Politique Modem, ex-PS, société civile... Pourquoi ils soutiennent Emmanuel Macron en Haute-Garonne

Vendredi 3 mars, les soutiens de tous horizons d'Emmanuel Macron en Haute-Garonne ont détaillé les raisons de leur ralliement à l'ancien ministre de l'Économie.

Publié le : 03/03/2017 à 20:15
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Les soutiens d'Emmanuel Macron sont divers en Haute-Garonne et sont de plus en plus nombreux à rejoindre le comité local coordonné par Mickaël Nogal (au centre) (Photo : Côté Toulouse/A. A.)

La photo de famille est inédite. Impensable il y a plusieurs mois, la complicité entre une députée exclue du PS (Monique Iborra), le patron du MoDem de Haute-Garonne (Jean-Luc Lagleize), un écologiste de l’écurie Corinne Lepage (Pierre Cabaré) et un proche des idées de Robert Hue (Sébastien Nadot) est aujourd’hui une réalité en Haute-Garonne.

Lancé en avril 2016, le mouvement En Marche ! d’Emmanuel Macron ratisse large. Fort de plus de 5 000 adhérents en Haute-Garonne selon les récents chiffres de la direction locale, il agrège une diversité de partis déjà installés. « Ce n’est plus une bulle médiatique, mais un mouvement armé sur le territoire », explique Mickaël Nogal, référent d’En Marche Haute-Garonne.

Mickaël Nogal revendique plus de 5000 adhérents à En Marche en Haute-Garonne (Photo : Côté Toulouse/A. A.)
Mickaël Nogal revendique plus de 5000 adhérents à En Marche en Haute-Garonne (Photo : Côté Toulouse/A.A.)

Un « programme efficace » pour Iborra (ex-PS)

Vendredi 3 mars, les soutiens politiques à Emmanuel Macron étaient réunis pour expliquer cette démarche. Engagée depuis plusieurs mois suite à sa rupture de ban avec le Parti socialiste, Monique Iborra, députée de la 6e circonscription de la Haute-Garonne, parle d’un programme « efficace, cohérent et propre à changer la vie des gens. Nous avons le diagnostic, des propositions et le financement pour chaque mesure. Je mets au défi n’importe quel candidat de présenter quelque chose d’aussi complet ! ».

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Deuxième jeunesse pour le MoDem

Du côté du MoDem, le rassemblement voulu sur le plan national par François Bayrou s’est fait sans peine à Toulouse si l’on en croit le responsable en Haute-Garonne, Jean-Luc Lagleize, également adjoint au maire de Toulouse en charge des Coeurs de quartier.

Sur les 890 adhérents du MoDem dans le département, seuls quatre ont voté contre et ont quitté le parti. Avec ma sensibilité de centre-droit, je me retrouve dans le programme d’Emmanuel Macron.

Selon l’élu, les propositions macroniennes respectent les totems érigés par François Bayrou. « Macron a repris nos quatre piliers que sont le vote d’une loi sur la moralisation de la vie publique, avec la fin des activités de conseils pratiquées pendant un mandat parlementaire et la limitation du cumul des mandats, la mise en place d’une dose de proportionnelle, la revalorisation de la valeur travail et le changement des pratiques ».

Le ralliement à Macron offre une deuxième jeunesse au MoDem. Il y a dix ans, François Bayrou réalisait 18,57% à l’élection présidentielle et annonçait la renaissance du centre en France. En 2017, la perspective d’une victoire de Macron offrirait des chances de victoire dans certaines circonscriptions pour les candidats MoDem qui bénéficieraient de l’étiquette En Marche !

Et les législatives ?

Derrière le ralliement à un programme ou à une dynamique Macron, les soutiens en Haute-Garonne pensent aussi aux élections législatives des 11 et 18 juin 2017.
Monique Iborra devrait sans surprise hériter de l’investiture sur la 6e circonscription.
Au MoDem, Jean-Luc Lagleize se dit « disponible » mais devrait trouver sa place dans le paysage. Sébastien Nadot (MDP) et Pierre Cabaré (Cap 21) ont indiqué qu’ils étaient candidats à la candidature sur l’une des dix circonscriptions en jeu.
Quant à Mickaël Nogal, le référent toulousain de Macron, il n’a pas encore pris de décision. Lors de son expérience au PS, il avait inscrit son terreau politique à Colomiers…

La sénatrice PRG Françoise Laborde avait rejoint Macron fin janvier 2017. Une décision vivement critiquée à l’époque par Pierre-Nicolas Bapt, président du PRG 31.

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« J’ai le sentiment profond que la feuille de route présentée par notre candidat est la seule capable de redonner de la confiance dans notre société. Le programme En Marche ! n’oublie rien ni personne. Le message est clair et en parfaite cohérence avec les attentes des Français ».

Sébastien Nadot, la voix de Robert Hue

Le prof de sport toulousain Sébastien Nadot, qui s’était déclaré candidat à l’Elysée en mai 2016, mais qui n’avait pu concourir à la primaire de la gauche, s’est aussi rallié à la cause de l’ancien ministre de l’Économie.

Représentant du Mouvement des progressistes (MDP) dans la grande région toulousaine, il symbolise la caution « très à gauche ». En effet, le MDP a été fondé par l’ancien dirigeant du Parti communiste français Robert Hue. « Je veux améliorer le fonctionnement de l’Éducation nationale et la proposition de limiter à 12 élèves par enseignant les classes de CP et CE1 dans les zones prioritaires me séduit. Je salue également sa démarche positive et constructive sur l’Europe. Il faut refonder l’Europe sans bras de fer avec l’Allemagne ».

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Enfin, Cap 21, le mouvement de Corinne Lepage (une ancienne ministre d’Alain Juppé…), représenté par Pierre Cabaré en Haute-Garonne, apprécie « l’écoute des citoyens d’Emmanuel Macron. C’est la première fois qu’un candidat réunit autant de personnes dans les comités. Il a renversé les codes de la politique ! ».

Et ensuite, à qui le tour ? « Des militants des Républicains, de l’UDI et d’autres nous ont déjà rejoints. Tout le monde est le bienvenue ! », précise Mickaël Nogal.

Vendredi 3 mars, des soutiens à Macron venus du Capitole, les adjoints au maire Franck Biasotto (logement) et Elisabeth Toutut-Picard (développement durable) n’étaient toutefois pas présents dans la photo de famille…

Désormais, ce sont près de dix tonnes de papier qui vont être distribués dans les boîtes aux lettres des Haut-Garonnais. « Nous figurons dans les cinq départements de France les plus dotés », conclut Mickaël Nogal.

Le programme d’Emmanuel Macron

Photo de Anthony Assemat

Anthony Assemat

Journaliste, chef d'édition à Côté Toulouse
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