Actualité À Toulouse, le projet de connexion entre la ligne B du métro et la future troisième ligne avance

Tisséo, qui travaille sur un prolongement de deux stations de la ligne B du métro vers la future 3e ligne de métro, a affiné ses études. Voici l'option qui va être privilégiée.

Publié le : 20/04/2017 à 07:16
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Tisséo va acter le programme du prolongement de deux stations de la ligne B en juillet 2017 - (Photo Tisséo).

En 2024, les habitants de l’agglomération de Toulouse pourraient emprunter deux tronçons de métro supplémentaires. L’un est bien désormais bien connu des habitants et a fait l’objet d’un débat passionné qui se poursuit toujours. Il s’agit du projet de troisième ligne de métro qui devrait relier Colomiers à Labège à cet horizon, si le calendrier est strictement respecté.

Un prolongement de deux stations

Le deuxième est un peu moins évoqué et pourtant Tisséo travaille bel et bien actuellement sur un petit prolongement de la ligne B (PLB) depuis son terminus actuel de Ramonville vers l’Institut national polytechnique de Toulouse (INPT) sur un tronçon de 2,5 kilomètres, via deux stations supplémentaires : Parc Technologique du Canal et INPT. Prolongement qui viendrait raccrocher le tracé de la 3e ligne à l’entrée de la zone économique de Labège, au niveau de l’INPT.

L’étude de ce prolongement de la ligne B a été actée suite à un accord politique et financier passé à l’été 2016 entre Toulouse Métropole, la Région, le Conseil départemental et le Sicoval. Les trois dernières collectivités citées se sont engagées à augmenter leur participation financière au projet de 3e ligne contre l’étude puis la réalisation de cette jonction.

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Un projet de PLB allégé, alternative au prolongement abandonné de la ligne B directement vers Labège, qui avance. Suite au lancement des études de faisabilité à l’automne 2016, Tisséo vient de retenir une option technique sur laquelle un comité syndical sera amené à se prononcer en juillet 2017.

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Une « solution mixte » va être étudiée

Cette connexion de la ligne B avec le projet de troisième ligne au niveau de l’INPT pourrait se faire selon « une solution mixte 0,» a annoncé Tisséo lors du dernier comité syndical du 29 mars 2017. C’est la variante qui va être approfondie ces prochaines semaines dans le cadre des études menées.

Il est proposé de travailler sur l’élaboration du programme d’opération d’une variante en voie double entre les stations Ramonville et Parc Technologique du Canal et d’une voie simple entre les stations Parc Technologique du Canal et INPT, solution mixte qui offre le meilleur compromis technique et financier, tout en préservant l’avenir, par rapport à l’évolution de l’offre sur l’ensemble de la ligne B, explique Tisséo dans sa délibération du 23 mars.

À ce stade et à trois mois d’une décision définitive sur le sujet, Tisséo a donc procédé à une élimination de certaines variantes du projet afin d’approfondir cette solution mixte.

La voie simple trop compliquée et vite saturée

Les études menées ces derniers mois ont écarté le projet de « voie simple » sur la totalité du prolongement, une solution proposée par le Sicoval qui, selon Tisséo, « nécessite un certain nombre d’aménagements assez conséquents sur la station de Ramonville (station à rallonger de 9 m pour permettre la gestion sur un même quai de 2 rames de 26 mètres, ndlr), et qui impacte lourdement la fréquence de desserte des deux nouvelles stations.

Nous avons estimé qu’en période de pointe, ce serait de l’ordre d’1 rame sur 7 qui pourrait emprunter le tronçon en voie unique, ce qui donnerait une fréquence moyenne de desserte en heure de pointe du soir de l’ordre de 10’30, précise Tisséo.

De fait, si ce projet évalué à 179 millions d’euros entre totalement dans l’enveloppe financière établie (de l’ordre de 180 millions d’euros), il serait probablement « très rapidement saturé et nécessiterait d’important travaux s’il était décidé à terme d’exploiter la ligne B à 52 mètres », annonce Tisséo. Compte-tenu de cet élément, un tel projet pour un tel montant, ne passerait certainement pas le cap de l’enquête publique.

Le voie double trop chère ?

L’option de prolonger la ligne B en voie double n’a visiblement pas plus retenu l’attention de Tisséo. Estimée à 220 millions d’euros, cette variante assure une desserte satisfaisante de l’ordre d’une rame sur trois en heure de pointe mais elle dépasse le budget qui a été fléché.

En mars 2016, Jean-Luc Moudenc estimait d’ailleurs qu’il ne serait pas « raisonnable de dépenser 220 millions d’euros pour 5% du trafic ». Le président de Toulouse Métropole avait alors présenté une contre-proposition de téléphérique urbain, soit à ses yeux, « le meilleur compromis technique et économique pour desservir de manière efficiente le Parc Technologique du Canal et établir à terme un maillage performant avec la troisième ligne ». Une solution à 40 millions d’euros remisée au placard depuis.

Une livraison fin 2024 « envisageable »

D’ici juillet prochain, Tisséo et ses partenaires vont sur la base de cette solution mixte, voie double jusqu’au Parc Technologique du Canal puis voie simple jusqu’à l’INPT, devoir travailler sur l’élaboration du programme d’opération, mais aussi déterminer un calendrier.

Si le syndicat mixte des transports envisage une enquête publique concomitante à celle de la 3e ligne de métro, soit en 2018 et 2019, il ne garantit pas une livraison du projet en 2024 comme pour la ligne Toulouse Aerospace Express (TAE). Pour l’heure, Tisséo s’évertue à dire qu’une « livraison de ce projet pour fin 2024 est envisageable ».

Photo de David Saint-Sernin

David Saint-Sernin

Journaliste
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