Société Polémique. L'ambassadrice d'Israël annule sa venue à Toulouse

Les associations de défense de la cause palestinienne et du boycott d'Israël réclamaient l'annulation de la venue de Mme Aliza Bin-Noun au dîner de gala de l'AUJF.

Publié le : 10/02/2016 à 16:54
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Un rassemblement en opposition à la représentante d'État était prévu ce mercredi 10 février en début de soirée, devant la médiathèque José-Cabanis (Photo : Flickr/CC/Centropa Vienna)

La nouvelle n’était pas passée inaperçue pour tout le monde. Récemment nommée, l’ambassadrice d’Israël devait participer ce mercredi 10 février, au côté de l’écrivain philosophe Bernard-Henri Lévy, en pleine promotion pour son dernier ouvrage L’Esprit du Judaïsme, à un dîner de gala organisé par l’Appel Unifié Juif de France (AUJF).

« 100 à 150 opposants » étaient attendus au rassemblement

La venue à Toulouse, dans les locaux de la médiathèque José-Cabanis, de Mme Bin-Noun n’était semble t-il pas du goût des associations de défense de la cause palestienne et du boycott d’Israël : l’antenne locale de « Boycott Désinvestissement Sanctions », le collectif toulousain « Palestine Libre », le NPA de Toulouse et le groupe anti-impérialiste « Coup pour Coup 31 » appelaient initialement à manifester sous les fenêtres de la médiathèque, ce mercredi 10 février au soir, à partir de 19h. Mme Aliza Bin-Noun a finalement fait le choix de ne pas se rendre au dîner de gala.

Une petite victoire pour le collectif « Coup pour Coup  » qui voit mal comment l’annonce de leur action sur les réseaux sociaux n’a pu avoir de conséquence sur la décision de la représentante d’Israël en France. Si la formation a en toute logique fait le choix de ne plus se rendre sur le lieu prévu pour l’accueil de Mme Bin-Noun, elle préfère parler de « report » plutôt que « d’annulation » :

Nous serons là dans le cas d’une éventuelle future venue de l’ambassadrice, assure un bénévole.

Une censure qui passe mal

Dans la matinée, les associations ont tenu à rappeler leurs motivations : « Nous nous indignons qu’une représentante d’un état qui pratique l’apartheid puisse être reçue dans un bâtiment appartenant à tous les Toulousains. Nous rappelons qu’Israël viole quotidiennement le droit international et les droits des Palestiniens. La colonisation, l’apartheid, l’emprisonnement et le nettoyage ethnique constituent la réalité de la vie des Palestiniens et sont intolérables » pouvait-on lire dans leur appel à rassemblement.

Mme Bin-Noun s’était par ailleurs faite remarquer en début d’année à l’occasion d’une mise aux enchères au profit de l’organisation « Reporters Sans Frontières ». L’ambassade israélienne avait alors exigé le retrait de la vente du portrait du militant terroriste palestinien Marwan Barghouti, comparé à la Une de Libération par l’artiste Ernest Pignon-Ernest, à Nelson Mandela. « La représentante de l’État d’Israël s’arroge ainsi le droit de contrôler la production culturelle en France. C’est inadmissible ! » indiquaient les opposants à l’ambassadrice dans leur communiqué.

> LIRE AUSSI SUR LIBÉRATION : Israël demande le retrait d’une œuvre de Pignon-Ernest, « Libération » refuse.

La séance de dédicace de Bernard-Henry Lévi, elle, est maintenue.

Nicolas Leboeuf

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