Politique Présidentielle 2017. Les « petits » candidats toulousains veulent faire entendre leur voix

À cinq mois de l'élection présidentielle, des candidats méconnus à Toulouse et en Occitanie veulent exister dans le débat pour obtenir les 500 parrainages. Qui sont-ils ? Rencontre

Publié le : 09/12/2016 à 11:01
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Ces Toulousains candidats à la présidentielle de 2017 poussent un gros coup de gueule et veulent faire entendre leur voix (Photo : Côté Toulouse/AA)

Tous les cinq ans, on les appelle, à tort, les « petits » candidats. Méconnus, hors des appareils des partis traditionnels, ces citoyens lambdas, ces militants du quotidien, ont des choses à dire et un programme à proposer à l’occasion de l’élection présidentielle 2017. Une pétition en ligne circule pour faire accéder plus facilement aux médias ces candidats.

À Toulouse et en Occitanie, ils sont six. Six candidats à réclamer les lumières des projecteurs, à exister dans un débat cannibalisé par la droite, la gauche, les primaires et bien d’autres choses. Ils s’appellent Robert Baud, Gérard Privat, David Saforcada, Nicole Pradalier, Sébastien Nadot et William Rouanet et leur intention, loin d’envisager un jour d’occuper le fauteuil suprême à l’Élysée, est de pouvoir développer leurs idées et s’immiscer dans le débat à égalité de chances avec les poids lourds.

« Nous sommes des gens ancrés dans la base »

« Nous n’avons pas le droit à la parole dans les médias alors que nous sommes en campagne depuis des mois », explique Robert Baud. « Contrairement aux candidats médiatiques, nous sommes des gens ancrés dans la base, et non accrochés depuis 30 ans aux fauteuils de sénateurs ou députés. Eux, ils ne savent pas ce que c’est de galèrer. Faut-il être professionnel de la politique pour porter ces messages-là ? », s’indigne Sébastien Nadot. « Nous ne sommes pas des farfelus, nous avons tous un programme concret, officiel », témoigne William Rouanet.

Tous les cinq ans, le « boomerang des 500 signatures nous revient à la figure », clament-ils à l’unisson. « Pour avoir une chance de les avoir, il faut parler de nous », expriment-ils, comme pour inverser le cercle vicieux et en faire un cercle vertueux. Présentation.

Robert Baud

Pour ce militant de plus de 40 ans de l’écologie et de l’humanisme, la présidentielle est une histoire ancienne. Déjà candidat malheureux en 2007 et 2012, il remet le couvert avec, en étendard, cette flamme de l’Homme et un optimisme pour les générations futures qu’il veut porter. « L’écologie et le travail des jeunes sont mes deux priorités », explique ce Toulousain aux mille vies (journaliste, acteur, maître d’hôtel, éducateur…) dont la morosité ambiante et le climat du monde n’ont jamais altéré la sagesse.

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David Saforcada

Le président de France Bonapartiste repart en campagne ! Après des échecs aux cantonales de 2004, 2011 et 2015, aux municipales à Cugnaux en 2008 ou aux législatives de 2007, le Commingeois veut porter un « bonapartisme moderne »… sans caricature. « Quand on parle de Bonaparte, les gens s’arrêtent à un qualificatif sans voir plus loin. Ce qui m’intéresse, c’est d’être proche des gens. Le débat politique existe, les Français en veulent. De grands candidats reprennent certaines de nos idées ».

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Pour lui, « le mot populisme n’est pas une insulte. C’est écouter la voix du peuple, ce qui se passe chez les retraités, les agriculteurs… ». Armé de convictions qu’il n’a jamais reniées, David Saforcada avait participé, en juin 2015, aux commémorations des 200 ans de la bataille de Waterloo. Dans cette croisade pour l’obtention des 500 parrainages, le candidat veut combattre la « prise d’otage de la présidentielle » et lutter à armes égales quand viendra l’heure de partir à la chasse aux signatures en février-mars 2017.

Sébastien Nadot

C’est peut-être le « petit » candidat le plus connu des sphères locales. À 44 ans, ce docteur en sciences sociales et prof de sport toulousain, Gersois d’origine, est le candidat du Mouvement des progressistes (MDP). Un parti pas vraiment inconnu au bataillon car lancé en 2009 par l’ancien sénateur et secrétaire national du Parti communiste français (PCF) Robert Hue, dont le fils, Charles Hue, milite à Toulouse.

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Le nerf politique de Sébastien Nadot : s’inscrire dans les « forces progressistes ».

Je n’ai pas encore de programme complet mais la question de la place du citoyen et de l’environnement est centrale. Tout comme le rôle de l’éducation, qui est réduit au nombre de fonctionnaires à réduire alors que les résultats de l’étude PISA montrent que notre système éducatif ne marche pas.

Sur le numérique, Sébastien Nadot manie volontiers l’ironie devant les candidats qui défilent dans les bureaux de start-up pour vanter la transformation digitale. « Il y a ceux qui visitent les start-up et ceux qui travaillent avec. On essaye de construire quelque chose de différent ».

« Toc Toc ! » : c’est le message de la campagne d’affichage nationale du MDP. Des affiches un peu particulières car basées sur le principe de la réalité augmentée. Un symbole, aussi, de sa volonté de participer à la primaire de la gauche. Une demande refusée par le PS, arguant le fait que le MDP ne fait pas partie de la Belle Alliance Populaire.

Jean-Christophe Cambadélis (le Premier secrétaire du Parti socialiste, ndlr) a dit que la primaire, ce n’était pas open bar. C’est donc une primaire du Parti socialiste. Il a mis un coup de poignard à la gauche et sacrifié tous les espoirs en se refermant sur le nombril du PS. A-t-on peur de la pluralité au PS ? Il est où le problème s’il y a 25 candidats ?, questionne-t-il.

William Rouanet

À 41 ans, ce juriste et consultant en environnement représente la couleur méditerranéenne de la présidentielle. Basé dans l’Hérault, à Gabian, cet ancien conseiller national de Génération Écologie propose une « écologie indépendante, la révision des traités européens et la lutte contre la maltraitance animale ».

Il a fondé un mouvement, intitulé L’autre voie de l’écologie, et s’engage également à « reconnaître le vote blanc, lutter contre le cumul des mandats et réduire de 50% les indemnités de fonctions des élus ».

Gérard Privat

C’est le Tarnais de la bande ! À 72 ans, cet administré de Lisle-sur-Tarn avait déjà tenté sa chance en 2011. Issu du mouvement Avenir Solidaire, il base son programme autour du concept de richesse. « L’argent existe et il doit être trouvé. Mon programme est fondé sur la véritable richesse, c’est-à-dire le développement de l’harmonie sociale et de l’épanouissement humain, tout en préservant l’environnement ».

Le candidat à la présidentielle défend aussi le revenu de base, les référendums d’initiative populaire, la refondation de l’Europe et une simplification des textes de lois et des aides sociales.

Nicole Pradalier

En 2014, Nicole Pradalier, militante d’une « humanité consciente et responsable » et du slogan « Liberté, Égalité, Adelphité » (nom tiré du grec signifiant les frères et soeurs), avait recueilli 614 voix aux Européennes. Fière d’avoir vu des gens se déplacer en bureau de vote pour mettre son nom dans l’urne, elle veut faire bis repetita pour la présidentielle. Et se sent légitime. « Comment un Jean-Luc Mélenchon à 11 000 euros par mois peut parler aux gens qui galèrent ? », questionne-t-elle.

Économie, éducation, défense nationale et « la fin de la misère » sont ses autres priorités.

Diaporama photos des candidats toulousains à la présidentielle 2017 :

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Photo de Anthony Assemat

Anthony Assemat

Journaliste, chef d'édition à Côté Toulouse
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