Politique Présidentielle. Jean-Luc Moudenc : « La chronique judiciaire ne doit pas remplacer le débat politique »

Soutien de François Fillon, candidat de la droite et du centre, à l'élection présidentielle 2017, le maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc est frappé par l'ambiance de la campagne.

Publié le : 27/02/2017 à 19:28
Le maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc estime que le remplacement de François Fillon, « à quelques jours du dépôt des parrainages, c'est impossible ». (Photo : Archives / Côté Toulouse)
Le maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc estime que le remplacement de François Fillon, « à quelques jours du dépôt des parrainages, c'est impossible ». (Photo : Archives / Côté Toulouse)

Drôle de campagne. C’est l’avis de tous les observateurs face au dernier round de l’élection présidentielle, jugée les 23 avril et 7 mai 2017, et c’est aussi l’avis du maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc.

À l’occasion d’un déjeuner avec la presse toulousaine, Jean-Luc Moudenc s’est dit frappé « par les gens qui disent ne pas savoir encore à qui ils donneront leurs votes. Ce que nous appelons la cristallisation du vote n’a pas encore commencé. Il faut croire que la dernière semaine de campagne sera déterminante ».

Pour celui qui tutoie de près les périodes électorales depuis 30 ans, « c’est le reflet du désarroi des Français. C’est aussi la conséquence de la déception que droite et gauche ont généré ».

C’est également ce qui explique le phénomène Macron, pour Jean-Luc Moudenc : « Il n’appartient pas à un parti, il n’a pas de passé politique, il incarne un renouveau qui n’est pas dans la violence des extrêmes ».

Le ralliement de Bayrou à Macron est logique, puisque Bayrou aussi, du temps de sa splendeur, incarnait une autre voie, critiquant tout le monde pour apparaître hors du prétendu système, lâche Jean-Luc Moudenc.

« Nous devons débattre des orientations d’avenir »

Pour l’édile, il est surtout grand temps que le débat politique reprenne la main sur tout autre forme de considération dans cette campagne.

Roulant pour François Fillon « auquel j’ai apporté mon soutien dès son élection à la primaire », il balaie d’un revers de main toute perspective de remplacement. « À quelques jours du dépôt des parrainages, c’est totalement impossible ! Et pas souhaitable ».

La chronique judiciaire ne doit pas remplacer le débat sur l’avenir de la France. Nous devons débattre des orientations d’avenir, ce qui n’empêche pas la justice de faire son travail, prêche Jean-Luc Moudenc.

Inquiet du sort réservé aux collectivités territoriales

Dans ce débat, celui sur l’avenir de la capacité d’investissement des collectivités territoriales taraude celui qui préside France Urbaine, l’association des grands maires de France.

« Pour l’heure, certains propositions m’inquiètent. François Fillon évoque par exemple une coupe de 20 milliards d’euros sur les dotations aux collectivités. Ce serait déstabiliser les collectivités à mi-mandat, tandis qu’elles ont réglé leurs stratégies budgétaires dès le début du mandat et jusqu’en 2020 ».

La proposition d’Emmanuel Macron de supprimer la taxe d’habitation pour 80 % des Français l’interpelle encore plus. « C’est curieux, en ce sens que 40 % en sont déjà exonérés. C’est également insoutenable pour les collectivités, dans la mesure où jamais elles n’obtiendront un reversement équivalent de la part de l’état... Je mets cela sur le compte de l’inexpérience du candidat ».

Les positions de Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon à l’égard des collectivités territoriales l’inquiètent tout autant. « Ni l’un, ni l’autre ne se sont exprimés. Ou ils n’ont pas d’idées, ou ils cachent une mauvaise surprise ! ». Quant à Marine Le Pen : « Mis à part supprimer l’échelon régional, c’est également le vide ».

Il est clair que si le futur gouvernement vient déstabiliser notre stratégie à mi-mandat, nous aurons des choix à faire. Je n’augmenterai pas une nouvelle fois les impôts. Il faudra donc abandonner certains projets ou réduire l’action de certains services, prévient Jean-Luc Moudenc.

Au titre de président de France Urbaine, le maire de Toulouse annonce qu’il rencontrera, avec ses collègues élus, l’ensemble des candidats pour connaître leurs propositions, et restituera publiquement leurs intentions.

Photo de Pascal Pallas

Pascal Pallas

Editeur / Rédacteur en chef
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