Politique [Interview] Édouard Philippe nommé Premier ministre : « Un acte politique fort » pour Jean-Luc Moudenc

Pour le maire LR de Toulouse Jean-Luc Moudenc, la nomination d'Édouard Philippe comme Premier ministre est un acte politique fort. L'élu appelle sa famille politique à de la mesure

Publié le : 15/05/2017 à 18:04
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Le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, apprécie la nomination d'Edouard Philippe comme premier ministre, un homme compétent et ouvert - (Photo Ville de Toulouse).

Lundi 15 mai 2017, au lendemain de l’investiture d’Emmanuel Macron, c’est Édouard Philippe, le maire Les Républicains (LR) du Havre (Seine-Maritime) qui a été nommé Premier ministre. Un scénario pressenti depuis quelques jours et néanmoins inédit dans l’histoire de la Ve République.

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La stratégie d’Emmanuel Macron de déstabiliser les deux blocs politiques qui structurent la vie politique française depuis les années 70 s’est concrétisée. Si ce choix a été décrié par une partie du parti LR, tel Brice Hortefeux parlant de « débauchage » et allant jusqu’à évoquer ceux qui « ont choisi d’être supplétifs plutôt que décisifs et qui se mettent de fait en dehors de notre famille », le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, évoque « un acte de portée considérable ».

Il préfère voir dans cette nomination le choix d’un « garçon très compétent » et appelle la droite et le centre à ne pas tomber dans l’exclusion de ceux qui choisiraient de rejoindre un gouvernement d’ouverture. Interview.

Côté Toulouse : Édouard Philippe devient Premier ministre. Quel regard portez-vous sur la nomination d’un membre de votre famille politique?

Jean-Luc Moudenc : Le Président de la République fait ici ce qu’il a dit, c’est à dire qu’il souhaite gouverner avec des gens de droite et de gauche. Édouard Philippe, c’est l’un de mes amis et c’est surtout un garçon très compétent et ouvert. C’est aussi le maire d’une grande ville qui prend la tête du gouvernement, quelqu’un proche des préoccupations des gens. Être très proche de leurs préoccupations, c’est ce qu’attendent désormais les Français de la part des hommes et femmes politiques de ce pays.

CT. :  Cette nomination d’un homme venu de la droite, qui pourrait être suivie par d’autres arrivées au gouvernement de personnes issues du parti LR, ne menace-elle pas tout de même l’unité de la droite ?

J.-L.M. : Le constat, c’est que depuis 2012, la droite et le centre n’arrêtent pas d’être convalescents. Ce que je sais, c’est qu’il y aura un grand débat, une grande explication au sein de notre famille, mais celle-ci ne pourra intervenir qu’après les élections législatives.

CT. : Votre famille politique de la droite et du centre, celle rassemblée sous la bannière de l’UMP en 2002, puis déclinée sous la bannière LR, existe-t-elle encore ?

J-L.M. : L’inspiration originelle de l’UMP, c’était de fonctionner sur deux piliers, l’un plus à droite, l’un plus au centre. Depuis quelques années, cette inspiration a été perdue avec un déséquilibre trop droitier.

C.T. : Où vous situez-vous dans cette famille et quelle position allez-vous tenir dans la campagne des législatives qui démarre ?

J.-L.M : Je serai au côté de ma famille et j’irai soutenir les candidats LR sur le terrain. J’ai toujours soutenu ma famille politique, dans les bons comme dans les mauvais moments. Cette famille m’a elle-même soutenu dans les moments compliqués. Je crois qu’il faut rester fidèle à ses amis.

Jean-Luc Moudenc appelle sa famille « à répondre à la main tendue d’Emmanuel Macron »

Dans un communiqué co-signé avec une vingtaine d’élus Juppéistes et Lemairistes, Jean-Luc Moudenc appelle lundi 15 mai 2017 « les familles politiques de la droite et du centre doivent répondre à la main tendue par le président de la République ».
« Plutôt que les anathèmes, les caricatures, les exclusions, nous demandons solennellement à notre famille politique d’être à la hauteur de la situation de notre pays et de l’attente des Français, qui au lendemain de l’élection d’Emmanuel Macron, attendent de nous d’être au rendez-vous de l’intérêt général. La droite et le centre doivent prendre la mesure de la transformation politique qui s’opère sous ses yeux », indiquent les signataires.

Photo de David Saint-Sernin

David Saint-Sernin

Journaliste
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