Actualité À la rue depuis plus d'une semaine, quatre familles de demandeurs d'asile relogées, à Toulouse

Quatre familles albanaises ont été relogées, lundi 13 mars 2017, après avoir passé une semaine dans les rues de Toulouse. Mais elles pourraient bien y retourner mercredi matin.

Publié le : 14/03/2017 à 10:13
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Quatre familles d'origine albanaise ont été relogées dans un hôtel, à Toulouse, lundi 13 mars 2017, après avoir installé un campement de fortune derrière le 115. (photo © Facebook/Comité d'aide à l'accueil toulousain des demandeurs d'asile)

Ça faisait dix jours que les trois familles étaient à la rue. Lundi 13 mars 2017, Pierre-Alain Sarda, membre du comité toulousain d’aide à l’accueil des demandeurs d’asile, a reçu une bonne nouvelle. Les personnes, qui campaient devant les locaux de la veille sociale, dans le quartier de Saint-Cyprien, à Toulouse, ont été hébergées dans un hôtel. Mais le problème semble loin d’être réglé.

Une autre famille à la rue

Depuis le 9 mars, le collectif citoyen a apporté des tentes, de l’eau et de la nourriture à ces trois familles d’origine albanaise. C’est pendant une de leurs maraudes, que les membres du comité ont croisé leur chemin.

On tourne dans la ville le mardi et le jeudi soir. C’est comme ça qu’on a trouvé ces familles, cachées derrière le bâtiment du 115, depuis plus d’une semaine, explique Pierre-Alain Sarda.

Depuis, six adultes et six enfants (soit quatre familles, dont une arrivée dimanche soir) ont été relogés dans un hôtel de la Ville rose, confirme la préfecture de Haute-Garonne. Seulement, la prise en charge n’est, pour l’instant, effective que jusqu’à mercredi matin, ajoute Valérie Gratias, notamment déléguée du personnel de la Veille sociale.

Par ailleurs, le comité d’aide à l’accueil toulousain des demandeurs d’asile précise avoir laissé les tentes devant les locaux de la veille sociale, pour y héberger une nouvelle famille, composée de deux adultes et quatre enfants, également arrivée dimanche soir.

Stress, agressions…

Selon le comité, ces familles viendraient d’Albanie. Après un passage d’un an par l’Allemagne et la fin de leur titre de séjour, elles seraient retournées dans leur pays d’origine. Mais, menacées par « les pouvoirs en place et la mafia locale », elles ont finalement pris la direction de la Ville rose.

Certaines rêvent encore de l’Angleterre, mais beaucoup aimeraient s’installer en France, travailler et vivre dans un logement décent, ajoute Pierre-Alain Sarda.

Seulement, arrivés dans l’Hexagone, certains demandeurs d’asile sont encore victimes de violences et d’épisodes de tachycardie provoqués à cause du stress, notamment les femmes. « Ils vivent dans la rue et, sur trois femmes dont nous nous occupions récemment, deux étaient souvent à Purpan pour des soins, car elles se faisaient agresser. Pourtant, il y a de quoi loger ces gens à Toulouse, dans des bâtiments vides et inoccupés », ajoute Pierre-Alain Sarda.

Une situation qui se répète

Et la situation n’est pas nouvelle, car, en septembre 2016, 130 personnes sans-abris campaient déjà devant les locaux de la Veille sociale de Toulouse. Évacuées par la Direction départementale de la cohésion sociale (DDCS) et la mairie de Toulouse, elles avaient finalement été relogées par le 115.

Mais, début octobre, 30 de ces demandeurs d’asile avaient été remis à la rue par la préfecture de Haute-Garonne.

> LIRE AUSSI : Pris en charge par le 115 de Toulouse, des sans-abri remis à la rue

Recherche de bénévoles

Face à l’ampleur du phénomène, le comité, qui va bientôt déposer un statut juridique pour notamment recevoir des dons, cherche des bénévoles. Participation aux maraudes, dons de nourriture ou de vêtements chauds, aide à l’hébergement… Les besoins sont nombreux et variés. Il a également lancé une cagnotte sur Leetchi, pour venir en aide « aux laissés-pour-compte dans les rues de Toulouse ».

« En avril, nous allons lancer des collectes alimentaires », complète Pierre-Alain Sarda, qui anticipe la venue d’autres réfugiés, comme « des Syriens qui pourraient arriver de Nice ».

Pour venir en aide à ces familles, vous pouvez faire un don sur la cagnotte Leetchi, en cliquant ici.
Sinon, vous pouvez contacter le comité d’aide à l’accueil toulousain des demandeurs d’asile, grâce à sa page Facebook.

Alice Patalacci

Journaliste à Côté Toulouse.
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