Économie Seulement quinze salariés seraient sauvés après la reprise de la banque Morning, à Toulouse

Pressentie depuis quelques jours, la banque Edel (filiale de E. Leclerc) a officialisé son arrivée au capital de Morning. Le repreneur ne garderait qu'une quinzaine de salariés.

Publié le : 04/02/2017 à 08:02
La banque Morning revendique 75 000 clients (Photo d'illustration)
La banque Morning revendique 75 000 clients (Photo d'illustration)

La banque Edel (filiale de E. Leclerc), qui doit devenir majoritaire au capital de Morning, aurait l’intention de ne conserver qu’une quinzaine de salariés, principalement des profils techniques. Ce chiffre est écrit noir sur blanc dans un document communiqué lors d’une assemblée générale extraordinaire, en date du 25 janvier 2017, et dont Côté Toulouse a pu prendre connaissance.

C’est la douche froide parmi la cinquantaine de salariés que compte la fintech, dont le siège social se trouve à Saint-Élix-le-Château, au sud de Toulouse.

On ne nous a jamais dit cela au départ, souligne une source en interne.

Lors d’une interview accordée à nos confrères de La Dépêche du Midi, Frédéric Senan, directeur du développement de l’entreprise Edel, présentait son projet de reprise sans avancer de chiffre concernant d’éventuels départs. Au passage, il confirmait la fin des fonctions du fondateur de Morning, Eric Charpentier.

Basée à Labège, l’entreprise détient actuellement 5 % du capital mais devrait atteindre 80 % du capital dès le mois d’avril 2017. La Maif, qui a investi quatre millions d’euros en 2015, restera actionnaire, quoique minoritaire.

Comment en est-on arrivé là ?

Cet épisode est la conséquence d’une décision douloureuse. Le 7 décembre 2016, l’ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution) rendait publique la suspension des activités de la fintech toulousaine. Les comptes sont alors bloqués et aucune opération n’est possible pour les 75 000 usagers que revendique la start-up qui veut à l’époque « réveiller la banque ».

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En cause : un déficit de plus d’un million d’euros. Le gendarme de la banque juge que cette dernière « n’apparaît pas en mesure à ce jour de remédier par elle-même à cette insuffisance de cantonnement, compte tenu de sa situation de trésorerie ; qu’en conséquence, les intérêts de ses clients sont susceptibles d’être compromis ».

Lâché par son actionnaire majoritaire, la Maif, le fondateur de Morning doit alors faire entrer de nouveaux investisseurs. La condition pour que l’assureur Maif s’engage à financer les besoins en trésorerie à court terme et pour que Morning régularise sa situation vis-à-vis de l’ACPR.

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Morning retrouve alors son agrément le 29 décembre 2016.

Les interdictions faites à la SAS MORNING de fournir des services de paiement et de débiter le compte de cantonnement sont levées, peut-on alors lire dans la décision de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR).

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Une victoire en trompe l’œil au vue des emplois aujourd’hui menacés… Pour le moment, la banque Edel n’a pas souhaité répondre à nos questions.

Hugues-Olivier Dumez

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