Histoire/Patrimoine Les secrets des Jacobins, chef-d'œuvre d'art gothique méridional au cœur de Toulouse

Retour sur l'histoire d'un des monuments historiques de Toulouse les plus emblématiques, érigé par l'ordre des Dominicains au XIII siècle : le couvent des Jacobins.

Publié le : 26/02/2017 à 18:18
L'intérieur des Jacobins et son célèbre « palmier » © Laura Biassette/Office de tourisme de Toulouse
L'intérieur des Jacobins et son célèbre « palmier » © Laura Biassette/Office de tourisme de Toulouse -

Le couvent des Jacobins est le symbole des vicissitudes de l’histoire toulousaine. Ce joyau de l’art gothique méridional, considéré comme l’un des plus beaux et majestueux ensembles cultuels à l’époque médiévale, est profondément dégradé tout au long du XIXe siècle.

Il retrouvera progressivement son éclat, au cours de diverses campagnes effectuées entre 1905 et 2015. Avec, en point d’orgue, un éclairage repensé permettant au site de devenir l’un des phares de l’image de la Ville rose, candidate au patrimoine de l’Unesco.

Un clinquant qui contraste de son postulat de départ et des idéaux de simplicité prônés par le chanoine castillan Dominique de Guzman, fondateur de l’ordre mendiant des Frères Prêcheurs.

Le fameux « palmier »

La communauté qui lutte contre l’hérésie cathare, est installée à son origine en 1215 dans la maison de l’un d’eux, Pierre Seilhan, (aujourd’hui sise place du Parlement, ndlr) s’établit l’année d’après à l’église Saint-Romain (à l’angle actuel des rues Saint-Rome et Jules Chalande, ndlr) avant de faire l’acquisition en 1229 de nouveaux terrains à l’extrémité nord de la paroisse de la Daurade, grâce aux dons du riche négociant et capitoul, Pons de Capdenier. Là, s’élève l’église primitive, inspirée du plan rectangulaire de celle du couvent dominicain de la rue Saint-Jacques à Paris.

À partir des années 1260, les communautés dominicaines, influencées par l’art gothique triomphant, sont favorables aux élévations spectaculaires, afin de rivaliser avec celles des grandes cathédrales.

Une nouvelle campagne de travaux donne au chevet polygonal son aspect définitif. Trois colonnes sont érigées pour supporter une voûte sur croisée d’ogives.

Au sommet, les différentes nervures composent la ramure géométrique d’un imposant « palmier » minéral. Un chef-d’œuvre architectural unique qui assoit la réputation des Jacobins.

S’ensuit l’achèvement du clocher octogonal qui abrite la cloche de l’Université, ainsi que l’imposant réfectoire dans lequel sont organisés festins et réceptions ou encore la grande sacristie.

« Sauvetage » de Mérimée

Parmi les derniers travaux d’importance entre 1325 et 1341, la surélévation de la nef et la construction dans l’aile septentrionale du cloître, de la chapelle Saint-Antonin, décorée de scènes peintes représentant la vision de l’Apocalypse et le martyr éponyme.

Considérée comme la plus belle église dominicaine, le pape Urbain V décide d’y transférer en 1369 les reliques de saint Thomas d’Aquin, le plus grand théologien dominicain décédé 95 ans plus tôt. Jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, le site ne fait l’objet d’aucun aménagement d’envergure. Fermé à la Révolution, il est affecté ensuite à l’Armée qui y installe une caserne de cavalerie.

À l’occasion d’une tournée, l’écrivain Prosper Mérimée, alors inspecteur général des Monuments Historiques, sauve le couvent d’une ruine annoncée en alertant les pouvoirs publics concernés.

Mathieu Arnal

Ensemble conventuel des Jacobins, rue Lakanal, à Toulouse
Tél. : 05 61 22 23 82.
www.jacobins.toulouse.fr

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