Rugby Stade Toulousain. Patricio Albacete charge son entraîneur Ugo Mola et regrette Guy Novès

Après une saison décevante, le deuxième ligne du Stade Toulousain pointe les erreurs commises par le successeur de Guy Novès sur le banc. Pour lui, « il n'avait pas les épaules ».

Publié le : 02/05/2017 à 14:16
Le deuxième ligne de Toulouse, Patricio Albacete (Flickr/cc/Patricio Albacete)
Le deuxième ligne de Toulouse, Patricio Albacete (Flickr/cc/Patricio Albacete)

La fin de saison approche et l’abcès se crève au Stade Toulousain. Dans L’Équipe de mardi 2 mai 2017, Patricio Albacete revient sur l’interminable descente aux enfers qu’a connue le club le plus titré de l’histoire du rugby français et européen, cette année, et évoque les responsabilités d’Ugo Mola. D’après le deuxième ligne argentin, le successeur de Guy Novès « n’avait pas les épaules » pour reprendre le groupe Rouge et Noir.

« Le départ de Guy Novès a été durement ressenti »

En fin de contrat et longtemps blessé durant sa onzième et dernière saison au club, Patricio Albacete porte un regard amer sur les performances du Stade, cette saison. À l’écouter, la douzième place en Top 14 est la conséquence directe des différents départs connus par le club ces dernières années. « Des joueurs très importants sont partis ou ont arrêté », explique-t-il en citant Servat, Bouilhou, Jauzion, Poux, Skrela, Clerc et Poitrenaud.

Le départ de Guy [Novès, ndlr] a aussi été durement ressenti. C’était un homme de tempérament, d’expérience, qui contrôlait et maîtrisait presque tout (…) Ceux qui le critiquaient à l’époque doivent aujourd’hui se rendre compte de tout le bien qu’il faisait. On se prenait parfois la tête avec lui, mais il était toujours direct et rigoureux. Surtout, il savait parler aux hommes. C’était sa qualité principale.

Une qualité que le joueur ne retrouve visiblement pas chez son actuel entraîneur, Ugo Mola. Même s’il reconnaît qu’il n’est pas facile de succéder à un personnage comme Guy Novès, il estime que le nouveau coach toulousain « n’avait pas les épaules pour reprendre un groupe comme ça ». C’est peut-être la raison pour laquelle le coach a eu du mal à assumer ses responsabilités durant toute la saison, à en croire le rugbyman argentin.

Il dit que ce n’est pas lui qui a choisi le staff, pas lui qui a recruté les joueurs. C’est trop facile. Les excuses, c’est pour les faibles, assure Albacete, en reprenant une phrase qu’il a trop souvent entendue dans la bouche de se coach. Je pense qu’il aurait dû mieux s’appuyer sur l’expérience des joueurs qu’il avait à sa disposition pour connaître le ressenti du groupe. Le problème, c’est que les fois où on a essayé de lui dire qu’on n’était pas à l’aise avec le système de jeu, il a fini par l’utiliser contre nous (…) En fait, il ne voulait pas entendre le retour des joueurs parce qu’il se sentait attaqué.

Une spirale négative partie pour durer ?

Pour le deuxième ligne argentin, cette situation est d’autant plus regrettable que le reste du staff est irréprochable. À part, peut-être Pierre-Henry Broncan, avec lequel il ne partage pas la même vision du rugby et qui « n’aime pas qu’on remette en question ses idées ».

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Cette ambiance délétère dans un contexte d’« inorganisation collective » aurait favorisé la mise en place d’une spirale négative, qui a si souvent été évoquée depuis le début de la crise. D’après Patricio Albacete, les Toulousains ont pris les matchs les uns après les autres sans que le staff ne remette vraiment en cause sa stratégie. « C’est toujours bien : O.K., on a perdu, mais il y a quand même eu des intentions. O.K., on n’a pas marqué d’essais, mais on s’est créé plein d’occasions. Jamais un coup de gueule, jamais une vraie remise en question », résume le deuxième ligne. « C’est peut-être parce que le staff avait conscience que ce qu’il nous demandait n’était pas très clair ».

Même s’il reste très déçu de la gestion d’Ugo Mola et de son comportement après sa blessure et l’annonce de son non-renouvellement, Patricio Albacete regrette tout de même de quitter le club à l’issue de sa onzième saison en Rouge et Noir. Mais il part peut-être au bon moment, car, d’après ses dires, la politique adoptée par la direction du Stade Toulousain risque d’avoir des conséquences bien pires qu’une 12e place en championnat.

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