Société Toulouse. Nouvelle grève au 115, qui réclame plus d'hébergement d'urgence

Jeudi 11 février 2016, les personnels du 115 et du PAIO procédaient à leur quatrième mouvement de grève de l'année pour dénoncer le manque de places d'hébergement d'urgence.

Publié le : 11/02/2016 à 16:22
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Des dizaines de salariés du 115 et du PAIO se sont allongés au milieu de l'avenue Étienne Billières pour protester contre le manque de places en hébergement d'urgence (Photo : Côté Toulouse/AA)

Ce jeudi 11 février 2016 était placé à Toulouse sous le signe d’un vaste ras-le-bol : celui du manque de moyens pour gérer la détresse sociale, et du manque de places pour l’hébergement d’urgence face à une population de plus en plus paupérisée qui n’arrive plus à trouver de logement.

Dans la matinée, les premiers à manifester étaient l’association du Dal (Droit au logement), qui a investi les locaux du Conseil régional de Languedoc-Roussillon/Midi-Pyrénées afin d’interpeller la ministre du Logement Sylvia Pinel (PRG), par ailleurs première vice-présidente de la nouvelle grande région. Leur revendication : reloger leurs adhérents sans-abri.

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La grève du 115 a mobilisé une centaine de personnes, jeudi 11 février 2016 (Photo : Côté Toulouse/AA)
La grève du 115 a mobilisé une centaine de personnes, jeudi 11 février 2016 (Photo : Côté Toulouse/AA)

Quatrième grève depuis le 21 janvier

À 13h, ce sont les salariés du 115 et du PAIO (Permanence d’accueil, d’information et d’orientation), dont les locaux sont situés entre Saint-Cyprien et Patte d’Oie, qui se sont mis en grève pour la quatrième fois depuis le 21 janvier pour protester contre ces demandes d’hébergement d’urgence toujours plus difficiles à satisfaire. Des salariés – et leurs soutiens – qui ont ensuite fait un sit-in au milieu de l’avenue Étienne Billières pour protester contre le manque de places et de moyens pour lutter contre le fléau de l’exclusion.

Vidéo du sit-in des personnels du 115

 

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Résultat : des équipes impuissantes et débordées.

Nous sommes toujours entre 80 et 90% de taux de refus et le 115 continue de laisser en moyenne 180 personnes à la rue chaque jour, malgré une augmentation effective du nombre de places en 2015, explique Sylvie, salariée du 115. Au quotidien, on refuse entre 15 et 25 femmes, qui sont un public vulnérable, et une cinquantaine d’hommes seuls.

Le 115 réclame également – « et c’est la première fois », souligne Sylvie – un renforcement des effectifs des services pour lutter contre l’exclusion. « Au maximum, nous sommes trois en même temps pour gérer la demande. C’est insuffisant ».

Actuellement, la Haute-Garonne compte 860 places en hébergement d’urgence, majoritairement situées à Toulouse, pour un total de 2300 places tous modes de relogement confondus, notamment les nuitées d’hôtels.

8500 personnes ont contacté le 115 en 2015

En 2015, selon les chiffres du 115, 8500 personnes ont contacté le 115 à Toulouse, une ou plusieurs fois. Toujours en 2015, 28 personnes sont mortes de la rue chez nous. Selon les données fournies par l’association Goutte de Vies, le nombre de décès s’élève à 172 entre 2008 et 2014. L’urgence du « Plan Marshall pour les sans-abri » réclamé par le 115, le PAIO et la Veille sociale est-elle encore à prouver ?

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Photo de Anthony Assemat

Anthony Assemat

Journaliste, chef d'édition à Côté Toulouse
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