Politique Présidentielle. Macron favorable à la fusion entre Toulouse Métropole et le Conseil départemental

Dans son programme, le candidat d'En Marche ! Emmanuel Macron propose de rapprocher un certain nombre de Conseils départementaux avec les Métropoles. Toulouse serait concernée...

Publié le : 13/03/2017 à 20:00
Emmanuel Macron le candidat d'En Marche ! (photo CC Wikimedia Commons)
Emmanuel Macron le candidat d'En Marche ! (photo CC Wikimedia Commons)

Durant cette campagne présidentielle 2017, la critique principale, incisive, sur Emmanuel Macron était son absence de programme. Jeudi 2 mars 2017, le candidat à l’Élysée du mouvement En Marche ! a pallié cette carence en dévoilant ses propositions complètes à l’occasion d’un meeting à Paris. Un programme divisé sur des thématiques comme celles du travail, de l’esprit d’entreprise, l’éducation, l’Europe, la démocratie, l’Etat protecteur ou les collectivités territoriales.

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Sur ce dernier chapitre, nous nous sommes arrêtés sur sa proposition de « réduire le millefeuille administratif ». Sa solution pour simplifier les strates :

Nous supprimerons au moins un quart des départements, là où ils peuvent être rapprochés de l’une de nos grandes Métropoles.

Le cas de Lyon et du Rhône

Une proposition qui n’arrive pas par hasard. La fusion entre Métropole et Conseil départemental est déjà en place dans le Rhône depuis le 1er janvier 2015. Avec la répartition suivante : la Métropole et le Conseil départemental ont fusionné leurs prérogatives sur le territoire de la Métropole, fort de 59 communes et de près de 1,3 million d’habitants. Le Département, quant à lui, n’a pas disparu et exerce ses compétences régaliennes (action sociale, RSA…) dans les 221 autres communes, pour plus de 447 000 personnes administrées.

Une réforme nouvelle en France – et unique à l’heure actuelle – impulsée à l’époque par l’ex-président du Conseil départemental du Rhône, le centriste Michel Mercier - et le sénateur-maire de Lyon, Gérard Collomb (ex-PS), l’un des premiers soutiens… d’Emmanuel Macron lors du lancement d’En Marche ! en 2016.

Monique Iborra : « La question se posera à Toulouse »

L’ombre lyonnaise plane forcément sur Toulouse et la Haute-Garonne. Toulouse, l’une des plus importantes Métropoles en France – 746 919 habitants selon les derniers chiffres de l’Insee – sera ainsi regardée de très près en cas de victoire d’Emmanuel Macron.

Lyon est un bon exemple de fusion qui a bien fonctionné. Il faut plus de décentralisation et plus de souplesse. La question se posera à Toulouse, explique la députée Monique Iborra (ex-PS), fervent soutien de Macron en Haute-Garonne.

Qu’en pense le Conseil départemental ? « L’exemple » lyonnais avait été la cible de critiques virulentes de la part du prédécesseur de Georges Méric, Pierre Izard, qui a régné sur la Haute-Garonne de 1988 à 2015. « Ce qu’il se passe à la Métropole de Lyon est une catastrophe, un bide total, une connerie monumentale », avait déjà réagi Pierre Izard sur le sujet en 2015.

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Président depuis mars 2015, le socialiste Georges Méric parle de contradiction sur le sujet. « Cette proposition, qui a été relayée par les élus départementaux minoritaires de droite en janvier 2017, est pour le moins insensée et va tout simplement à l’encontre de la loi NOTRe votée en 2015. En effet, je rappelle que celle-ci a renforcé l’échelon départemental pour assurer les politiques de solidarité humaines et territoriales de proximité et a ainsi confirmé le Département comme un acteur fort dans les projets de territoire, aux côtés des Métropoles et des Régions. Entre des nouvelles régions très étendues et des métropoles qui concentrent toute l’attractivité des territoires, le département reste l’échelon intermédiaire seul en capacité de pouvoir assurer un développement équilibré et solidaire du territoire et de garantir l’égalité républicaine entre les zones urbaines, périurbaines et rurales ».

Fusionner le Conseil départemental de Georges Méric (à droite) avec la Métropole de Jean-Luc Moudenc (à gauche) sur le territoire des 37 communes de Toulouse Métropole ? L'idée pourrait être appliquée en cas de victoire d'Emmanuel Macron à la présidentielle de 2017 (Photos : X. L. et DR)
Fusionner le Conseil départemental de Georges Méric (à droite) avec la Métropole de Jean-Luc Moudenc (à gauche) sur le territoire des 37 communes de Toulouse Métropole ? L'idée pourrait être appliquée en cas de victoire d'Emmanuel Macron à la présidentielle de 2017 (Photos : X. L. et DR)

Le Département favorable aux « partenariats »

En résumé : tout le monde est utile et chacun doit rester à sa place, mais sans rester dans le chacun-chez-soi.

Notre Département a ainsi créé des partenariats avec l’ensemble des communes et des intercommunalités de la Haute-Garonne, la Métropole toulousaine et la Région, qui permettent la réalisation des grands projets d’équipements publics sur le territoire et le déploiement de politiques publiques innovantes, conclut Georges Méric.

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Jean-Luc Moudenc, président de Toulouse Métropole, n’a pas répondu à nos sollicitations.

Rappelons que dans les faits, des transferts de compétences du Département vers la Métropole ont déjà eu lieu ces derniers mois comme la gestion de la Politique de la ville ou de l’entretien des quelque 550 km de routes départementales situées sur le territoire de la Métropole.

Après Mitterrand, Raffarin et Hollande, un avant-goût de l’acte IV de la décentralisation à la sauce Macron ?

Photo de Anthony Assemat

Anthony Assemat

Journaliste, chef d'édition à Côté Toulouse
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