Actualité Législatives 2017. En Haute-Garonne, les écologistes rompent avec le PS : voici leurs candidats

Jeudi 11 mai, les écologistes de Haute-Garonne ont annoncé leur scission avec le PS et présenteront un candidat dans chaque circonscription. Les législatives s'annoncent rudes...

Publié le : 11/05/2017 à 19:20
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Tiraillés entre le PS et la France Insoumise, les écologistes toulousains vont tenter d'exister à l'occasion des élections législatives de juin 2017. (Photo : Côté Toulouse/Anthony Assémat)

Qu’il est loin, le temps où les écologistes faisaient 22% des voix aux élections européennes de 2009 dans la Ville rose… Et qu’elles arrivent à grand pas, ces élections législatives 2017, symboles de tous les dangers pour Europe Écologie-Les Verts.

Car le contexte politique des écolos est sans appel. On se souvient que le candidat issu de la primaire écologiste, le député européen Yannick Jadot, avait rallié le vainqueur de la Belle alliance populaire, le socialiste Benoît Hamon. Lequel, avec 6,3% au premier tour de la présidentielle, s’était littéralement crashé entre la dynamique Macron, et le phénomène Mélenchon sur sa gauche avec l’émergence de la France Insoumise.

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Pour ces législatives, la dynamique à gauche du PS a du plomb dans l’aile. Mercredi 10 mai 2017, Jean-Luc Mélenchon, fort de 19% au premier tour de la présidentielle, a rappelé qu’il faisait cavalier seul avec ses Insoumis et qu’il n’y aurait pas d’accord avec le Parti communiste français (PCF).

PCF, France Insoumise et écologistes font bande à part

En Haute-Garonne, il y aura donc sur la ligne de départ dix candidats France Insoumise (mais pas Jean-Luc Mélenchon, qui se dirige vers Marseille) et dix candidats PCF. Le « pacte de majorité à la gauche, au PS, à EELV et au Parti de gauche », défendu dans nos colonnes par Pierre Lacaze, secrétaire départemental du PCF 31, est mort-né.

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Pierre Redonnet, secrétaire régional Midi-Pyrénées en charge des élections, et Christine Arrighi, secrétaire régionale ELLV en Midi-Pyrénées (Photo : Côté Toulouse/Anthony Assémat)
Pierre Redonnet, secrétaire régional Midi-Pyrénées en charge des élections, et Christine Arrighi, secrétaire régionale ELLV en Midi-Pyrénées (Photo : Côté Toulouse/Anthony Assémat)

L’accord Hamon-Jadot a volé en éclats en Haute-Garonne

Et EELV dans tout ça ? L’accord programmatique de Yannick Jadot avec Benoît Hamon prévoyait, sur le papier, de libérer des circonscriptions pour les écologistes pour ces législatives. Dans le périmètre de l’ex-région Midi-Pyrénées, une circonscription était initialement réservée aux écologistes avec le soutien du PS : la 5e de Haute-Garonne, promise à Clémentine Renaud.

Or, sur cette circonscription, le PS aura bien un candidat, en l’occurrence une candidate : la conseillère départementale Sandrine Floureusses, qui dénonce l’accord politique PS-EELV depuis le début.

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Un contexte qui a amené la secrétaire régionale d’EELV, Christine Arrighi, à investir un candidat écologiste par circonscription et à partir en autonomie. Elle en explique les raisons.

Le PS ne nous donne plus de nouvelles depuis des semaines et nous n’avions pas non plus été associés à la campagne présidentielle de Benoît Hamon, localement. De plus, le nouvel accord programmatique pour les législatives ôte toutes les avancées du programme Hamon-Jadot. La confiance est rompue avec le PS. La messe est dite.

Quelle est la position du PS de Haute-Garonne ? Contacté, son Premier secrétaire fédéral, Sébastien Vincini, était injoignable, jeudi 11 mai.

Voici la liste des dix candidats qui ont, in fine, été investis par la direction d’Europe Écologie-Les Verts :

  • 1ère circonscription : Xavier Bigot
  • 2e circonscription : Salah Amokrane
  • 3e circonscription : Yannick Bourlès
  • 4e circonscription : Elisabeth Matak
  • 5e circonscription : Clémentine Renaud
  • 6e circonscription : à déterminer
  • 7e circonscription : Catherine Renaux
  • 8e circonscription : Sophie Handschutter
  • 9e circonscription : Christine Arrighi
  • 10e circonscription : Henri Arévalo

Un symbole nommé Jimena

La crise traversée par les écologistes est symbolisée par le passage de Patrick Jimena d’EELV à la France Insoumise. Initialement investi par le parti écologiste sur la 6e circonscription de Haute-Garonne, l’élu d’opposition à Colomiers, ancien conseiller général (2011-2015), a claqué la porte d’EELV et a remplacé Nadine Stoll (qui devient sa suppléante) comme candidat de Jean-Luc Mélenchon sur le même territoire. « France Insoumise est un mouvement qui dépasse les partis traditionnels », explique ce dernier. « Je suis dans une cohérence sur les valeurs et je me retrouve dans le programme ».

Jamais adepte de la langue de bois, Patrick Jimena estime qu’EELV « s’est fourvoyé dans un accord bilatéral avec Hamon. Si Jadot et Hamon étaient sortis du cadre, on aurait pu avoir ce grand mouvement à gauche avec Mélenchon. Leur faute est de n’avoir pas su dépasser les partis traditionnels ».

« La politique ne peut pas se faire dans les vieux partis »

Est-ce à dire que la casaque France Insoumise avait meilleure allure que celle d’EELV ?

Je ne suis pas dans le calcul, je ne cours pas après les postes. Je suis en contact avec eux depuis un an et j’ai lancé mon appel à rejoindre la France Insoumise au moment où Mélenchon était en-deçà de Hamon sur la courbe… La politique ne peut plus se faire dans les vieux partis.

Avenir d’EELV : trois scénarios possibles

EELV doit déterminer le nom du remplaçant de l’élu columérin avant la remise des dossiers de candidatures, qui démarre lundi 15 mai 2017. En attendant de donner une direction au parti dans les semaines qui viennent.

Nous avons trois solutions : soit nous intégrons un mouvement, type celui de Hamon, soit on se fond dans la France Insoumise, avec qui nous avons des divergences, soit on pense qu’il y a encore la place pour un vrai parti écologiste, ce que je crois, avance Henri Arévalo, conseiller régional d’Occitanie et candidat sur la 10e circonscription de Haute-Garonne, qui refuse le scénario de la « culture de la soumission » dans l’hypothèse d’une alliance avec les Insoumis de Jean-Luc Mélenchon.

« Nous allons tout droit vers une deuxième débâcle »

« Pour les législatives, c’est la catastrophe annoncée vu la façon dont nous partons divisés », prophétise Christine Arrighi. « Le PS n’a toujours rien compris en Haute-Garonne, il croit qu’il peut tout imposer aux autres. Nous allons tout droit vers une deuxième débâcle », annonce François Simon, un ancien du PS qui s’était présenté aux législatives en 2012. « Il n’est pas impossible que certains candidats écologistes soient devant des candidats PS. La balle est dans le camp des électeurs », conclut Henri Arevalo.

Lesquels pourraient planter les ultimes banderilles dans l’incroyable champ des divisions à gauche.

Photo de Anthony Assemat

Anthony Assemat

Journaliste, chef d'édition à Côté Toulouse
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