Politique « Il ne doit pas céder ! » : à Toulouse, les soutiens de François Fillon sont (encore) derrière lui

Depuis la révélation de l'affaire Fillon par le Canard Enchaîné, les soutiens toulousains de l'ancien Premier ministre restent mobilisés derrière leur champion dans la tourmente.

Publié le : 03/02/2017 à 20:02
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Jean-Marie Belin (à gauche) reste mobilisé derrière François Fillon malgré le torrent de révélations sur son épouse (Photo : DR)

Tenir bon dans la tempête et rester droit. Depuis les révélations du Canard Enchaîné sur l’emploi présumé fictif de Pénélope Fillon, l’épouse de François Fillon, candidat à la présidentielle, c’est l’heure des tourments pour les soutiens du vainqueur de la primaire de la droite et du centre.

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« On est en train de lui voler son élection »

Emplois familiaux, sommes astronomiques… Pour Fillon, qui avait fait de sa probité un argument de campagne lors de la primaire face à Sarkozy et Juppé, le coup est rude. En Haute-Garonne, l’heure est à la tristesse, mais aussi au combat. Avec un mot d’ordre : ne pas renoncer.

On est en train de voler une élection à des millions d’électeurs et aux 51 000 personnes qui ont mis un bulletin Fillon au deuxième tour en Haute-Garonne. Nous continuons à lui faire confiance car nous n’avons pas d’autre solution et il porte le meilleur projet. Il ne doit pas céder sinon notre électorat sera démobilisé, réagit Jean-Marie Belin, coordinateur départemental des soutiens de Fillon.

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Pas de commentaires chez Moudenc

Chez les cadors de la droite toulousaine, l’heure n’est pas au lynchage. C’est même aucun commentaire pour le maire LR de Toulouse et président de Toulouse Métropole, Jean-Luc Moudenc. « Comme il l’a fait durant la primaire sans prendre parti, il ne commentera pas les événements », fait savoir son entourage. Il devrait s’exprimer officiellement sur la présidentielle à la fin février 2017. D’ici là, on saura si Fillon est encore en course ou si c’est un remplaçant nommé Juppé (ou un autre) qui reviendra en piste…

Pour Damien Laborde, chef de file des soutiens de Bruno le Maire en Haute-Garonne durant la primaire, « il ne faut pas se cacher derrière son petit doigt ! L’image n’est pas bonne, et ça se fissure. C’est une première dans la Ve République. Mais il n’y a pas de plan B car les statuts ne prévoient pas de remplaçant ».

Et s’il doit y en avoir, ce serait sur quelle ligne ? Et qui ? Le suivant de la primaire ou un proche de Fillon ?, interroge-t-il.

En campagne pour les législatives sur la 6e circonscription, celle de Colomiers (Haute-Garonne), il entend les mêmes « grosses interrogations » de la population sur ce sujet qui tourne en boucle depuis plusieurs jours. « Il faut une clarification très rapide. Pour l’instant, nous sommes solidaires mais il faut sortir de cette affaire. Car il sera très dur de faire campagne… », prévient-il.

Belin : « Il m’a convaincu »

De son côté, Jean-Marie Belin explique pourquoi il continue à défendre son poulain. « Il a aujourd’hui organisé à 99% sa défense sur le terrain juridique. Il doit aller sur le terrain éthique, moral et parler aux Français. Il a des explications supplémentaires à donner mais il n’y a eu aucune malveillance dans ce dossier ni rien d’illégal. Il n’a pas été suffisamment attentif ».

Selon lui, ses soutiens ont la volonté de se remettre dans le bain de la campagne dès le 6 février, et n’a pas senti de désaffection dans ses rangs toulousains.

François Fillon est un homme mystérieux, secret et imprévisible. Mais je le connais bien et il m’a convaincu.

Arribagé a co-signé une lettre de soutien

Quant à Laurence Arribagé, députée LR et présidente des Républicains de Haute-Garonne, qui était présente au meeting du candidat à Paris, porte de la Villette, fin janvier, elle continue à soutenir le vainqueur de la primaire.

C’est un soutien franc, total et entier. Il n’y a pas de plan B, indique son entourage. L’objectif est de gagner la présidentielle et de ne pas mettre d’huile sur le feu. Sinon, c’est le FN qui sera aux portes du pouvoir.

Laurence Arribagé a co-signé, avec 16 autres parlementaires (dont Baroin, Hortefeux, Chatel, Copé, Raffarin, Wauquiez….), une tribune de soutien à Fillon, parue dans Le Figaro jeudi 2 février 2017.

Photo de Anthony Assemat

Anthony Assemat

Journaliste, chef d'édition à Côté Toulouse
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