Politique Présidentielle 2017. Macron ou Le Pen ? L'interview croisée de leurs représentants en Haute-Garonne

Avant le deuxième tour de la présidentielle, Mickaël Nogal, référent de Macron en Haute-Garonne, et Julien Leonardelli, secrétaire départemental du FN, tentent de convaincre.

Publié le : 03/05/2017 à 14:58
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Mickaël Nogal pour En Marche ! (à gauche) et Julien Leonardelli pour le Front national (à droite) vont tenter de convaincre les électeurs haut-garonnais d'ici la fin de la campagne officielle, vendredi 5 mai 2017 à minuit (Photos : Côté Toulouse/Anthony Assémat)

Dimanche 7 mai 2017, se tiendra le deuxième tour de l’élection présidentielle entre Emmanuel Macron (En Marche !) et Marine le Pen (Front national). Les vainqueurs du premier tour, qui se retrouvent pour le débat de l’entre-deux tours à la télévision, mercredi 3 mai 2017, veulent convaincre les indécis jusqu’à la fin de la campagne officielle, qui sera sifflée vendredi 5 mai à minuit.

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Avant le vote, Côté Toulouse a interrogé les représentants des deux candidats en Haute-Garonne sur le programme, leur état d’esprit, leur opinion sur le camp d’en face… Nous avons posé les mêmes questions à Mickaël Nogal, référent départemental d’Emmanuel Macron chez En Marche !, et à Julien Leonardelli, secrétaire départemental du Front national et conseiller régional d’opposition à la Région Occitanie.

Côté Toulouse : Julien Leonardelli, que pensez-vous de la campagne d’entre-deux tours d’Emmanuel Macron ?

Julien Leonardelli : Je pense très sincèrement que la campagne que mène en ce moment Emmanuel Macron est indigne. Elle n’est pas à la hauteur des enjeux de cette élection présidentielle, car elle s’inscrit dans la droite ligne de celle que mène depuis des années le système contre nous. Monsieur Macron se comporte comme le gamin colérique d’un système devenu hystérique qui a peur d’être balayé par les Français le 7 mai et qui ne pense pas à l’intérêt général.

Côté Toulouse : Mickaël Nogal, que pensez-vous de la campagne d’entre-deux tours de Marine le Pen ?

Mickaël Nogal : L’objectif de la campagne est de rassembler les Français, là où Marine le Pen divise constamment et oppose les uns aux autres selon l’origine, la catégorie socio-professionnelle…

Sur le fond des sujets, nous avons deux visions de la société. Marine le Pen est fidèle à elle-même. C’est une femme violente, qui tente de maquiller ce qu’est le FN et son parcours. C’est l’héritière du système et de son père qui mène une campagne qui est dommageable pour la cohésion de la France.

C. T. : Julien Leonardelli, si vous deviez donner trois raisons de voter Marine le Pen, quelles seraient-elles ?

J. L. : Un choix historique s’offre aux Français pour ce second tour, car il met pour la première fois en perspective, deux visions radicalement différentes pour la France.

C’est pourquoi, j’appelle l’ensemble des électeurs patriotes à choisir la France, plutôt que sa dissolution au sein d’un magma mondialiste qui fait peut-être rêver Emmanuel Macron et ses soutiens, mais qui sonnerait la mort de notre économie, de notre civilisation et de notre modèle social.

Le projet que porte Marine est un projet d’amour et d’espérance pour la France. Il est le seul qui protège réellement, notamment de la menace islamiste qui plane sur notre pays et contre rien n’a était fait, mais aussi de la folle politique d’austérité qui nous est imposée par l’Union européenne et que Monsieur Macron ne remet pas en cause.

Et puis, si les Français ne veulent plus des Hollande, Sarkozy, Valls, Bayrou et j’en passe, alors ils ne peuvent raisonnablement pas voter pour Monsieur Macron qui les réintégrera tous au sein de son futur gouvernement.

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C. T. : Mickaël Nogal, si vous deviez donner trois raisons de voter Emmanuel Macron, quelles seraient-elles ?

M. N. : Emmanuel Macron veut redonner une chance à tout le monde, à travers plusieurs piliers comme l’éducation (notamment la proposition de plafonner les effectifs des classes de CP-CE1 à 12 élèves dans les Réseaux d’éducation prioritaire), la lutte contre les inégalités, le travail et la formation.

Ensuite, voter pour Emmanuel Macron c’est voter pour la moralisation de la vie politique. Il a été le plus transparent sur son patrimoine. Sur le terrain, il existe une déconnexion entre les élus professionnels et la société civile. S’il est élu, une loi sera proposée pour éviter les conflits d’intérêts.

Enfin, c’est un vote pour l’Europe. Aujourd’hui, certes, l’Europe ne fonctionne pas comme il faut, mais il faut amplifier ce qui marche, comme par exemple le programme Erasmus qui fête ses 30 ans. Que serait Toulouse et Airbus sans l’Europe ? En fermant les frontières, les Français en paieraient le prix.

C. T. : Qu’avez-vous pensé du climat de cette campagne présidentielle ?

J. L. : Comme je vous l’ai déjà dit, nous avons connu un climat particulièrement délétère tout au long de cette campagne, avec un système politico-médiatique hostile aux idées patriotes que nous défendons.

Tout a été fait pour imposer la candidature de Monsieur Macron aux Français, mais à voir ce qui s’est passé partout en Europe, je crois qu’il ne fait pas bon d’être le chouchou des médias et des élites. Les Français en ont, je crois, assez d’être infantilisés en permanence.

M. N. : Le climat est plutôt tendu, à l’image de ce que représente ce deuxième tour. Marine Le Pen a attisé la haine envers les médias avec des mots et des comportements habituels de la part du FN.

C. T. : Julien Leonardelli, quelles sont les forces et les faiblesses de votre candidate ?

J. L. : Ce qui fait la force de Marine Le Pen, c’est son amour pour la France, pour son histoire, pour sa civilisation et pour son peuple. Elle est une mère de famille courageuse et une femme politique déterminée à changer les choses, non pas pour elle, mais pour le peuple français.

Ce qui lui fait défaut, c’est peut-être le fait d’avoir eu raison trop tôt.

C. T. : Mickaël Nogal, quelles sont les forces et les faiblesses de votre candidat ?

M. N. : La force d’Emmanuel Macron, c’est sa détermination, sa crédibilité et son efficacité. Au départ, En Marche !, qui a été créé en avril 2016, était présenté comme une bulle. Elle a bien grossi ! C’est un projet concret, financé et des millions de Français y croient.

À l’inverse, plutôt que de faiblesse – il est têtu mais je ne sais pas si c’est une faiblesse ! (il sourit) – je parlerais de défi : celui de réconcilier les deux France. C’est la responsabilité des cinq prochaines années.

C. T. : Auriez-vous préféré Mélenchon ou Fillon au deuxième tour en face de vous ?

J. L. : Non, car j’estime que le peuple français s’est massivement exprimé et que nous devons respecter son choix, car contrairement à ce que j’entends ici et là dans les médias, je considère qu’en démocratie, le peuple a toujours raison.

M. N. : Ce n’est pas à moi de me prononcer ! Nous nous plions au choix des électeurs, même si dans l’entre-deux tours, nous n’avons pas oublié les autres candidats. Mon seul regret : la position ambiguë de Jean-Luc Mélenchon pour le deuxième tour.

C. T. : Julien Leonardelli, est-ce possible de démentir les sondages, plutôt justes au premier tour, qui donnent Macron gagnant avec en moyenne 60% des voix ?

J. L. : Vous savez, les sondages ne sont qu’une photographie de l’opinion à un moment donné. Il faut les interpréter avec prudence, d’autant que les sondages n’avaient absolument pas prévu la victoire du Brexit, ou celle de Donald Trump.

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C. T. : Mickaël Nogal, Emmanuel Macron a-t-il déjà gagné avec en moyenne 60% des voix selon les derniers sondages ?

M. N. : J’ai toujours été très peu sensible aux sondages, mais davantage à la réalité du terrain. Rien n’est fait, surtout avec la recomposition des forces politiques.

C. T. : Quelle est votre ambition pour les élections législatives des 11 et 18 juin 2017 ?

J. L. : En Haute-Garonne, le Front National sera présent sur toutes les circonscriptions et nous nous battrons afin d’apporter une majorité présidentielle à Marine Le Pen.

Personnellement, je serai candidat sur la cinquième circonscription qui s’étend de Grenade à Villemur en passant par Saint-Jory. J’entend porter la voix de celles et ceux qui n’en n’ont plus dans mon territoire du Nord toulousain. J’ai l’ambition de redonner sa chance à ce territoire qui est trop souvent oublié au bénéfice de Toulouse qui concentre injustement toutes les attentions.

D’ailleurs, je lancerai ma campagne pour les élections législatives le jeudi 11 mai 2017 au château de Launac (Haute-Garonne), où nous attendons plus d’une centaine de personnes à 20h.

M. N. : Comme environ 15 000 personnes en France, j’ai présenté ma candidature (il est pressenti sur la 4e circonscription de la Haute-Garonne, ndlr). La réponse sera donnée par la Commission nationale d’investiture après le deuxième tour de l’élection présidentielle.

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Photo de Anthony Assemat

Anthony Assemat

Journaliste, chef d'édition à Côté Toulouse
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