Actualité Présidentielle 2017. Dernières opérations séduction pour les militants, à Toulouse

Côté Toulouse est allé à la rencontre de ces militants qui croient en la politique et se mobilisent à quelques jours du premier tour de la présidentielle, dimanche 23 avril 2017.

Publié le : 13/04/2017 à 15:15
Tractage en faveur de Benoît Hamon sur les Quais de la Daurade, à Toulouse. (Photo Côté Toulouse / H.-O. D.)
Tractage en faveur de Benoît Hamon sur les Quais de la Daurade, à Toulouse. (Photo Côté Toulouse / H.-O. D.)

À quelques jours du premier tour de la présidentielle, dimanche 23 avril 2017, les militants battent le pavé. Côté Toulouse est allé à la rencontre de ceux qui croient encore en la politique.

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Chez Mélenchon, le grand meeting se prépare

Jean-Luc Mélenchon est attendu dimanche 16 avril, à 15 h, sur la prairie des Filtres. Le leader de la France insoumise - qui avait rempli la place du Capitole lors de la dernière élection présidentielle en 2012 – suscite un certain engouement à Toulouse.

Les militants, sur le terrain, ne s’y trompent pas. Une distribution de tracts était, par exemple, organisée mardi 12 avril dans le quartier de la Reynerie, au Mirail. L’occasion d’annoncer le meeting de Jean-Luc Mélenchon et de convaincre de potentiels abstentionnistes d’aller voter.

Les militants de la France insoumise sont les seuls à venir dans notre quartier, fait mine de regretter Kada Mahammedi, 36 ans.

L’homme tient un snack sur la place André Abbal. Des tracts en faveur de Mélenchon sont positionnés bien en évidence sur sa devanture. « Je ne suis pas militant, mais j’encourage les jeunes du quartier à se rendre aux urnes », justifie-t-il.

À quelques mètres de là, Karim admet qu’il ira voter cette année pour la première fois. Le jeune homme de 25 ans, qui exerce le métier de livreur, semble convaincu par le discours du candidat Mélenchon : « Son élection peut avoir des conséquences positives sur mon avenir ».

Des propos qui donnent du sens à l’action de Kévin, jeune militant de 21 ans.

Kévin, 21 ans, milite seulement depuis quelques jours. (Photo Côté Toulouse / H.-O. D.)
Kévin, 21 ans, milite seulement depuis quelques jours. (Photo Côté Toulouse / H.-O. D.)

Posté à la sortie du métro de la Reynerie, en train de distribuer des tracts, l’étudiant toulousain semble manifestement à l’aise et n’hésite pas à interpeller les gens pour leur parler du programme de Jean-Luc Mélenchon.

La droite et le Parti socialiste sont dans une telle situation que l’élection de Jean-Luc Mélenchon devient possible, souligne-t-il.

Kévin dit avoir lu le programme de la France insoumise, en particulier l’attention portée à l’écologie. « Son projet, c’est de donner du pouvoir au peuple », met-il en avant. « Cela sera possible avec l’instauration d’une sixième république ».

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Concert de soutien au Bikini
Les militants de la France insoumise donnent rendez-vous aux Toulousains, mardi 18 avril (20h), à l’occasion d’un concert de soutien au Bikini, à Ramonville.
Au programme : Washington dead cats, Toulouse skanking foundation et Avenue Z Magnetix.
Tarif : 7 euros.

Chez Marine Le Pen, « une présence sur tous les fronts »

Pas de concert de soutien chez Marine Le Pen, mais du militantisme classique avec affichage, tractage, porte à porte, marchés…

« Contrairement à d’autres partis politiques, nous allons partout », souligne Julien Leonardelli, secrétaire départemental du FN 31. « De la Côte Pavée à Empalot, en passant par les Ponts-Jumeaux ».

Rien que sur le mois de mars, plus de 30 000 documents de campagne auraient déjà été distribués sur l’agglomération toulousaine. Des tracts thématiques sur le pouvoir d’achat, sur l’insécurité…

C’est une campagne inédite, explique ce militant FN de la première heure. Les Français sont écœurés par la politique. Les seuls militants que nous rencontrons sur le terrain sont ceux de Mélenchon et parfois, il faut l’admettre, ceux de Macron.

Julien Leonardelli est aussi présent sur un autre terrain, celui des réseaux sociaux. À titre de comparaison, son profil Facebook est suivi par près de 20 000 personnes, contre environ 16 500 personnes pour le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc.

En revanche, aucune réunion publique n’est finalement organisée à Toulouse avant le premier tour. Le meeting de Marine Le Pen (FN) – initialement prévu le 15 avril au Zénith de Toulouse – aura finalement lieu… à Perpignan (Pyrénées-Orientales). Mais la candidate pourrait venir en visite dans la Ville rose pour un « déplacement thématique », avant le grand jour. Probablement entre jeudi 13 et lundi 17 avril, selon son entourage.

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Chez Macron, l’apprentissage du militantisme

Le mouvement Les Jeunes avec Macron revendique pour sa part 200 militants dans le département. Léo Lesne, 18 ans, étudiant en droit à Toulouse, en est le référent pour le mouvement En Marche ! d’Emmanuel Macron.

Intéressé par l’homme politique depuis la loi Macron, le jeune Toulousain tracte tous les jours en faveur de son poulain, en tête des sondages.

Emmanuel Macron est en accord avec la société actuelle, c’est un progressiste, souligne Léo Lesne.

Il a notamment participé cet été à du porte-à-porte afin d’établir pour l’ancien ministre de l’économie « un diagnostic sur l’état du pays ».

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C’est la première fois que j’irai voter, souligne-t-il, reconnaissant une sensibilité plutôt à gauche. En 2012, j’aurais voté François Hollande.

A priori, Emmanuel Macron n’a pas prévu de réunion publique à Toulouse avant le premier tour. Léo Lesne s’est donc déplacé, mercredi 12 avril, à Pau (Pyrénées-Atlantiques), afin de participer au meeting du leader d’En Marche !

Tout en espérant avoir l’opportunité de participer à un meeting d’Emmanuel Macron dans la Ville rose, entre les deux tours…

Lancé en avril 2016, le mouvement En Marche ! d’Emmanuel Macron ratisse large. Fort de plus de 6 600 adhérents en Haute-Garonne, il agrège une diversité de partis déjà installés. « Ce n’est plus une bulle médiatique, mais un mouvement armé sur le territoire », explique Mickaël Nogal, référent d’En Marche Haute-Garonne.

Chez Fillon, les militants se remobilisent

Les soutiens de François Fillon tentent de mobiliser à quelques jours du premier tour de la présidentielle. Le candidat Les Républicains est d’ailleurs à Toulouse, jeudi 13 avril, pour un réunion publique au Zénith.

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Le parti s’appuie aussi sur le logiciel déravox, développé par une jeune start-up dont la dirigeante, Alexandra Dublanche, figure dans l’équipe de campagne de François Fillon. Ce logiciel de « stratégie électorale » permet notamment de cibler géographiquement les électeurs à convaincre et d’optimiser les campagnes physiques sur le terrain.

Pour faire simple, plus facile de découvrir un tract de François Fillon dans une boîte aux lettres de Balma que dans celle d’un quartier populaire comme le Mirail.

Notre objectif est aujourd’hui de mobiliser le camp des indécis, justifie Jean-Marie Belin, qui préside le Conseil de la société civile dans le département. Ceux qui pourraient basculer vers Macron ou l’extrême droite.

Pour autant, les distributions dans les marchés et les opérations « coup de poing » à la sortie du métro ne sont pas dénigrées.

Christine Gennaro-Saint, secrétaire départementale des Républicains 31 et candidate aux législatives sur la deuxième circonscription, précise que plus de 120 000 tracts de campagne ont déjà été distribués en Haute-Garonne.

De son côté, Bertrand Serp, qui coordonne la campagne sur la quatrième circonscription (où il est candidat pour les législatives), souligne que deux opérations militantes seront lancées jeudi 20 et vendredi 21 avril (19h-20h), juste avant le premier tour, à la sortie du métro, au niveau des stations Esquirol et Capitole.

Chez Benoît Hamon, on veut continuer à y croire

Au Parti socialiste, la dynamique n’a plus grand chose à voir avec celle de 2012. Le candidat François Hollande incarnait alors un espoir d’alternance.

Malgré la période de vacances, peu propice à mobiliser les étudiants, le Mouvement des jeunes socialistes (MJS) s’organise pour maintenir une présence sur le terrain.

Déborah Fort, 26 ans, secrétaire générale du MJS en Haute-Garonne, dit tracter chaque jour en faveur de Benoît Hamon. La jeune femme admet que le contexte n’est pas évident, d’autant que cette dernière avait voté pour Arnaud Montebourg à la primaire de la gauche.

Au début, nous rencontrions beaucoup de personnes intéressées par Emmanuel Macron, explique-t-elle. C’était certainement l’attrait de la nouveauté. Aujourd’hui, il s’agit surtout de personnes indécises et qui penchent pour Jean-Luc Mélenchon. La plupart regrettent l’absence d’alliance entre les deux candidats.

Quelque 70 jeunes seraient mobilisés à Toulouse en faveur de la campagne de Benoît Hamon. Alors que le socialiste effectuera son dernier meeting de campagne, mardi 18 avril, dans la Ville rose, un concert de soutien est programmé au Metronum (Borderouge) le jeudi 13 avril, à 20h.

La soirée est gratuite et ouverte à tous. Sont programmés : Ivy GreyOggy NilzGreengoNahida B et H-Bertom.

Plusieurs artistes toulousains se sont engagés pour Hamon, explique Daniel Molina, responsable des jeunes socialistes sur le département. Nous voulons montrer qu’il n’y a pas que des politiques qui le soutiennent.

Un tract spécialement dédié à l’événement a été distribué. L’initiative ne convainc visiblement pas Camille et Raphaël, allongés sur l’herbe, face à la Garonne.

Raphaël, 24 ans, étudiant en philosophie, a voté en 2012 pour Nicolas Sarkozy mais penche aujourd’hui en faveur de Jean-Luc Mélenchon. « J’ai lu aussi le livre Révolution de Macron, mais j’ai été déçu », ajoute-t-il, comme s’il devait se justifier.

De son côté, Camille, 24 ans, en service civique à Toulouse, est nettement plus tranchée :

J’avais décidé d’arrêter de voter, finalement j’irai voter Mélenchon, explique-t-elle. Mais je ne veux pas me faire pigeonner encore une nouvelle fois…

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La liste dans 11 candidats pour la présidentielle de 2017 : Nicolas Dupont-Aignan, Marine Le Pen, Emmanuel Macron, Benoît Hamon, Nathalie Arthaud, Philippe Poutou, Jacques Cheminade, Jean Lassalle, Jean-Luc Melenchon, François Asselineau et François Fillon.

Hugues-Olivier Dumez

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