Histoire/Patrimoine Le Palais Niel, le plus prestigieux bâti à Toulouse au XIXe  siècle

Cet édifice érigé entre  1863 et  1868 à l’intention du maréchal de France Adolphe Niel, abrite le siège du général commandant de la 11e Brigade Parachutiste de l’Armée de Terre.

Publié le : 27/11/2016 à 12:20
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On remonte le temps et on vous fait (re)découvrir l'histoire du Palais Niel, à Toulouse. (Photo : Wikimedia Commons)

Le Palais Niel tranche singulièrement dans la cohorte des hôtels particuliers toulousains. Contrairement à la majorité d’entre eux commandités entre le XVIe et le XVIIIe siècle par les marchands enrichis par le commerce du pastel et les familles parlementaires, l’édifice est né de la volonté d’Adolphe Niel. Ce brillant stratège militaire, précieux aide de camp de Napoléon III lors de la Guerre de Crimée (1853-1856) et de la Campagne d’Italie (1859), est récompensé de ses services en accédant au maréchalat de France.

Promu au commandement du 6e Corps d’Armée, le fringant maréchal revient dans son département natal. « À peine installé à l’Hôtel Duranti (sis au 6 de la rue éponyme, aujourd’hui rue du Lieutenant-Colonel Pélisser, ndlr), l’hôtel de commandement historique de Toulouse, il considère que ce dernier n’est pas digne de son statut de maréchal d’Empire et décide de faire de construire un palais, qu’il n’aura pas l’occasion d’honorer, du fait de ses activités de ministre de la Guerre entre 1867 et 1869 », explique Yves Jacops, général de la 2e section de l’Armée de Terre en retraite et président d’Entraide Parachutiste, association qui soutient les parachutistes actifs et retraités en difficulté.

Érigé sur l’emplacement de l’ancien « Foirail »

Dès 1859, la Ville offre ce qu’on appelle alors le « Foirail », une bande de terre située le long des anciens remparts entre la porte Montoulieu (au bout de l’actuelle Ozenne) et la porte Saint-Etienne (derrière la cathédrale), réservé à la foire aux bestiaux. L’emplacement dégagé libère une superficie de 13 700 m2, dont 2 700 pour le futur édifice dont la construction débute en 1863.

Érigé sur les plans du capitaine du génie Félix Bonnal, qui prévoient un corps de logis rectangulaire de 60 mètres de long prolongé par deux ailes de 26 mètres délimitant une cour d’honneur, le Palais combine un style éclectique propre au Second Empire. La toiture mansardée est recouverte d’ardoises et la façade, rigoureusement sobre et harmonieuse, est construite en pierre et en brique claire. Le portail d’entrée avec son arc en plein centre est encadré de colonnes à chapiteaux doriques.

Saint-Michel, le patron des parachutistes

À l’intérieur, sur le vestibule d’entrée s’ouvre l’escalier d’honneur et sa belle rampe en fonte ornée de guirlandes et arabesques ainsi qu’un tableau, portrait en pied du maréchal Niel, qui mène aux pièces d’habitation. L’entrée est marquée par diverses plaques de marbre qui rappellent les noms des locataires du lieu, jusqu’à Éric Bellot des Minières, le général commandant en exercice de la 11e Brigade Parachutiste et par la sculpture de l’archange Saint-Michel (saint choisi comme patron des parachutistes).

Parmi les salons de réception, le grand salon, avec ses lustres et ses grands miroirs surmontés de l’aigle impérial, accueille grâce à une acoustique idoine des événements musicaux, à l’instar des 26 et 27 novembre de la deuxième édition du festival de musique de chambre « Musique au Palais », autour des répertoires de Bach, Mozart, Beethoven, Chostakovitch, Tchaïkovski, Rachmaninov, Prokofiev…

Musique au Palais (Photo : DR)
Musique au Palais (Photo : DR)

Infos pratiques :
Palais Niel
1, rue Montoulieu Saint-Jacques, à Toulouse

Mathieu Arnal

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