Société Les Toulousains au cœur d'une étude nationale de l'impact des nuisances aériennes sur la santé

Une étude au long cours est menée pour déterminer l'impact des nuisances aériennes sur la santé. Plus de 400 habitants de l'agglomération de Toulouse font partie de l'échantillon.

Publié le : 27/03/2017 à 07:16
nuisances aériennes - pixabay
La santé des riverains de l'aéroport Toulouse-Blagnac surveillée dans le cadre d'une étude nationale sur l'impact des nuisances aériennes. (Photo : Pixabay)

Questionnaire sur le sommeil, prise de la tension, test salivaire… Depuis quelques jours, la santé de Claudine Molin, habitante d’une maison pavillonnaire du quartier Papus à Toulouse, est suivie de près.

Des examens auxquels elle s’était déjà pliée il y a deux ans, dans le cadre de la première vague d’une importante étude épidémiologique coordonnée depuis 2013, au plan national par l’Ifsttar (Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux).

Plus de 400 Toulousains impliqués dans l’étude

Son objectif : mesurer sur le long terme l’impact des nuisances aériennes sur la santé des Français exposés. Ainsi, sont régulièrement suivis les riverains de trois aéroports particulièrement urbains : Roissy-Charles de Gaulle, Lyon-Saint-Exupéry et Toulouse-Blagnac. En tout, ce sont 1 244 riverains qui sont concernés par cette étude, dont 411 habitants de l’agglomération toulousaine répartis sur 22 communes.

Cette étude implique également plusieurs autres entités, comme l’Autorité de contrôle des nuisances aéroportuaires (Acnusa), la Direction générale de la Santé (DGS) ou encore Bruitparif, organisme spécialisé dans l’observation du bruit.

Elle se découpe en trois aspects : un volet écologique (analyse de l’environnement des Plans de Gêne Sonore et des indicateurs de santé des riverains – prescriptions médicamenteuses, hospitalisations, arrêts de travail… – récoltés auprès des organismes officiels), une étude individuelle longitudinale de santé sur les riverains – dont Claudine fait partie – et une étude individuelle sur le sommeil.

Des mesures du bruit au domicile des Toulousains

C’est dans le cadre de ce dernier volet que Bruitparif intervient par exemple au domicile d’une vingtaine d’habitants de l’agglomération toulousaine vivant sous le couloir aérien de l’aéroport de Toulouse-Blagnac.

> LIRE AUSSI : Nuisances aériennes à Toulouse : des aides existent, vous êtes peut-être concernés !

L’organisme est chargé d’effectuer des mesures fines de l’exposition au bruit. Pour cela, des sonomètres sont installés en façade des habitations concernées, ainsi que dans les chambres à coucher des habitants.

En parallèle de ces relevés sonores, des capteurs et électrocardiogrammes permettent d’analyser la réaction du corps des « cobayes » lors du passage des avions la nuit.

Un impact direct du bruit aérien sur le risque cardio-vasculaire

L’ensemble des relevés est ensuite transmis à l’Ifsttar, qui a la charge de les croiser et d’en tirer les conclusions.

Alors qu’une deuxième phase de prélèvements et relevés est actuellement en cours dans les foyers toulousains, les données récoltées lors de la première phase de l’étude écologique ont donné lieu à une publication sur la relation entre nuisances aériennes et risques cardios-vasculaires, dans la revue scientifique Environ Risque Santé en décembre 2016.

La présente étude écologique a montré des associations positives et significatives entre l’exposition moyenne au bruit des avions des communes et la mortalité par maladie cardiovasculaire, cardiopathie ischémique et infarctus du myocarde, même après prise en compte des facteurs de confusion, et de la pollution de l’air en particulier, indique l’Ifsttar dans ses conclusions.

Des résultats qui semblent rejoindre le ressenti de Claudine dans sa vie quotidienne. Elle qui est installée dans sa maison du quartier Papus depuis fin 1999 relève qu’ « il n’y avait pas autant d’avions à l’époque ».

Désormais, je ressens du stress, surtout les soirs d’été lorsque les fenêtres sont ouvertes, confie celle qui avoue envisager de déménager, alors que j’adore ma maison.
Photo de Delphine Russeil

Delphine Russeil

Journaliste
Captcha en cours de génération.....Version audio
Changer l'image