Histoire/Patrimoine De nécropole à musée, l'étonnante histoire du site de Saint-Raymond, à Toulouse

Nécropole, hôpital, collège universitaire et enfin musée des Antiques : le site de Saint-Raymond à Toulouse a souvent changé au fil de l'histoire. Voyage dans le temps...

Publié le : 22/04/2017 à 10:08
Saint-Raymond au début du XIX siècle. © DR
Saint-Raymond au début du XIX siècle. © DR -

Le musée Saint-Raymond de Toulouse demeure l’outil muséographique toulousain de référence pour tous les amoureux et curieux de l’histoire antique. Un exceptionnel voyage dans le temps qui nous fait revivre l’histoire de la Tolosa romaine…

À l’origine, le site est constitué d’une nécropole qui se développe autour de Saint-Saturnin. La légende raconte qu’en 250, le premier évêque de la cité fut attaché au taureau du sacrifice, du Capitole antique (installé sur l’actuelle place Esquirol) jusqu’à la rue du Taur. Dès lors, les premiers chrétiens prennent l’habitude de se faire enterrer au plus près de la tombe de leur saint.

Lorsque nous avons rénové le musée entre 1994 et 1999, la première opération a été de faire une fouille complète du sous-sol. Nous y avons découvert une densité considérable de plusieurs couches de sépultures, comme des tombes sous tuiles, des sarcophages en marbre sculpté, les plus anciennes datant du IVe siècle, les plus récentes du VIIe siècle », explique Daniel Cazes, ancien directeur du musée.

Raymond Gayrard, un pionnier

Dans le dernier quart du XIe siècle, l’ensemble change une première fois de physionomie. Et ce, grâce à Raymond Gayrard, un laïc veuf qui décide de consacrer sa fortune au service de l’Église et au monastère de Saint-Sernin.

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Il y fait ériger un hôpital, aligné à la basilique naissante, qui accueille pêle-mêle des malades, des nécessiteux et des pèlerins qui ne peuvent se payer d’auberge dans Toulouse.

Lorsque l’Université de Toulouse est créée en 1229, le besoin de loger des étudiants pauvres se fait sentir. L’hôpital change de vocation et devient un collège, toujours placé sous l’autorité de Saint-Sernin. Saint-Raymond conservera ce rôle jusqu’à la Révolution.

Trois siècles plus tard, en 1523, sous l’autorité du maître-maçon Louis Privat, l’ensemble, réorganisé en divers corps, vit en autarcie. On y cultive notamment la vigne et le blé et l’on y trouve une écurie (les étudiants se déplaçaient à cheval), une bibliothèque, les cuisines, les chambres ou encore la chapelle.

Le presbytère devient musée

En 1853, il ne subsiste que le bâtiment du musée actuel, le reste est rasé afin de dégager une large place autour de la basilique. Restauré sous la conduite de Viollet-le-Duc entre 1868 et 1871, il abrite le presbytère de Saint-Sernin.

Mais vingt ans plus tard, dans le cadre du conflit aigu entre l’Église et la municipalité, cette dernière récupère le bâtiment pour créer le musée des Petites Antiquités, en transférant des Augustins toutes les petites antiquités grecques, romaines, égyptiennes et les premières collections d’anthropologie humaine.

Malgré son caractère hétéroclite, le lieu est apprécié des Toulousains dans l’Entre-deux-guerres. Ce n’est qu’à partir de 1950 que le lieu prend sa vraie dimension, grâce à son conservateur, Robert Mesuret, qu’il restructure, en présentant les antiquités grecques, la protohistoire du Midi de la France, la Narbonnaise, Toulouse romaine ou encore les sculptures de Chiragan.

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Mathieu Arnal

Photo de Delphine Russeil

Delphine Russeil

Journaliste
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