Tourisme Toulouse veut faire partie du gratin européen en matière de tourisme (et il y a du boulot)

Jeudi 3 novembre, le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, a présenté la stratégie touristique de Toulouse pour la période 2017-2020. Objectif : le Top 15 européen. Les détails.

Publié le : 04/11/2016 à 14:42
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Toulouse a (enfin) pointé ses faiblesses dans le domaine du tourisme. Elle vise désormais le Top 15 européen. (Photo : Wikimedia Commons)

Oui, il reste (beaucoup) de pain sur la planche pour améliorer le tourisme à Toulouse. En septembre 2016, le cabinet Protourisme rendait les conclusions d’une étude commandée par l’Office de tourisme et Toulouse Métropole sur la politique touristique locale.

Résultat : de trop nombreuses faiblesses (transports, pas assez d’hôtels, destination et forces du territoire trop méconnues…) pour espérer rivaliser avec les grandes villes européennes.

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Jeudi 3 novembre 2016, le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, a présenté les réponses de la collectivité face aux carences de la Ville rose en matière de tourisme. En février, il avait fusionné les trois entités que sont l’Office de tourisme, Invest in Toulouse (l’agence de développement économique) et la Convention bureau pour le tourisme d’affaires en une seule composante : l’Agence d’attractivité So Toulouse.

« Quelle est notre tour Eiffel ? »

C’est cette Agence d’attractivité qui a révélé les grands axes du sursaut toulousain à travers la présentation de son schéma directeur du tourisme 2017-2020.

Car malgré l’aéronautique, le spatial, le rugby, le climat et « le record national en termes de croissance, de démographie et de créations d’emplois sur les dix dernières années », indique Alain di Crescenzo, le président de la Chambre de commerce et d’industrie de Toulouse (CCIT), la Ville rose reste une équation à plusieurs inconnues au niveau international.

Il existe un décalage entre la perception de ces acquis à l’étranger et l’image que nous en avons. Le “parcours-récit” de Toulouse reste à définir. Quel est notre totem ? Notre tour Eiffel ?, questionne Hubert Calmettes, le directeur général de l’Agence d’attractivité.

Toulouse classée 23e à l’échelle européenne

Le schéma directeur propose 19 actions concrètes pour faire entrer Toulouse dans le « Top 15 des destinations urbaines européennes » – la ville est aujourd’hui classée 23e par le site TripAdvisor selon l’Office de tourisme – et « augmenter de 20% en cinq ans les nuitées touristiques et d’affaires ».

Le nouveau Parc des expositions de Beauzelle, à l'ouest de Toulouse, doit permettre de rattraper le retard de la métropole sur l'organisation de grands événements (Photo : Toulouse Métropole)
Le nouveau Parc des expositions de Beauzelle, à l'ouest de Toulouse, doit permettre de rattraper le retard de la métropole sur l'organisation de grands événements. (Photo : Toulouse Métropole)

Parmi ces actions, Toulouse compte d’abord sur les grands projets urbains en chantier ou à venir pour embellir davantage la carte postale comme le Grand Parc Garonne, les ramblas de Jean-Jaurès, l’aménagement de la gare et de ses abords avec Toulouse Euro Sud-Ouest, le plan Lumière, la troisième ligne de métro, la construction du nouveau Parc des expositions de Beauzelle et de ses 55 000 m2 de surface couverte et modulables ou la Piste des Géants à Montaudran.

La course au label du Patrimoine mondial de l’Unesco fait aussi partie intégrante de cette stratégie avec la valorisation de ses sites.

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Le City break, un enjeu

Pour soigner son image, Toulouse veut également être reconnue comme une destination City break de référence.

« Cette notion est importante et doit faire entrer Toulouse comme une destination incontournable. Il faut faire venir plus… et consommer plus », indique ainsi Sylvie Rouillon-Valdiguié, présidente de l’Office de tourisme de Toulouse.

Quel lien entre la Cité de l’espace et Aéroscopia ?

Une amélioration de l’existant est par ailleurs urgente selon le schéma directeur. Notamment le lien à tisser entre la Cité de l’espace, Aéroscopia et la future Piste des Géants autour de l’aéronautique et du spatial.

Les solutions envisagées ? Pérenniser les navettes du centre-ville vers ces lieux, après l’expérimentation de l’été 2016, et étudier la création de navettes électriques sans chauffeur type NavyaArma. Une voiture 100% autonome dont on aura un avant-goût lors de Futurapolis, les 4 et 5 novembre 2016 au Quai des Savoirs et sur les allées Jules-Guesde.

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Le centre de congrès Pierre-Baudis, une épine…

Et quid du centre de congrès Pierre-Baudis, à Compans-Caffarelli ? Sous-dimensionné, il ne permet pas d’attirer des congrès de dimension mondiale… Le constat n’a pas varié d’un iota depuis des années. « Les limites de notre centre de congrès se posent », n’élude pas Jean-Luc Moudenc.

Sous-dimensionné, le centre de congrès Pierre-Baudis pose problème (Photo : Côté Toulouse/AA)
Sous-dimensionné, le centre de congrès Pierre-Baudis pose problème. (Photo : Côté Toulouse/AA)

Un projet sera étudié pour remédier à cette déficience : celle « d’annexer » le Palais des sports André Brouat pour des événements de 1 200 à 1 500 places.

L’option d’un centre de congrès en centre-ville permettant d’accueillir des séances plénières de 1 200 à 1 500 personnes doit être étudié, indique le schéma directeur. « Ce serait une question d’usage. Mais il ne s’agit pas de déménager le Palais des sports ! », rassure le maire LR de la Ville rose.

Objectif sur le tourisme d’affaires : atteindre le Top 40 européen et passer du 4e au 3e rang national.

Enfin, un Observatoire touristique devrait voir le jour et les modes d’hébergement doivent être diversifiés - « la métropole toulousaine manque cruellement d’aires de camping-cars aménagées, d’un vrai camping haut de gamme et d’auberges de jeunesse nouvelle génération », pointe le Capitole.

Communication à l’international

Une grosse opération de communication à l’international sera dans le même temps lancée en 2017.

« Nous définirons pour la première fois de notre histoire un budget de promotion dédié vers l’extérieur, sur l’économie et le tourisme. Nous allons réussir car nous avons un produit extraordinaire : Toulouse », conclut, sur une note positive, Alain di Crescenzo.

Vers la suppression de la marque So Toulouse ?
Lancée en 2012 par l’ancien maire de gauche, Pierre Cohen, la marque touristique So Toulouse, utilisée à l’internationale et sur toutes les brochures, connaît-elle ses derniers mois ? Pas assez claire, confuse voire inefficace, la question du maintien de la marque ou son changement de nom se pose clairement. « Dans l’observation de nos atouts et de nos faiblesses, cette notoriété a une compréhension contrastée. Si nous la gardons, il faudra la promouvoir. Et si nous la changeons, il faudra préciser pourquoi. La question de garder une marque, tout court, se pose également car l’échec de So Toulouse n’est pas isolé », a expliqué Jean-Luc Moudenc.
Selon le directeur général de l’Agence d’attractivité, Hubert Calmettes, le taux d’échec mondial de telles marques touristiques se monte à 86%.

Photo de Anthony Assemat

Anthony Assemat

Journaliste, chef d'édition à Côté Toulouse
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