Économie La banque toulousaine Morning menacée de faillite, les comptes de 75 000 clients bloqués

Sur décision de l'autorité financière, tous les services de Morning sont actuellement suspendus. La néo-banque toulousaine met en cause la Maif, son actionnaire principal.

Publié le : 13/12/2016 à 16:48
Pour le moment, les comptes sont bloqués et aucune opération n'est possible (Photo Morning)
Pour le moment, les comptes sont bloqués et aucune opération n'est possible (Photo Morning)

Quelque 75 000 clients de la banque collaborative Morning (ex-Payname) se retrouvent dans une situation désagréable. « Les comptes sont bloqués et aucune opération n’est possible », confirme-t-on chez Morning (ex-Payname).

Dans une décision rendue publique le 7 décembre 2016, l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) a suspendu les activités de la fintech toulousaine.

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En cause : un déficit de plus d’un 1 million d’euros. Le gendarme de la banque juge que la banque « n’apparaît pas en mesure à ce jour de remédier par elle-même à cette insuffisance de cantonnement, compte tenu de sa situation de trésorerie ; qu’en conséquence, les intérêts de ses clients sont susceptibles d’être compromis ».

Morning, au pied du mur

Un coup dur pour Morning qui avait inauguré en grande pompe son nouveau siège social à Saint-Elix-le-Château, au sud de Toulouse, en juin dernier.

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Au pied du mur, Morning a reconnu les difficultés financières mais rappelle aussi qu’une somme a été bloquée afin de répondre aux obligations de garanties nécessaires pour le lancement des prochaines cartes de paiement Morning. « Cette somme n’a pas été utilisée par Morning », rassure l’entreprise.

Au passage, la start-up qui emploie une cinquantaine de salariés est revenue sur la situation de blocage avec son investisseur majoritaire. Il s’agit de la Maif qui détient 38% du capital de la société.

L’assureur Maif pointé du doigt

Aujourd’hui, la startup est bloquée dans une situation irrationnelle dans laquelle la Maif ne souhaite ni sortir du capital, ni accompagner Morning jusqu’à l’introduction de nouveaux investisseurs, précise l’entreprise dans un communiqué. Cette position attentiste est en train de fragiliser Morning.

La société devait annoncer le lancement à la rentrée 2017 des cartes bancaires ayant obtenu une licence d’émetteur membre principal Mastercard. Avec tous les avantages des banques en ligne, en particulier l’absence de frais de gestion.

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Une réunion doit se tenir, vendredi 16 décembre 2016, à la préfecture de Haute-Garonne, pour faire le point sur la situation de l’entreprise avec les actionnaires, dont la Maif.

Hugues-Olivier Dumez

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