Aéronautique & Espace Suppression de postes : Tom Enders, le patron d'Airbus, n'exclut pas de « licenciements secs »

Airbus a annoncé un plan de suppressions de 1 164 postes, mardi 29 novembre, à Toulouse. Les syndicats craignent des licenciements secs... qui ne sont pas exclus par la direction.

Publié le : 05/12/2016 à 09:21
PlanGeminiAirbusLicenciementsSecs
Tom Enders, le patron d'Airbus, a déclaré ne pas pouvoir garantir qu'il n'y aura aucun licenciement secs, pour mener à bien le plan Gemini. (photo d'illustration © Airbus Group)

Et si les peurs des syndicats étaient fondées ? Mardi 29 novembre 2016, le groupe Airbus annonçait, à Toulouse, que le constructeur aéronautique allait supprimer 1 164 emplois et transférer 325 postes au siège social du groupe, dans la Ville rose. Les syndicats, eux, craignaient des licenciements secs, qui seraient une première dans l’histoire de l’entreprise.

Fabrice Brégier, le PDG d’Airbus, avait rappelé la « tradition de dialogue social » du groupe. Mais voilà, lundi 5 décembre 2016, dans une interview accordée au Figaro, Tom Enders, le PDG d’Airbus Group, n’a pas exclu de licenciements secs.

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Formation, mobilité, reclassement…

« Je ne peux pas (…) garantir » qu’il n’y aura pas de licenciements secs, souffle-t-il à nos confrères. Et le PDG d’Airbus Group de remettre, sur la table, un « historique social qui parle pour nous ».

Nous nous préoccupons de nos employés. Nous mettrons en place toutes les mesures d’accompagnement possibles, notamment de formation, de mobilité et de reclassements internes, ajoute-t-il.

Autre argument avancé par les syndicats : la signature, par Airbus, d’un carnet de commandes « record ». En effet, le groupe peut se targuer de 1 000 milliards d’euros de commandes et cinq milliards d’euros de trésorerie, rappellent nos confrères.

« Étant donné les challenges opérationnels auxquels nous devons faire face, avoir cinq milliards d’euros de cash, ce n’est pas suffisant », répond Tom Enders, en mettant en avant un chiffre d’affaires de 65 milliards d’euros et une forte dépendance à l’aviation commerciale.

310 millions d’euros d’économie

Tous ces changements sont dus au plan Gemini. Annoncé en 2012, il doit réduire la bureaucratie avec, en ligne de mire, un passage à la « digitalisation ». Ce plan devrait permettre, à Airbus, de réaliser 310 millions d’euros d’économie. Pour ça, deux branches (Airbus SAS et Airbus Group) fusionneront et plus de 1 000 emplois seront supprimés.

En 2016, rappelle Tom Enders, l’A380 se vend mal et le dollar s’affaiblit. Deux problèmes, qui vont toucher l’équilibre budgétaire d’Airbus. En 2007, le groupe avait lancé le plan Power 8, qui avait entraîné la suppression de 7 900 postes. Mais sans licenciement sec.

Alice Patalacci

Journaliste à Côté Toulouse.
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