normalement et s’il y règne la paix. Les raisons de leur départ sont en fait toutes liées à notre propre folie de croissance, peuples du nord, qui nous a conduit depuis des siècles à nous accaparer les richesses de cette planète, à maintenir les pays du sud dans un état de dépendance en provoquant la déliquescence de leurs structures économiques, sociales et de gouvernance, certains que nous étions que notre modèle était le bon.

Rien aujourd’hui ne laisse penser que ce drame va s’arrêter. Au contraire, il devrait s’amplifier dans les heures et les jours qui viennent, faisant de cette situation un des plus grands scandales de ce début du 21ème siècle. Une réaction collective s’impose.

Si des mesures humanitaires sont à prendre en urgence pour empêcher de nouveaux naufrages, s’il faut adopter au niveau européen de nouvelles règles d’accueil des migrants, c’est bien en relançant, en augmentant et en coordonnant les politiques de coopération et de développement que des solutions pérennes seront trouvées.

Redoubler d’efforts

Or ces politiques sont actuellement les premières attaquées et réduites au prétexte que l’argent manquerait. Notre replis égoïste pour préserver en priorité la satisfaction de nos propres besoins est une grave erreur que nous pourrions payer chèrement. Les budgets consacrés au Développement, en Europe et en France doivent donc être maintenus à leurs niveaux, voire augmentés. Les collectivités déjà engagées dans la coopération décentralisée doivent redoubler leurs efforts et d’autres les rejoindre, en partenariat avec les citoyens, les associations et les entreprises responsables, dans un vaste mouvement pour la Paix, la coopération et la solidarité internationale.

Henri Arévalo
Conseiller municipal de Ramonville
Conseiller communautaire du Sicoval
Président de Midi-Pyrénées Coopération Développement,
(Le Réseau Multi-acteurs de Midi-Pyrénées de la coopération et la solidarité internationales)

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