Actualité « Toulouse Capitale » sera le thème choisi pour la candidature au Patrimoine mondial de l'Unesco

INFO CÔTÉ TOULOUSE. La Ville rose va axer sa candidature au patrimoine mondial de l'Unesco sur son rôle de capitale. Ce choix sera validé par le comité d'orientation le 18 novembre

Publié le : 14/10/2016 à 07:21
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L'Hôtel Dieu figurera parmi les points forts de la candidature de Toulouse à l'inscription au patrimoine mondial de l'Unesco. (Photo Mairie de Toulouse/Patrice Nin)

« La candidature Unesco est un fusil à un coup, nous n’avons pas le droit à l’erreur », avait relevé le maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc dans le magazine culturel Ramdam du mois de septembre 2016. Pour que cette candidature, dans un contexte de forte concurrence entre les sites, ne devienne pas un pétard mouillé, les équipes réfléchissent depuis le mois de mai 2015 au grand thème qui sera choisi pour candidater devant l’Unesco. Il sera validé le 18 novembre 2016 lors d’une réunion du comité d’orientation, présidé par l’ancienne ministre de la Culture, Christine Albanel.

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L’architecture toulousaine et les lieux de pouvoirs seront mis en avant

Mais à quelques semaines de cette étape cruciale qui donnera l’impulsion d’une candidature réussie ou tuera dans l’oeuf les espoirs toulousains, le thème est déjà connu dans les grandes largeurs. Les personnalités du comité scientifique, chargés de veiller à la rigueur historique et patrimoniale de la candidature toulousaine et celles du comité d’orientation, soutenus par un bureau d’études, ont choisi de mettre en valeur « les lieux de pouvoir économiques, religieux et administratifs ».

Toulouse va se lancer dans cette aventure de l’Unesco avec le thème “Toulouse Capitale  : l’architecture toulousaine et les lieux de pouvoir”.

Ce thème s’est dégagé assez naturellement parmi les quatre dernières pistes qui étaient encore à l’étude ces derniers mois : la Garonne, l’aéronautique, Pastel et Pays de Cocagne, l’architecture toulousaine et la représentation des pouvoirs.

« On s’oriente vers ça mais il faut encore trouver un terme exact et une présentation qui interpelle tout le monde », indique prudemment Annette Laigneau, l’adjointe au maire en charge de la procédure de classement de Toulouse au patrimoine mondial de l’Unesco.

L’aéronautique vite écarté : « il n’y avait pas assez de patrimoine à montrer »

Le thème de l’aéronautique a été rapidement écarté. « Il y avait peu d’édifices patrimoniaux à faire valoir alors que c’est la base d’une candidature », relève un observateur du dossier. Le choix s’est porté sur « Toulouse Capitale : l’architecture toulousaine et la représentation des pouvoirs », qui avait l’avantage de pouvoir incorporer la thématique de la Garonne ainsi que Pastel et Pays de Cocagne.

Avec ce choix qui sera notre fil conducteur, nous allons pouvoir rattacher le canal du Midi et la basilique Saint-Sernin, tous deux inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco. Nous allons aussi pouvoir y intégrer tous les grands sites de la ville, les hôtels particuliers bâtis sur la richesse générée par le commerce du pastel et les berges de la Garonne. Ils témoignent du passé économique de notre ville. Il faudra tout de même démontrer que cette histoire est unique et qu’elle a une valeur exceptionnelle, détaille l’élue.

Comme le dossier gagnant bordelais, Toulouse va valoriser « un ensemble urbain »

Très clairement, Toulouse mise sur ses atouts architecturaux et une cohérence géographique. Comme Bordeaux avant elle, la Ville rose va mettre en avant « un ensemble urbain exceptionnel » qui réunit tous les lieux de pouvoir de son histoire bimillénaire.

La difficulté était de trouver un récit porteur de sens, mettant en relief le patrimoine. Notre choix est judicieux car Toulouse renferme de nombreux bâtiments qui renvoient à ce rôle de capitale (elle a été une capitale forte sur le plan politique et économique de la région Languedoc sous l’Ancien Régime, ndlr). On sent toujours aujourd’hui, dans cette ville qui s’est bâtie mais dont la trame n’a pas trop bougé, que le pouvoir politique a marqué Toulouse, analyse un proche du dossier.

C’est sur le fondement de ce riche héritage, et d’un récit mettant en avant les conséquences architecturales de son rôle central politique durant des siècles, que Toulouse se lance dans cette aventure. Celle-ci devrait aboutir en 2024.

Les travaux de rénovation du centre-ville en cohérence avec la candidature

Après l’officialisation du thème d’ici la fin de l’année, le chemin sera encore long. « D’ici la fin de l’année 2016, nous informerons le ministère de la Culture qui sera chargé de sélectionner les biens que la France soumettra au comité du patrimoine mondial », explique Annette Laigneau.

Commencera dès lors l’instruction proprement dite : le Centre du Patrimoine Mondial vérifiera que le dossier est complet et le transmettra au Secrétariat de l’ICOMOS (Conseil International des Monuments et des Sites). Il devra se prononcer sur la « Valeur universelle exceptionnelle » de la candidature toulousaine ainsi que sur  les « moyens mis en œuvre par Toulouse pour la gestion et la conservation » d’un bien aussi vaste que celui du centre-ville.

C’est là que la mairie de Toulouse espère que la rénovation de certains sites patrimoniaux, la mise en place du plan Lumière et la requalification urbaine du centre-ville (rue Bayard, rue Gambetta, place Saint-Sernin, place du Salin, rue des Lois…) permettra définitivement d’emporter la mise…

Le thème choisi colle au périmètre des travaux du centre-ville
Depuis plusieurs années, Toulouse a entrepris de rénover son centre-ville. Cela a débuté avec l’ancien maire Pierre Cohen et Jean-Luc Moudenc poursuit aujourd’hui dans cette démarche. Il y a donc une forme de logique que le périmètre géographique et le récit proposé de la candidature toulousaine épouse le périmètre des travaux de rénovation du centre-ville, rénovation qui reliera les grands monuments de Toulouse dès 2020. «Au lieu de procéder par petites touches, nous envisageons notre dossier de candidature comme un accélérateur de projets de rénovation, ambitieux et cohérent», explique Annette Laigneau dans le dernier Ramdam. À Toulouse, candidature au patrimoine mondial de l’Unesco et renouvellement urbain vont de pair.

Photo de David Saint-Sernin

David Saint-Sernin

Journaliste
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