Insolite La première course internationale de molécules-voitures aura lieu à Toulouse

La première course internationale de molécules-voitures se tiendra à Toulouse, vendredi 28 avril 2017. Mais qu'est-ce donc que cela et comment va-t-elle se dérouler ? Réponses.

Publié le : 25/03/2017 à 14:01
PremièreCourseVoitureMoléculesToulouse
La première course internationale de molécule-voiture se tiendra vendredi 18 avril 2017, à Toulouse. (capture d'écran © Dailymotion / CNRS)

C’est une première mondiale. Vendredi 28 avril 2017 à partir de 16 heures, Toulouse accueillera la première course internationale de molécules-voitures. Initialement annoncée en octobre 2016, elle a été décalée de quelques mois, pour « des raisons techniques », précise le CNRS de Toulouse.

Comment y participer ? Qui sont les conducteurs ? Mais comment tout ceci est-ce possible ? On vous explique tout.

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Une molécule-voiture, qu’est-ce donc que cela ?

Les molécules-voitures, également appelées NanoCars, sont en fait la combinaison de différents atomes, qui forment une molécule. Elles seront pilotées par les équipes de scientifiques, grâce à des écrans de contrôle.

Pour vous représenter la taille de « l’engin », sachez que les molécules évoluent à l’échelle manométrique, soit une épaisseur 500 000 fois plus fine qu’un trait de stylo à bille.

Mais comment peut-on organiser une course, alors ?

Un microscope très puissant, « à effet tunnel », unique au monde et présent dans les locaux du Centre d’élaboration de matériaux et d’études structurales (Cemes) de Toulouse, permet d’observer et manipuler différentes molécules en même temps. Grâce à ses quatre pointes, il peut fournir assez d’énergie pour actionner quatre voitures.

Au bout de ses pointes, passe un courant électrique. L’impulsion permet d’activer les molécules qui, selon leur composition chimique, iront plus ou moins vite.

Une vue des NanoCars, par le microscope qui permet de les faire bouger. (montage © CNRS)
Une vue des NanoCars, par le microscope qui permet de les faire bouger. (montage © CNRS)

Qui participe ?

Pour l’instant, six équipes doivent s’affronter, avec des voitures aux compositions moléculaires différentes. Tout d’abord, l’équipe française, du Cemes-CNRS de Toulouse. Elle présentera la Green Buggy, composée de 300 atomes, et qui fonctionne à peu près comme une « voiture normale ». Grâce à l’impulsion électrique, les roues tourneront autour d’un essieu.

L’équipe suisse, elle, entre dans la compétition avec sa Swiss nano dragster. Sans roues, cette voiture pourrait être comparée à un aéroglisseur, qui fonctionne notamment grâce à la propulsion aérienne. Propulsée par les impulsions électriques du microscope, elle pourrait se déplacer dans différentes directions. Apparemment facile à conduire, elle serait suffisamment robuste pour tenir la course du début à la fin.

Vient ensuite une équipe mixte, qui mélange des forces américaines et autrichiennes. Leur Dipolar Racer, qui fonctionne aussi comme une voiture « normale » (roues, axes, châssis) et dont la molécule doit encore être choisie, se déplacera grâce à l’interaction entre son pôle magnétique et l’impulsion électrique du microscope.

Les Allemands, qui présentent la Windmill, se targuent de posséder une voiture qui peut se déplacer dans quatre directions différentes, grâce à ses quatre molécules d’acétylbiphényl (APB). « Un avantage, pour prendre les virages », soulignent les deux membres de l’équipe. Par ailleurs, si leur NanoCar est détruite, ils pourront facilement la reconstruire.

Du côté du Japon, les six membres ont mis au point la NIMS-MANA Car. Elle se distingue par rapport aux autres, car elle fonctionne plutôt comme un « moulin » et se déplace sur elle-même. Testée avec succès sur l’eau, elle avance comme si elle se servait de pagaies.

L’équipe américaine n’a encore rien communiqué, sur le site de l’événement. Des épreuves éliminatoires doivent encore se dérouler, afin de départager les quatre finalistes.

Où et comment se déroulera la course ?

Les voitures s’affronteront dans une « salle blanche », où même les pilotes ne pourront pas entrer. Ils seront relégués dans une salle voisine, d’où ils commanderont les opérations grâce à des écrans de contrôle.

La course se déroulera dans les locaux du Cemes, sur une feuille d’or, maintenue à très basse température (-268°C). Les molécule-voitures devront circuler autour des atomes d’or, de la ligne de départ à celle d’arrivée. Elle commencera vendredi 28 avril à 16 heures et ne devrait pas durer plus de deux jours et une nuit (38 heures maximum).

Le parcours actuel de la course de molécule-voitures. (capture d'écran © CNRS)
Le parcours actuel de la course de molécule-voitures. (capture d'écran © CNRS)

> Les règles complètes de la courses sont accessibles, ici <

Comment assister à la course ?

Le grand public ne pourra pas assister physiquement à la course. Mais les organisateurs ont tout prévu et une rediffusion se fera en direct, en LiveStream, vendredi 28 avril. Il suffit de cliquer sur ce lien, pour y accéder.

Sinon, les internautes peuvent se rendre sur la chaîne YouTube du CNRS et regarder la vidéo en replay.

Et, en attendant ce grand événement sportif et scientifique, voici le trailer de la course :

Infos pratiques :
Course de molécules-voitures,
Vendredi 28 avril 2017 au Cemes de Toulouse, à partir de 16 heures.
Regardez la course en direct, en cliquant ici.

Alice Patalacci

Journaliste à Côté Toulouse.
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