Politique Présidentielle. Comment le programme de Marine le Pen va être expliqué en Haute-Garonne

Mercredi 22 février, Julien Leonardelli, secrétaire départemental du FN de Haute-Garonne, présentait le programme de Marine le Pen pour l'élection présidentielle. Les détails.

Publié le : 25/02/2017 à 10:23
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Julien Leonardelli, le secrétaire départemental du FN en Haute-Garonne, dans les locaux de son parti, situés à Balma-Gramont, mercredi 22 février 2017 (Photo : Côté Toulouse/A. A.)

Le Front national peut-il gagner l’élection présidentielle ? Ce scénario, totalement improbable il y a quelques années, et même il y a quelques mois à peine, n’est plus exclu dans la sphère politique. Entre le tassement de Macron, le Penelope Gate autour de François Fillon et le délicat rassemblement de la gauche, les Frontistes croient en leur étoile électorale.

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Un programme, 144 engagements

Assurée de terminer en tête et d’être présente au deuxième tour par tous les récents sondages, la candidate et présidente du Front national avait présenté les grandes lignes de son programme à l’occasion de son meeting à Lyon, début février 2017. Tâche désormais aux fédérations locales de faire preuve de pédagogie autour de ses « 144 engagements présidentiels ».

En Haute-Garonne, le secrétaire départemental, Julien Leonardelli, également conseiller régional d’Occitanie, a détaillé le programme mariniste, mercredi 22 février 2017.

Notre mot d’ordre, c’est la liberté. Deux visions se feront face lors de l’élection présidentielle : le choix mondialiste, porté de Hamon à Fillon en passant par Macron, ou l’alternative patriote avec la défense de la Nation et du Peuple au coeur de toute décision politique. Ce sera un choix de civilisation qui engagera l’avenir des générations futures, pose-t-il comme enjeu.

Parmi les 144 engagements, figurent quelques mesures fortes comme l’instauration du scrutin proportionnel, la baisse du nombre de députés (577 à 300) et sénateurs (348 à 200) allant de pair avec la suppression des circonscriptions, la création d’un référendum d’initiative populaire sur proposition d’au moins 500 000 électeurs, et la refonte de l’administration avec la suppression des intercommunalités et des Conseils régionaux afin de laisser la place à trois strates : la commune, le département et l’Etat. « Nous voulons également revaloriser le rôle et le statut du maire, y compris financièrement », poursuit Julien Leonardelli.

Des considérations nationales bâties sur des exemples toulousains.

Il est inadmissible que Jean-Luc Moudenc soit le super-maire de la Métropole ! Les maires des autres communes sont ses vice-présidents. Les petites communes sont absorbées et perdent leur identité locale. Enfin, nos concitoyens ne comprennent plus rien dans les compétences des collectivités et la fusion des Régions n’est pas source d’économies mais occasionne des dépenses supplémentaires. Il faut remettre de l’ordre.

Droit des femmes, service militaire…

Parmi les autres totems du FN, ce dernier veut, entre autres, « lutter contre le cyber-djihadisme, encadrer la protection des données personnelles, défendre le droit des femmes, supprimer la réforme des rythmes scolaires et rendre obligatoire le port de l’uniforme à l’école, augmenter les effectifs de la fonction publique hospitalière, baisser de 10% l’impôt sur le revenu sur les trois premières tranches, en finir avec le monopole syndical, supprimer le droit du sol, augmenter le budget de la Défense à 3% du PIB en 2022, construire un nouveau porte-avions qui serait baptisé Richelieu, rétablir un service militaire de trois mois minimum, quitter l’Otan, contrôler l’immigration et faire du patriotisme économique ».

Sur ce dernier point, Julien Leonardelli n’hésite pas à citer en exemple la politique de Donald Trump aux Etats-Unis.

Il a imposé à Ford de créer des usines aux Etats-Unis et non au Mexique. En Haute-Garonne, des usines comme Molex ou Freescale sont parties pour utiliser de la main-d’oeuvre à bas coût ailleurs. La mondialisation exploite des esclaves pour vendre à des chômeurs.

Et les « affaires » ?

S’agissant de l’affaire des emplois présumés fictifs d’assistants parlementaires au Parlement européen, dans laquelle deux proches de Marine le Pen ont été placés en garde à vue, Julien Leonardelli estime que c’est un « non-événement. Le Parlement européen attaque ses adversaires politiques. On cherche à décrédibiliser par tous les moyens la candidature de Marine le Pen ».

À deux mois du premier tour, la fédération de Haute-Garonne, qui compte environ 4000 adhérents selon les chiffres du FN 31, va maintenant tenter de convaincre les Haut-Garonnais sur ce programme, dans les marchés et au moyen de grosses opérations de tractage.

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Les temps forts de la campagne du FN en Haute-Garonne

Le 15 avril 2017, Marine le Pen tiendra un meeting au Zénith de Toulouse (15h). D’ici là, la campagne du Front national en faveur de sa championne va connaître trois temps forts avec l’organisation de trois réunions publiques : le vendredi 10 mars avec la venue du député européen Bernard Monot pour parler du programme économique de Marine le Pen. Une réunion publique qui se déroulera dans l’ouest toulousain, sans davantage de précisions à l’heure actuelle.
Le samedi 18 mars, ce sera au tour de Stéphane Ravier, maire du VIIe secteur de Marseille, conseiller régional de la région Paca et sénateur des Bouches-du-Rhône, de faire campagne dans la métropole toulousaine. Rendez-vous à Toulouse, salle Sénéchal (à 18h).
Enfin, l’avocat Ghislain Dubois viendra causer géopolitique le vendredi 31 mars. Une réunion publique qui sera organisée dans l’est toulousain.
Des initiatives qui arrivent après la venue du député européen Bruno Gollnisch fin janvier 2017 et d’Alain Avello, président du collectif Racine et le Monsieur éducation du FN, le 15 février.
En parallèle, sur la question des élections législatives, qui se dérouleront les 11 et 18 juin 2017, les noms des candidats FN de chacune des dix circonscriptions de la Haute-Garonne seront dévoilés à partir du 20 mars, « avec une majorité de femmes », précise Julien Leonardelli, confiant sur la capacité du Front national à séduire sur ces élections. « Si Marine le Pen est élue, elle aura la majorité à l’Assemblée nationale. Selon qu’ils soient à Revel, Toulouse ou Saint-Gaudens, nos candidats vont développer le projet présidentiel dans chaque territoire, selon les problématiques », conclut le patron du FN en Haute-Garonne.

Photo de Anthony Assemat

Anthony Assemat

Journaliste, chef d'édition à Côté Toulouse
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