Ils font Toulouse À Toulouse, trois copines veulent lancer le premier espace de coworking culinaire

Trois copines ont décidé de lancer le premier espace de coworking culinaire, à Toulouse. Pour les aider à le réaliser, il suffit de voter. On vous présente leur joli projet.

Publié le : 01/04/2017 à 13:14
CapEcoCuisinePartagéeToulouse
Trois Toulousaines veulent lancer Cap'eco, la première cuisine partagée de la Ville rose. (photo d'illustration © Facebook / Cc / Les cuisines de Cap'eco)

« Il n’y a pas qu’Airbus à Toulouse, il y a des pépites dans toute la ville », sourit Clémentine Renaud. La jeune femme et ses deux autres copines – Valérie Madeleine et Chaya Mercado – ont jusqu’au 11 avril 2017 pour réunir un maximum de votes, afin de voir naître leur joli projet. Elles ont inscrit Cap’eco, un espace de coworking pour les amateurs de bonne cuisine, à la Fabrique Aviva.

Plus elles auront de votes, plus elles auront la chance de décrocher un soutien financier pouvant aller jusqu’à 50 000 euros, pour doter la Ville rose de son tout premier espace de coworking culinaire. On vous présente leur projet.

Un espace pour les pros… et les particuliers

L’idée est partie d’un besoin personnel, explique Clémentine Renaud. Diplômée de l’école hôtelière de Toulouse, mais aussi spécialisée dans la cuisine du monde et végétarienne, la jeune femme bénéficie d’une dizaine d’années d’expérience comme restauratrice et fournisseur. Son acolyte, Chaya Mercado, qui excelle avec les produits espagnols et les pâtisseries sans gluten, conduit le food-truck « Chaya des Tapas ».

La fine équipe de Cap'eco à Toulouse : Clémentine, Chaya et Valérie. (photo © Les cuisines de Cap'eco)
La fine équipe de Cap'eco à Toulouse : Clémentine, Chaya et Valérie. (photo © Les cuisines de Cap'eco)

Au cours de leurs expériences, toutes deux ont été confrontées à un problème : avoir une cuisine équipée, c’est bien, mais ça coûte cher. « Surtout quand on n’en n’a pas besoin tout le temps. Moi, par exemple, je ne m’en sers que le jeudi », précise Clémentine Renaud.

À titre d’exemple, pour aménager et mettre aux normes leur espace de 270m2 situé à Purpan, les fondatrices ont établi un budget de 500 000 euros. À terme, elles comptent installer tous les équipements au rez-de-chaussée puis aménager, à l’étage, des bureaux, pour aider les apprentis cuistots avec les formalités administratives.

Nous sommes complémentaires. Valérie, qui est trésorière de l’association, travaille dans un cabinet de comptable. Elle peut donc aider dans différentes démarches, car ce n’est pas rare de voir des gens exceller en cuisine, mais tout ignorer de ce qu’est un coût de revient.

Et petit plus : cette grande cuisine professionnelle aura aussi un espace dédié aux particuliers. « Si des mamans veulent préparer un repas d’école ou si vous devez cuisiner pour une fête de famille, vous pourrez profiter des équipements », ajoute la Toulousaine.

Aider les cuisinières des quartiers défavorisés

Généreuses, les trois fondatrices ont une vision très sociale de leur projet. Pour elles, Cap’eco peut être un tremplin pour les jeunes cuisiniers. « Avec une aide administrative et le coût de la cuisine en moins, ils pourraient plus facilement se lancer, voire présenter une meilleure situation face aux banques, pour ceux qui aimeraient ouvrir un établissement », souffle Clémentine Renaud.

Une vision qui se retrouve dans leurs projets, comme, par exemple, celui d’aider les femmes issues des quartiers prioritaires qui cuisinent parfois sans respecter le cadre légal. Avec Cap’eco, les Toulousaines ambitionnent de leur exposer différentes façons pour se conformer à la légalité, « comme en leur présentant le statut d’auto-entrepreneur par exemple », voire les aider financièrement.

La restauration est plutôt un monde d’hommes, donc on peut se serrer les coudes, rigole Clémentine Renaud.

Déjà propriétaires d’un site marchand et d’un camion frigorifique, les trois drôles de dames ne comptent pas s’arrêter là et pensent à mettre sur pied un système de livraison à vélos, vendre des plats cuisinés, organiser des événements au sein de leur grande cuisine, etc.

Avec les spécialités de tout le monde, on pourrait proposer, aux Toulousains, une très large gamme de plats cuisinés. Et ça favoriserait l’emploi sur le territoire, soulignent-elles.

Des propositions dans toute la région

En tout cas, la recette de cuisine collaborative au sein de la Ville rose pourrait bien avoir du succès, car, avant même d’officiellement lancer le projet, les trois copines ont déjà reçu des propositions.

Une dame, qui habite Auch (Gers) nous a contactées, car l’office du tourisme aimerait vendre des biscuits traditionnels dont elle seule à la recette. Malheureusement, elle n’est pas équipée pour produire en grande quantité, explique Clémentine Renaud.

Toujours dans une optique de créations d’emplois au niveau local, les trois motivées comptent présenter leurs projets aux différentes mairies de la région et auraient déjà reçu une réponse positive du côté de Perpignan (Pyrénées-Orientales).

« On aimerait créer un réseau comme les Amap », racontent-elles. En effet, si l’initiative est toute nouvelle au sein de la Ville rose, elle existe déjà à Paris et à Bordeaux. Entre Les camionneuses parisiennes et la Coloc 2 Chefs de Bordeaux, nos Toulousaines ne manquent pas de soutien à travers le pays.

Mais en attendant que leur projet soit concrétisé, les fondatrices sont à la recherche des sponsors et mécènes (qui seront considérés comme les parrains de Cap’eco) ainsi que de dons de matériels, tout en tablant sur une ouverture en octobre 2017.

Et Clémentine Renaud d’achever :

Dans une ville aussi gourmande que Toulouse, il serait dommage de ne pas pouvoir lancer ce projet, qui s’adresse à tous les futurs Top Chef de la Ville rose.

Plus d’infos sur le projet de Cap’eco, sur son site Internet.
Vous pouvez également visiter sa page Facebook.
Et pour aider les trois Toulousaines, allez voter sur la page de la fabrique Aviva.

Alice Patalacci

Journaliste à Côté Toulouse.
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