Histoire/Patrimoine « Tolosa » l'antique se dévoile au musée Saint-Raymond de Toulouse

Le musée des Antiques de Toulouse propose un espace rénové consacré à la construction gauloise et romaine de Toulouse. Suivez le guide...

Publié le : 08/05/2017 à 14:28
Les mosaïques de Saint-Rustice bien mis en valeur dans le nouvel espace (crédit photo : Mathieu Arnal)
Les mosaïques de Saint-Rustice bien mises en valeur dans le nouvel espace. (photo © Mathieu Arnal)

Le musée Saint-Raymond (MSR) poursuit son embellissement. Après avoir l’an passé reconfiguré le premier étage consacré à la villa romaine de Chiragan, c’est désormais à l’étage au-dessus baptisé « Tolosa en Narbonnaise » de bénéficier d’une nouvelle présentation de ses collections.

Avec le même leitmotiv cher à Evelyne Ugaglia, la directrice du musée et à son équipe, celui de « reconstituer de la manière la plus vivante possible au public l’histoire antique enrichie entre autre par l’apport de nouvelles connaissances sur l’agglomération gauloise ».

L’espace, introduit par un petit film réalisé à partir d’images de synthèse, balaie la création de la cité gauloise à son évolution romaine. Passées ces quelques minutes de contextualisation générale, on entre dans le vif du sujet, en cheminant à travers le parcours imaginé par Emilie Cazin.

Afin de rendre la visite la plus didactique qui soit, la scénographe a installé à chaque section des supports ludiques, entre expositions d’objets usuels, monnaies, reproductions de maquettes agrandies, boîtes et autres trappes.

La capitale des Tolosates

Un voyage dans le temps qui débute à la fin de l’âge du Bronze (1300-800 avant notre ère), matérialisé par une épée, symbole de pouvoir et d’autres objets (poignard, rasoir, épingle et instrument de toilette) retrouvés dans une sépulture.

Au fil du temps, la Tolosa gauloise, la capitale des Tolosates, peuple appartenant à la confédération des Volques Tectosages, est disséminée sur plusieurs sites.

Au IIe et au Ier siècle avant J.C, la plaine se développe dans l’actuel quartier Saint-Roch/Empalot, ainsi que sur le coteau d’Estarac (à Pouvourville) et à Purpan-Ancely tandis que Vieille-Toulouse est probablement le siège du pouvoir politique et religieux, comme on peut le constater grâce la reproduction du temple de Baulaguet, construit selon les techniques romaines (briques, tuiles et mortier de chaux).

La mise en valeur des mosaïques

À partir du règne d’Auguste, l’ancien oppidum est abandonné au profit de la cité de Tolosa, dans la plaine et sur rive droite de la Garonne. Enserrée autour d’un rempart de trois kilomètres construit entre 20 et 60, elle est la capitale de la nouvelle province de Narbonnaise. Une magnificence du pouvoir impérial qu’Emilie Cazin a éclairé par l’imposante série de portraits de la dynastie de Béziers.

Un même égard théâtralisé est réservé à l’art du pavement mosaïqué, via le franchissement par un pont des célèbres mosaïques d’une ancienne villa basée à Saint-Rustice (village près de Villemur-sur-Tarn) représentant l’Océan, la Fontaine Aréthuse, Thétis et les Nymphes océaniques.

Un décor extrêmement riche et délicat que l’on retrouve du côté de la dernière section, consacrée à la Toulouse chrétienne et à l’abside à sept pans de l’église primitive Sainte-Marie La Daurade, érigée au Ve siècle.

De ces vestiges, il ne reste aujourd’hui qu’un fragment à fond d’or prêté gracieusement par le musée Calvet d’Avignon.

Mathieu Arnal

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