Actualité Le périphérique de Toulouse comme vous ne l'avez (peut-être) jamais vu

Les prémices du périphérique de Toulouse, c'était il y a 50 ans. Il a d'abord fallu réaliser des rocades avant d'aboutir au contournement complet de Toulouse il y a 20 ans. Récit.

Publié le : 07/05/2017 à 13:11
© Archives Municpales de Toulouse 15fi2308
© Archives Municpales de Toulouse 15fi2308 -

Aux heures de pointe, les nerfs des automobilistes toulousains sont mis à rude épreuve sur le périphérique de Toulouse. Chaque année, on estime que les conducteurs y perdent plusieurs journées de leur vie. Mais que serait la vie de notre cité sans ces voies rapides qui contournent la Ville rose ? On n’ose même pas l’imaginer…

Le premier boulevard urbain dans les années 60

Seuls les plus anciens des Toulousains, pratiquement les pionniers de la voiture de masse, peuvent se souvenir de ce qu’était la circulation toulousaine il y a une cinquantaine d’années, quand il fallait forcément emprunter les monstrueux carrefours du centre-ville pour franchir Toulouse. Il y a cinquante ans, il était en effet impossible de contourner Toulouse, si ce n’est par tronçons…

Ce n’est qu’en 1967 que certaines avenues toulousaines ont été agrandies pour constituer les prémices du périphérique, notamment du côté de Bordelongue et Bagatelle. C’est la création du premier boulevard urbain de Toulouse.

Des voies qui viennent dans un premier temps buter sur la Garonne, puisqu’il faut attendre 1970 pour construire le pont de l’Embouchure aux Sept-Deniers et 1974 pour construire les deux ponts d’Empalot et de l’Onia (l’ancien nom d’AZF).

Le premier contournement réalisé à l’Ouest

Le périphérique ne s’appelle pas encore périphérique. Les Toulousains parlent de rocade, un nom qui est resté dans le langage courant même s’il ne correspond plus à la définition technique du contournement actuel de Toulouse. Un nom qui désigne ces boulevards urbains que l’État est en train de faire rejoindre pour constituer un premier contournement.

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Entre 1978 et 1981, c’est le boulevard urbain entre Pont-Jumeaux et Sesquières qui est réalisé, venant ainsi se raccorder au boulevard allant de Langlade au pont de l’Embouchure. En 1981, Toulouse est enfin contournable par l’Ouest.

La rocade Sud dans les années 80…contre l’avis des riverains

Progressivement, ce boulevard urbain va être transformé en voies rapides. Plusieurs carrefours sont supprimés. Une percée est réalisée vers Lespinet en face de Montaudran. Elle nécessite la réalisation du pont-canal des Herbettes pour permettre au canal du Midi d’enjamber la nouvelle voie. Un ouvrage achevé en 1982. C’est la naissance de la rocade Sud.

Tract de riverain dénonçant le projet de rocade Sud - (Document Archives Municipales de Toulouse 56Fi22).
Tract de riverain dénonçant le projet de rocade Sud - (Document Archives Municipales de Toulouse 56Fi22).

La rocade Est achevée en 1988 après trois ans de travaux

Après la rocade Ouest, après la rocade  Sud, Toulouse lance le chantier de la rocade Est, construite d’emblée en 2×3 voies. Une très bonne idée quant on sait qu’il faudra attendre 2019 pour que le désormais périphérique Sud passe en 2×3 voies.

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Les travaux de la rocade Est entre la route de Revel et la route de Castres en 1985. Complètement à droite, l'on peut distinguer l'aérodrome de Lasbordes - ( Photo Archives Municipales de Toulouse 15fi4889).
Les travaux de la rocade Est entre la route de Revel et la route de Castres en 1985. Complètement à droite, l'on peut distinguer l'aérodrome de Lasbordes - ( Photo Archives Municipales de Toulouse 15fi4889).

Jusqu’en 1997, il fallait emprunter… un rond-point à Langlade

La rocade Est achevée en 1988, l’automobiliste toulousain y voit plus clair et surtout, il n’a plus a faire tout le tour de Toulouse pour rejoindre Bordeaux. Il peut s’éviter ainsi le point le plus noir de la ville : le rond-point de Langlade…

Rouler sur une voie rapide qui débouche sur un rond-point, c’est en effet la curiosité de la rocade toulousaine à l’époque. Les Toulousains de l’époque se souviennent avec émotion des retours de week-end le dimanche soir quand il fallait deux heures pour rallier l’ancien échangeur du Palays à Langlade…

Ce n’est qu’en 1997 que ce dernier rond-point a sauté, transformant les trois rocades toulousaines en périphérique. La fin de la préhistoire pour le contournement de Toulouse…

Le carrefour de Langlade en 1973. La porte d'entrée de Toulouse via la nationale 20 qui va rester en l'état jusqu'en 1997 - (Photo Archives Municipales de Toulouse).
Le carrefour de Langlade en 1973. La porte d'entrée de Toulouse via la nationale 20 qui va rester en l'état jusqu'en 1997 - (Photo Archives Municipales de Toulouse).

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Photo de David Saint-Sernin

David Saint-Sernin

Journaliste
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