Rugby Réunion capitale pour l'avenir du Stade Toulousain, menacé par un déficit abyssal

Alors que le Stade toulousain aborde ses deux derniers matchs cette saison, la situation financière s'assombrit. Le conseil de surveillance du club jeudi 27 avril, s'annonce chaud.

Publié le : 27/04/2017 à 13:41
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Le Stade toulousain traverse l'une des périodes les plus difficiles de son histoire. (Photo : Côté Toulouse/Anthony Assémat)

Pendant que la saison sportive achève son crépuscule, avec deux derniers matchs en Top 14 prévus à Castres (Tarn), samedi 29 avril 2017, et contre Bayonne (Pyrénées-Atlantiques) à Ernest-Wallon le 6 mai, en coulisses, la situation financière du club rouge et noir s’assombrit toujours un peu plus.

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Le sujet du déficit du Stade toulousain n’est pas nouveau, et de moins en moins tabou. En mars 2015, RMC Sport annonçait déjà un trou dans les caisses de 1,2 million d’euros. Mais les travaux du Stadium empêchant le Stade d’y évoluer durant trois saisons plus le manque de résultats n’ont fait qu’empirer la situation…

Quel est le montant réel du déficit ?

Actuellement, la question financière agite désormais davantage que la situation sportive (le Stade toulousain pointe à la 12e place du Top à deux journées de la fin, à neuf points du dernier barragiste, le Racing 92), réglée depuis la défaite face aux Franciliens enregistrée au Stadium, dimanche 16 avril.

Ugo Mola (entraîneur principal), René Bouscatel (président) et Fabien Pelous (directeur sportif) (Photo : Côté Toulouse/Anthony Assémat)
Ugo Mola (entraîneur principal), René Bouscatel (président) et Fabien Pelous (directeur sportif) (Photo : Côté Toulouse/Anthony Assémat)

Comme le révèle L’Equipe, qui avance le chiffre de six millions d’euros de déficit, c’est clairement une menace de cessation de paiement qui plane sur le club français le plus titré et aux quatre Coupes d’Europe. Selon nos informations, le montant serait bien plus important… Certaines sources font en effet état d’un déficit encore plus abyssal à la fin de la saison. Contacté par Côté Toulouse, le Stade toulousain indique qu’« aucune communication ne sera faite à ce sujet ».

Jeudi 27 avril 2017, se tient une réunion importante du Conseil de surveillance du club. Après l’ouverture du capital décidée en décembre 2016, l’enjeu de la trésorerie sera à nouveau au centre des débats car la DNACG (Direction nationale d’aide et de contrôle de gestion), le gendarme financier des clubs, est réputée pour ses positions inflexibles.

Le cas du Stade toulousain n’est pas isolé

Le cas du Stade toulousain n’est pas isolé. Selon Le Parisien, le rival toulousain du Clasico, le Stade Français, cherche un repreneur après la fusion avortée avec le Racing 92 pour éponger un déficit de huit millions d’euros. Autre exemple, celui de Bourgoin (Isère, qui évolue en Pro D2), ancienne place forte du rugby français menacée de dépôt de bilan avec un trou estimé à… 1,6 million d’euros d’après Le Progrès.

Un an de plus pour Bouscatel ?

La succession de René Bouscatel, dont le mandat de président expire en juin 2017, est ouverte depuis des mois. Selon nos informations, René Bouscatel pourrait rempiler pour une année supplémentaire afin de stabiliser la situation.

En coulisses, Hervé Lecomte, le président du Conseil de surveillance, se tient prêt. En revanche, la piste Didier Lacroix se serait refroidie. Ce dernier, qui gère la régie publicitaire du Stade toulousain À la Une, doit vendre son entreprise pour pouvoir briguer la présidence. Or, les possibilités de conclure la vente d’ici le mois de juin s’amenuisent…

Avec quel investisseur ?

Le Stade toulousain peut-il basculer vers un système de mécène ou de gros investisseur majoritaire, comme cela est le cas à Castres, Clermont, ou au Racing 92 ? Fiducial, qui détient 10% du capital, serait intéressé pour s’investir à une hauteur plus importante. De là à vouloir être majoritaire, le pas semble grand… En tous les cas, la direction du club toulousain se démène.

Bouscatel est en négociation avec un gros investisseur, indique un connaisseur du dossier. Le serpent de mer Airbus pourrait resurgir, mais aucun nom n’a filtré.

Selon le résultat des tractations, plusieurs cas de figure se présentent au Stade toulousain : une rétrogradation administrative décidée par la DNACG, un encadrement de la masse salariale et une remise en question des recrues, ou la validation du budget avec l’apport d’argent frais. Le Conseil de surveillance donnera-t-il des pistes ?

Photo de Anthony Assemat

Anthony Assemat

Journaliste, chef d'édition à Côté Toulouse
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