Histoire/Patrimoine Le Muséum de Toulouse, 150 ans d'histoire… et mille et une vies

Si l'idée d'un Muséum à Toulouse remonte à la fin du 18e siècle, il ne se concrétise qu'en juillet 1865, avant sa complète rénovation et sa réouverture au public en 2008.

Publié le : 30/04/2017 à 14:17
Le Muséum dans les années 1910. © Archives municipales de Toulouse
Le Muséum dans les années 1910. © Archives municipales de Toulouse -

Avec la Cité de l’Espace et la basilique Saint-Sernin, le Muséum d’Histoire naturelle fait partie des sites toulousains les plus prisés.

Complètement refaçonnée entre 1998 et 2008 sous l’égide de l’ancien directeur de l’institution, Jean-François Lapeyre, autour de trois sites (le Muséum proprement dit, le jardin botanique Henri-Gaussen et le site de Borderouge, au bord du lac de la Maourine), cette « Cité de la Terre » a accueilli plus de 2 millions de visiteurs depuis sa réouverture. Un succès exceptionnel qui tranche avec les vicissitudes de sa longue histoire. Car sa genèse remonte à la fin du XVIIIe siècle, dans un contexte marqué par l’émergence de cabinets de curiosités minérales et animales et d’herbiers constitués par des amateurs éclairés.

Les autorités toulousaines autorisent le transfert du Jardin d’études et d’essais de cultures de la Société des sciences de la sénéchaussée, à l’emplacement des actuelles rues des Fleurs et Furgole, vers le site de l’ancien monastère des Carmes déchaussés (ensemble comprenant une église, un couvent et le jardin dit de « Frescati », sur l’emplacement d’une partie de l’actuel Jardin des Plantes) installé hors les murs.

Lapeyrouse l’initiateur, Filhol le fondateur

En 1796, l’un de ses plus éminents membres, le naturaliste et minéralogiste Philippe Picot de Lapeyrouse y aménage une première salle de démonstrations dans le bâtiment conventuel, ainsi qu’une orangerie dans l’église.

Mais deux ans après sa mort en 1820, le projet de Muséum s’efface au profit de l’École de Médecine qui y prend ses quartiers durant près de quatre décennies.

À la surprise générale en 1861, le directeur de ladite École, Édouard Filhol, rapidement soutenu par la Ville, est favorable à ce qu’une partie des dépendances de son établissement accueille les collections naturalistes, jusque-là alors entassées au musée des Augustins.

Bien que dépendant de l’École, le Muséum est enfin inauguré quatre ans plus tard. Filhol engage comme premier conservateur, le jeune Eugène Trutat, qui y fera toute sa carrière jusqu’en 1900, et Victor Bohenry, un taxidermiste.

Bien qu’encore modeste malgré un nombre croissant d’achats, d’échanges et de dons, le musée se distingue dès 1866 en opérant des premières fouilles dans les grottes ariégeoises et en ouvrant une première galerie consacrée à la préhistoire, grâce aux apports entre autres d’Émile Cartailhac et de Jean-Baptiste Noulet. Ce dernier qui prend en main l’institution désormais indépendante, l’organise autour d’un circuit de cinq galeries, d’une bibliothèque et la dote d’un périodique qui assure la publication de ses résultats scientifiques.

À partir du début des années 1930, le Muséum occupe l’ensemble du bâtiment et voit la construction d’un auditorium de 400 places, à l’emplacement de l’ancien amphithéâtre de l’École de médecine, érigé sous la houlette d’Urbain Vitry, dévolu à partir de 1964 au théâtre Sorano.

Mathieu Arnal

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