Actualité Lutte contre le terrorisme : « tout le territoire de Haute-Garonne est impliqué »

Afin de mieux lutter contre le risque terroriste, les élus de Haute-Garonne étaient conviés à un module de sensibilisation, mercredi 1er février 2017, près de Toulouse. Détails.

Publié le : 01/02/2017 à 12:07
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Un module de sensibilisation au risque terroriste était organisé, mercredi 1er février 2017, près de Toulouse. (photo d'illustration © GIGN)

« Tout le territoire de la Haute-Garonne est concerné par le risque terroriste », annonce le référent du Raid à Toulouse. Mercredi 1er février 2017, les élus des communes de Haute-Garonne étaient invités à un module de sensibilisation sur cette « menace », à la 11e brigade parachutiste de Balma. Et ils ont été accueillis, en premier lieu, par le service de déminage.

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« Une première nationale »

Plusieurs blocs de béton, estampillés « Toulouse métropole » ont donc reçu la poignée de visiteurs. « Ils sont là pour bloquer un véhicule dangereux », explique le démineur, chargé de l’animation.

Il faut les placer quelques centaines de mètres avant le lieu à protéger. Une première disposition permet d’arrêter le véhicule en question ; une deuxième permet de faire passer un véhicule de secours d’un côté, puis les piétons de l’autre.

Les élus ont ensuite été dirigés vers une salle où des documents leur ont été distribués, avant de se rendre vers un parcours d’obstacles. Cet exercice est « une première nationale », affirme Pascal Mailhos, préfet de la Haute-Garonne et de la région Occitanie.

Former des référents en sécurité

Il fallait partager, avec les élus et les têtes de réseaux (dans les domaines sportifs et culturels), un certain nombre d’enseignements tirés des événements qui se sont déroulés (Euro 2016, 14-Juillet, fête de la musique, etc.).

Différent thèmes ont été abordés : nature du risque terroriste, sensibilisation aux principaux réflexes à avoir en cas d’attaque… Et toutes les communes sont concernées, quelle que soit leur taille. « Prenons l’exemple des vide-greniers. Vous avez quelqu’un qui est responsable de la buvette, de la relation avec les commerçants… et personne n’est responsable de la sécurité », souligne Pascal Mailhos.

« Sans moyen de freiner quelqu’un qui ait une mauvaise intention, votre vide grenier peut très vite se transformer en catastrophe », ajoute-t-il. Le préfet a donc dans l’idée de former des référents, aptes à réagir en cas de menace et qui sensibiliseront les citoyens aux réflexes à acquérir.

Une nation est forte quand elle se sent concernée par un esprit de défense. Elle est faible quand elle pense que c’est l’affaire des autres, avance Pascal Mailhos.

Quels types de réflexes les élus chargés de la sécurité peuvent-ils avoir ?
Parmi les réflexes à avoir, pour notamment l’organisation d’un vide-greniers, le préfet a listé le placement d’une voiture à l’entrée et à la sortie de l’événement, l’organisation du vide-grenier dans les rues adjacentes et non sur la place centrale (qui permet de diminuer les risques de sécurité), etc.
« Évidemment, je ne peux pas mettre des policiers ou des gendarmes à chaque fois qu’il y a un événement de ce genre dans le département », souffle-t-il.

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Prévenir plutôt que guérir

Nous sommes toujours en situation vigipirate renforcée, tant que la menace n’a pas baissé. Mais il s’agit de prévenir et d’anticiper, pour que nos concitoyens et les élus ne soit pas « bras ballants » devant une situation qu’ils ne comprennent pas.

En Haute-Garonne, 300 personnes sont actuellement « fichées S ». Pour certaines communes, comme celle de Castelnau-d’Estrétefonds (Haute-Garonne), le risque terroriste est plus présent que dans d’autres. « Mohamed Merah travaillait à Castelnau, donc les citoyens se sentent particulièrement touchés par le phénomène. Ils comprennent très bien les ouvertures de sacs ou de cartables, lors des différents événements », explique Michel Wastjer, l’adjoint à la sécurité de Castelnau-d’Estrétefonds.

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« La sécurité est effectivement un soucis pour nous, car nous avons des rassemblements qui peuvent accueillir jusqu’à 2 000 personnes », précise Cécile Mouton-Dubosc. L’élue en charge de la Sécurité sur la commune de Pibrac précise que, de cette journée, elle attend notamment d’apprendre à prévenir les techniques d’attaque des terroristes. « Nous, on est un peu démunis et on n’a pas toujours les bons réflexes de la sécurité. On les a de plus en plus, mais ce n’est pas toujours suffisant », achève-t-elle.

On ne veut pas créer une psychose ou un surplus de peur, on veut juste être prévoyant. On n’imaginait pas ce que les terroristes étaient capables de faire, ils le font. Il faut donc prendre en charge tout un chacun, précise une deuxième élue de Haute-Garonne.

Qu’est-ce que les communes de Haute-Garonne ont déjà mis en place, pour se protéger du risque terroriste ?
Interrogés, certaines adjoints à la sécurité de communes de Haute-Garonne ont expliqué les différentes mesures mises en place, pour se protéger du risque terroriste.
Par exemple, Castelnau-d’Estrétefonds a mis en place un Plan particulier de mise en sécurité (PPMS) dans les écoles, pour sensibiliser les enfants, les élus et les représentants de l’académie à la menace, avec l’aide des gendarmes. « Il fallait leur expliquer que rien n’était grave, mais que ça pouvait arriver », l’élu en charge de la sécurité de la commune.
Lors des manifestations publiques, les organisateurs sont sollicités pour prendre part à la sécurité de l’événement, si des gendarmes ou des vigiles ne peuvent pas être dépêchés sur les lieux.
Les citoyens sont également mis à contribution en étant sensibilisés au risque, pour qu’ils puissent prévenir les autorités compétentes, en cas de soupçons.
Des portiques et des barrières peuvent également être placés devant les écoles, des plots en béton sont installés, des fouilles sont opérées…
Plusieurs communes comptent aussi installer des caméras. Mais, comme le souligne Cécile Mouton-Dubosc, ce sont des éléments « qui vont accompagner l’enquête. Les caméras n’empêchent pas l’attaque ».
Certaines installations sont obligatoires (des PPMS deux fois par an, etc.), d’autres sont à l’initiative des élus. Et, si besoin, « le fond interministériel de la délinquance est là pour examiner les demandes budgétaires que pourraient avoir un certain nombre de communes », continue Pascal Mailhos.

Alice Patalacci

Journaliste à Côté Toulouse.
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