Ils font Toulouse Initiative. Il Me Faut : quand deux Toulousains veulent révolutionner l'économie numérique

Robin et Yannis ont 21 et 23 ans et veulent créer l'économie de demain. Depuis Toulouse, ils lancent un concept de conciergerie numérique bientôt disponible partout en France.

Publié le : 14/10/2015 à 19:20
Il me faut
Il me faut, c'est une conciergerie numérique créée par deux Toulousains et qui vous permet de vous faire livrer à domicile, 7j/7 et 24h/24.

Il Me Faut, c’est l’histoire d’une rencontre. Comme souvent. Mais celle-ci pourrait bien mener loin…

Au départ, il y a une idée : celle de mettre en place un service de livraison à la demande, par SMS. « Il me faut… un menu Big Mac », tape ainsi le client sur son clavier de téléphone. Quelques instants plus tard, sa commande est livrée à domicile et il paye le prix du menu ainsi qu’un supplément pour la course. Voilà pour le principe, dans les grandes lignes.

Le déclic en cours de marketing

À l’autre bout de la ligne, il y a Robin, 21 ans, casquette sur la tête, gestuelle prononcée et sourire aux lèvres, et Yannis, 23 ans, lunettes de soleil, mains dans les poches et allure plus réservée. Le premier s’occupe des finances et le second concentre ses forces sur le développement stratégique et marketing. Les deux amis se sont rencontrés sur les bancs de la Toulouse Business School (TBS) alors qu’ils y menaient des études de commerce.

Et puis un jour, en cours de marketing, la prof nous mettait la pression parce que nous n’avions pas fait une étude de cas, se souvient Robin. Yannis m’a regardé et il a dit : « J’ai envie de tout arrêter. T’as pas 1 000 euros ? » Et la discussion est partie de là…

Les deux étudiants évoquent alors cette idée de service de livraison par SMS, une idée déjà mûre dans la tête de Yannis depuis septembre 2013. Avec une première expérience entrepreneuriale – « J’avais déjà lancé un food-truck à Toulouse » – le jeune homme croit déjà beaucoup au potentiel du projet. Et son intuition se confirme à l’occasion d’un séjour aux États-Unis. « Pendant que j’étais là-bas, je me suis cassé la cheville et je ne pouvais plus marcher. Seul devant mon ordinateur, j’en ai profité pour bien avancer sur mon idée et en affiner les contours. »

Après une nouvelle année à l’école et plusieurs projets menés en commun, les deux étudiants décident d’arrêter les cours et de se lancer. Ils commencent par mettre en place un numéro, lancer un groupe puis une page Facebook et tester un peu le marché, en assurant eux-même les livraisons. Nous sommes en juin 2015. Très vite, tout s’accélère et les commandes augmentent.

Yannis (à gauche) et Robin (à droite) veulent révolutionner l'économie numérique. (photo : Côté Toulouse)
Yannis (à gauche) et Robin (à droite) veulent révolutionner l'économie numérique. (Photo : Côté Toulouse)

Seule limite : la légalité

Parmi les demandes les plus nombreuses : McDonald’s et la restauration en général, les cigarettes et l’alcool. Parmi les plus insolites : des animaux – « beaucoup » – de la drogue – « que nous ne livrons pas évidemment, la seule limite que nous nous sommes fixés étant la légalité » – ou encore, des personnalités que les gens aimeraient inviter à leur mariage ou à une soirée.

« On nous a aussi demandé un fusil ou des masseuses…  sourient les deux entrepreneurs, mais ce sont des demandes que nous ne pouvons pas satisfaire. Tout comme la livraison de nourriture après 2 h du matin, puisqu’à Toulouse, la législation impose la fermeture des épiceries et points de vente après 2 ou 3 h du matin.  »

Théoriquement, le service vous propose de gagner du temps et d’être livré à domicile, 7j/7 et 24h/24. Une sorte de conciergerie numérique en somme. Mais quelques questions demeurent, notamment quant au modèle économique d’Il Me Faut ainsi qu’au cadre juridique dans lequel le projet s’inscrit.

Nous sommes aujourd’hui une SAS et nous sommes accompagnés par l’incubateur TBS Seeds, rassurent les deux associés. Deux chefs d’entreprise nous encadrent et nous travaillons par ailleurs avec un cabinet d’avocats et bénéficions de nombreux conseils, notamment juridiques. L’idée, ce n’est pas de faire comme Uber, qui fait polémique, mais plutôt comme Blablacar qui remporte un vif succès…

Ambitieux – « mais pas orgueilleux » – les deux garçons voient grand et se sont entourés de cinq développeurs informatiques pour mener à bien leur projet et développer la société qui, selon eux, affiche déjà une croissance exponentielle. « Nous sommes une société de développement informatique, pas de livraison. Ce que nous proposons, c’est simplement un outil qui permettra de répondre à des demandes. L’objectif, c’est de créer une véritable plate-forme sociale et de construire une communauté », affirment les deux co-fondateurs, qui ne veulent pas entendre parler d’ « économie classique » ou de « business plan sur trois ans ».

« Créer l’économie de demain »

Dans le courant du mois de novembre 2015, un nouveau site internet sera mis en ligne, toujours accessible à l’adresse www.ilmefaut.com (qui affiche actuellement un site en maintenance) et une application mobile, disponible sur iPhone et Androïd, verra également le jour.

Voilà à quoi ressemblera le nouveau site internet Il Me Faut, accessible à partir du mois de novembre 2015.
Voilà à quoi ressemblera le nouveau site internet Il Me Faut, accessible à partir du mois de novembre 2015.

Elle ira bien au-delà du simple service par SMS puisque les utilisateurs pourront, via un compte qu’ils se seront créé au préalable, directement demander à être livrés ou devenir livreur eux-mêmes. Concrètement, la demande sera affichée avec un prix de livraison et si quelqu’un accepte la « mission », il effectuera la course et sera défrayé. L’entreprise, elle, touchera une commission. Quant au prix de la course, il sera calculé grâce à un logiciel informatique qui prendra en compte l’heure et l’objet de la demande ainsi que son degré de complexité.

« Cette appli, c’est une surprise mais ça va être top, promettent les créateurs qui annoncent d’ores et déjà un lancement sur le territoire national. Le réseau de livreurs potentiels, nous l’avons déjà et il couvre toute la France. »

Entreprendre finalement, c’est juste un état d’esprit, estime Robin. Aujourd’hui, je préfère prendre ce risque et me lancer et nous verrons bien de quoi demain sera fait…

« Maintenant, nous voulons faire connaître notre concept et créer l’économie de demain. Nous voulons qu’un beau pays comme la France se renouvelle grâce à une société comme la notre », s’accordent à dire les deux associés. Et comme ils le répètent souvent dans leurs messages Facebook : « La révolution est en marche… »

Infos pratiques :
Faites-vous livrer 7j/7, 24h/24 en envoyant un SMS au 06 82 10 89 33
Le nouveau site internet bientôt accessible sur www.ilmefaut.com
Infos et renseignement sur la page Facebook

Il me faut… un lionceau
12074906_708626522606897_901538742060533209_n.pngC’est le coup marketing que Robin et Yannis attendaient. Lundi 5 octobre 2015, l’équipe d’IMF reçoit « une demande qualifiée d’impossible ». Celle de Mathilde, qui demande un lionceau.
Voilà le genre de demande qui pourrait faire parler de la société, se disent Robin et Yannis, qui décident de tout faire pour que la demande de Mathilde soit réalisée.
Le soir même, la jeune femme voit débarquer un lionceau, qu’elle pourra même tenir dans ses bras.
« Rien n’est impossible pour la team Il Me Faut ! », postent les co-fondateurs du site sur leur page Facebook, qui assurent 1) que cette histoire est vraie et 2) qu’aucune transaction financière n’a eu lieu pour réaliser ce « rêve ». Robin et Yannis refusent en revanche de dévoiler les coulisses de la réalisation de cette demande insolite, qui a fait vivement réagir sur Internet.

Photo de Amandine Briand

Amandine Briand

Rédactrice en chef Normandie-actu.fr
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