Politique P-N. Bapt (PRG) : « Je ne comprends pas l'engouement de certains radicaux de gauche pour Macron »

Au lendemain du ralliement de la sénatrice PRG toulousaine Françoise Laborde chez Macron et la victoire de Benoît Hamon à la primaire, le président du PRG 31 veut calmer le jeu.

Publié le : 30/01/2017 à 18:19
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Pierre-Nicolas Bapt est président du PRG 31 et secrétaire national en charge du tourisme au PRG. (Photo : DR)

Pierre-Nicolas Bapt est le président de la fédération haut-garonnaise du Parti radical de gauche (PRG). Ces derniers jours, il a vécu le ralliement de sa camarade Françoise Laborde, sénatrice PRG de Haute-Garonne – qui co-présidait jusqu’ici le PRG 31 avec lui – à Emmanuel Macron, et la défaite de Manuel Valls, soutenue par Sylvia Pinel et le PRG à la primaire de la gauche. Où en est le PRG ? Quel rôle va-t-il jouer et qui doit-il soutenir pour la présidentielle ? Interview.

Côté Toulouse. Après la défaite de Sylvia Pinel, candidate PRG à la primaire de la gauche, dès le premier tour, puis de Manuel Valls, que votre parti soutenait, dimanche 29 janvier 2017, quel doit être selon vous la position du PRG ? Est-il davantage compatible avec Hamon ou Macron ?

Pierre-Nicolas Bapt. Le problème ne se pose pas en ces termes. Par la candidature de Sylvia Pinel, le PRG a décidé de participer à la Belle alliance populaire et la primaire de la gauche. Il faut aller au bout de cette logique, c’est-à-dire conserver notre démarche d’union et de rassemblement autour du candidat désigné. Benoît Hamon a indiqué, dès sa victoire acquise, qu’il rencontrerait chaque candidat battu de la primaire. Sylvia Pinel et Benoît Hamon doivent profiter de cette rencontre pour mesurer s’il y a compatibilité entre nous.

C.T. Plusieurs radicaux de gauche ont déjà tranché le débat et rejoint Emmanuel Macron, exprimant qu’ils se reconnaissaient davantage dans les valeurs de Macron. Vous reconnaissez-vous aussi davantage dans le positionnement d’Emmanuel Macron ?

P-N.B. Quelles valeurs, quelles propositions ? Qui peut m’expliquer les grandes lignes du programme d’Emmanuel Macron et le cortège de valeurs qui les encadrent ? Pour l’instant, ce candidat est plutôt sobre sur ses intentions. Nous ne savons pas vraiment ce qu’il compte faire puisqu’à la différence de tous les prétendants à l’Elysée, il n’a vertébré aucun projet global. Nous ne connaissons pas non plus les valeurs qu’il compte défendre, sinon en tentant de les définir par son passage au gouvernement ou par son livre. Pour l’heure, je ne vois pas en quoi les valeurs du radicalisme de gauche s’approche de cette candidature.

En ce sens, je ne comprends pas que certains radicaux de gauche puissent rallier Emmanuel Macron, sinon une visée électoraliste, laquelle reste encore à démontrer par ailleurs.

Dans le cas de Françoise Laborde, élue sénatrice pour encore trois ans, je doute que ce soit le motif de ralliement… Très clairement : je ne comprends pas l’engouement de certains pour Emmanuel Macron. Et je suis perplexe.

C.T. Le PS peine à poursuivre ce qui a fait sa force : la synthèse entre une gauche qui sait parler aux banquiers et chefs d’entreprise, et une gauche qui rassure ce que nous appelions jadis le prolétariat. Faut-il croire qu’une refonte totale des gauches – d’un côté la tradition marxiste, de l’autre un modèle plus anglo-saxon – est en marche et le PRG peut-il en faire les frais ?

P-N.B. Le Parti socialiste n’est pas mort et la maison radicale doit poursuivre son oeuvre. Je vois mal qu’on se dissolve quelque part, notamment chez Emmanuel Macron.

Photo de Pascal Pallas

Pascal Pallas

Editeur / Rédacteur en chef
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