Actualité Pollution : d'où viennent les particules fines à Toulouse ?

L'observatoire de la qualité de l'air en Midi-Pyrénées s'est penché sur les sources de la pollution aux particules fines dans la région. Une pollution qui varie selon les saisons.

Publié le : 10/02/2016 à 07:54
oramip, qualité de l'air
Les stations de l'Oramip surveillent la qualité de l'air à Toulouse et dans la région. (Photo : Oramip)

Mettre en évidence les mécanismes de la pollution aux particules dans l’air ambiant, afin de mieux lutter contre. Voici l’objet d’une étude qu’a mené l’Oramip, Observatoire régional de l’air en Midi-Pyrénées.

Celle-ci a concerné trois sites de la région : une vallée du Lot, une zone rurale du Gers et Toulouse. Et contre toute attente, on constate que la concentration des particules est équivalente dans ces trois zones :

La vallée du Lot est en effet pénalisée par son encaissement qui empêche la dispersion des particules, décrypte Dominique Tilak, la directrice de l’Oramip.

Sur ces trois zones, la concentration moyenne annuelle reste sous la barre des 20 µg/m3. « C’est en-dessous de l’objectif de qualité de 30 µg/m3, mais l’OMS préconise un maximum de 25 µg/m3. Mais il faut savoir que la présence de ces particules restent malgré tout dangereuses pour la santé. » D’autant que ces valeurs peuvent être largement dépassées lors des journées de pic de pollution, récurrentes au cours de l’année.

Problèmes respiratoires, cancers, maladies cardiaques

Et il s’agit d’un véritable problème de santé publique : de différentes tailles, ces particules dans l’air que l’on respire ont un impact direct et à long terme sur notre organisme. Les plus grosses d’entre elles provoquent des difficultés respiratoires et des réactions allergiques (inflammations des yeux et de la peau), tandis que les plus petites pénètrent plus profondément dans notre organisme, enracinant tumeurs cancéreuses et maladies cardio-vasculaires.

L'impact des particules dans l'air sur l'organisme selon leur taille. (Infographie : Oramip)
L'impact des particules dans l'air sur l'organisme selon leur taille. (Infographie : Oramip)

Même s’il en existe une partie naturelle (érosion des sols, embruns marins, etc.), ces particules dans l’atmosphère sont essentiellement produites par l’activité humaine, comme le chauffage domestique, le brûlage de végétaux (pourtant interdit), la combustion des carburants, l’usure des pneus et des freins de véhicules ou encore le trafic routier, qui remet les dépôts sur la chaussée en circulation.

Plus fortes pollutions en hiver et au printemps

En toute logique, l’étude de l’Oramip a donc mis en évidence que la concentration des particules fines s’intensifie l’hiver, en raison de l’utilisation massive du chauffage domestique, mais également à cause d’un phénomène d’inversion des couches thermiques – l’air chaud passe au-dessus de l’air froid – qui empêche une bonne dispersion des particules.

« En revanche, nous avons aussi découvert que le printemps est une période sensible : à ce moment-là, on voit se renforcer la présence de particules dites secondaires qui résultent d’une réaction chimique entre différents gaz présents dans l’atmosphère. Or, ce type de particule n’est pas créé localement mais bien souvent transporté par les vents d’autres régions », explique Dominique Tilak, avant d’ajouter :

Cela prouve bien que la pollution est l’affaire de tous et qu’il est important de mener des actions globales sur l’ensemble des territoires, car les masses d’air ne s’arrêtent pas aux frontières régionales.

En ce sens, un travail sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre en repensant nos modes de chauffage, de déplacements et de production, ainsi que le respect des réglementation – comme l’interdiction de brûler des végétaux – est la clé qui permettra de limiter l’impact des particules sur la santé de tous.

Photo de Delphine Russeil

Delphine Russeil

Journaliste
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