Ils font Toulouse À Toulouse, ils développent une intelligence artificielle... qui compose de la musique !

Une start-up de Toulouse, Hexachords, a lancé Orb Composer, une intelligence artificelle capable de composer des morceaux de musique. On vous explique le principe.

Publié le : 29/01/2017 à 16:23
HexachordsToulouseComposerMusique
Hexachords, une startup de Toulouse, a développé une intelligence artificielle, qui permet de composer de la musique. (photo © Rémi Benoit)

Ils ont développé un logiciel qui peut jouer de différents instruments, voire se transformer en orchestre symphonique. Gaël, Mathieu et Richard ont commencé, en janvier 2017, les premières expérimentations d’Orb Composer. Produit de la start-up de Toulouse Hexachords, l’intelligence artificielle permet de composer un morceau de musique, en ajustant certaines variables. Explications.

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Se concentrer sur la partie créative

« Avec Orb Composer, on veut faciliter la vie musicale des compositeurs », souffle Richard. Le jeune homme, âgé de 30 ans et pianiste amateur, est à l’origine du projet. Ce dernier murissait dans sa tête, alors qu’il finissait son Master de physique, au sein de l’École nationale supérieure (ENS), entre Paris et Lyon.

J’ai eu cette idée sur les bancs de l’école, avec des amis musiciens. On a remarqué que certains thèmes sont récurrents dans les morceaux de musique et que les compositeurs gagneraient du temps s’ils pouvaient les automatiser. Ils pourraient, ainsi, se concentrer sur la partie créative, explique Richard.

Après avoir mené à terme différents projets, il est muté dans la Ville rose, où il rencontre Gaël, qui donne notamment des cours pour une école de musique. Il le contacte pour acquérir des notions d’orchestration, avant de l’enrôler à ses côtés. Auparavant, il avait déjà fait la connaissance de Mathieu, avec qui il avait été nommé lauréat pour une bourse French Tech. Ce dernier a finalement rejoint l’équipe pour s’occuper du développement commercial.

Premier prix à 200 euros

Actuellement, les trois jeunes entrepreneurs travaillent encore le design et l’ergonomie du logiciel, afin de le commercialiser d’ici la fin de l’année. En avril, ils comptent lancer une campagne de crowdfunding. « Ça nous permettra de faire des pré-ventes du logiciel et de le proposer à moitié prix », précise Richard.

Le produit sera décliné en trois versions, selon les degrés de possibilité (styles de musique avec lesquels jouer, des retouches plus ou moins précises), afin de s’adresser à tous les profils : du compositeur du dimanche au vrai professionnel. Le premier prix commencera à 200 euros, 400 euros pour une version plus aboutie et 800 euros pour bénéficier de toutes les possibilités.

Le logiciel propose des premiers jets

Mais concrètement, à quoi sert cette technologie ? Avec Orb Composer, finie l’angoisse de la partition blanche ! Une fois que le compositeur a défini ses envies dans les grandes lignes (ambiance, instruments, tonalité), il écoute les versions proposées par l’intelligence artificielle.

Il peut ensuite ajuster le rendu à sa guise, en modifiant l’intensité, ajuster certaines courbes, faire intervenir des voix, etc. À chaque retouche, le logiciel lui propose des choix pertinents, pour étoffer son morceau.

En gros, la technologie fait les notes et le compositeur peut les retravailler derrière, précise Richard.

Le morceau Morning Birds, proposé par Orb Composer :

Le morceau Morning Birds, avec la proposition d’Orb Composer et les arrangements de Gaël :

Cinq ans de recherche et développement

Ce projet, qui peut paraître simple en apparence, a tout de même nécessité cinq ans de travail et 200 000 lignes de code. En coulisses, les trois jeunes entrepreneurs ont du analyser suffisamment de morceaux, pour permettre au logiciel de comprendre la musique. Le tout, afin qu’il fasse des choix judicieux en fonction des consignes qui lui sont données, lors des compositions.

Après avoir mis au point la musique orchestrale, ils travaillent maintenant sur des styles plus populaires : l’électro et la musique pop.

Dans un premier temps, la vente du logiciel se fera par téléchargement mais, d’ici la fin de l’année, Hexachords espèrent le commercialiser dans plusieurs grandes surfaces du monde entier. Mieux encore : la startup pourrait bien faire affaire avec un « acteur du monde des jeux vidéos », qui souhaite développer des « musiques dynamiques » en accord avec la situation du joueur.

Infos pratiques :
Orb composer, développé par Hexachords
Les contacter par mail
Le site Internet, leur page Facebook & leur compte Twitter

Alice Patalacci

Journaliste à Côté Toulouse.
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