Société [En images] Plus de 300 pompiers manifestent à Toulouse : deux sapeurs entendus par la police

Ils étaient entre 200 et 300 pompiers, venus de Toulouse et de la région, à manifester dans les rues de Toulouse, mardi 6 décembre 2016. Deux d'entre eux ont été interpellés.

Publié le : 06/12/2016 à 16:33
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Des pompiers de Toulouse et de toute la région ont manifesté à Toulouse, au départ de la place intérieure Saint-Cyprien, mardi 6 décembre. (Photo : Côté Toulouse/Caroline Muller)

Entre 300 (syndicats) et 350 pompiers (préfecture), venus de Toulouse et de toute la région (Haute-Garonne, Lot-et-Garonne, Tarn-et-Garonne, Pyrénées-Orientales, Hautes-Pyrénées), ont manifesté dans les rues de Toulouse, mardi 6 décembre 2016. Les sapeurs-pompiers se sont réunis dans le calme à 14 h, au départ de la place intérieure Saint-Cyprien, lançant pétards et fumigènes pour manifester leur colère.

Mot d’ordre était donné par les organisateurs d’éviter tout débordement et provocation. La consigne a été rappelée tout au long de la manifestation.

Il est clair que nous ne sommes pas des voyous, nous ne sommes pas des casseurs. En aucun cas on est là pour se battre, rappelait aux pompiers Christophe Brunet, représentant CGT, au début de la manifestation, qui a pointé du doigt l’importance du dispositif policier mis en place. Il n’y avait pas autant de policiers pour les zadistes de Sivens ! a -t-il ajouté.

Sur le passage, les pompiers ont, de manière générale, reçu le soutien des Toulousains. « Quand les pompiers commencent à manifester, ça veut dire que le pays va vraiment mal », témoignait un passant, impressionné par l’importance du dispositif policier instauré.

Pétards et fumigènes

Le cortège a ensuite pris la route de la place Saint-Étienne, point de chute de la manifestation, via le Pont-Neuf et le quai de Tounis, où un important barrage policier était mis en place, selon notre journaliste sur place. Les manifestants ont alors entonné la Marseillaise, face aux forces de l’ordre. Plusieurs pompiers sont venus saluer les policiers, d’autres ont entonné « les policiers avec nous ! »

Ils se sont ensuite rendus devant le Palais de Justice de Toulouse, où ils ont été accueillis par les sirènes de camions de sapeurs et par quelques manifestants du secteur de la métallurgie et de l’industrie, également en grève à Toulouse mardi, avant de terminer leur course devant la préfecture de Haute-Garonne.

En vidéo : les pompiers accueillis par les sirènes devant le Palais de Justice

Deux sapeurs-pompiers entendus par la police

Deux sapeurs-pompiers, le conducteur d’un camion et un chef d’arrêt, ont été auditionnés au commissariat de Toulouse, mardi, aux alentours de 16 h. Ils auraient tenté de forcer un barrage policier au cours de la manifestation, au niveau du Palais de justice. « Il s’agit d’un quiproquo, regrette Christophe Brunet, qui condamne fermement l’interpellation de ses deux collègues. C’est inadmissible. »

Du côté de la préfecture de Haute-Garonne, où une délégation a été brièvement reçue, on souligne que la manifestation s’est déroulée dans le calme. « L’itinéraire a été respecté et nous avons pu échanger tout au long de la manifestation sans tension », reconnaît Frédéric Rose, directeur du cabinet du préfet. Il a souligné ce point-là au procureur, qui ne s’est pas encore prononcé sur les suites qu’il donnerait à ces auditions.

L’interpellation des deux pompiers a cependant créé un choc dans les rangs des sapeurs.

L’ensemble des pompiers de la caserne de Toulouse-Lougnon a ainsi décidé de cesser le travail et de ne plus assurer d’interventions. Ce sont les casernes voisines qui prendront le relais. « Ils ont décidé de se mettre en arrêt de travail parce qu’ils sont choqués par ce qui s’est passé cet après-midi (l’audition de deux pompiers par la police, ndlr), mais aussi pour exprimer le mal-être ambiant qui sévit dans la profession », explique Christophe Brunet, représentant syndical de la CGT.

Un pompier hospitalisé

Par ailleurs, un pompier, blessé, a été hospitalisé suite à un incident lors de la manifestation, devant la préfecture de Haute-Garonne. Une fusée lancée en signe de protestation a atteint, par erreur, le pompier au niveau du visage. Touché au menton, celui-ci aurait la mâchoire fracturée et a été conduit à l’hôpital afin d’y être soigné.

Les manifestants se sont finalement dispersés dans la calme, peu avant 16 h 30.

28 pompiers sanctionnés  : la tension monte entre les pompiers et leur direction
Cette manifestation régionale intervient alors qu’aucun accord n’a encore été trouvé entre les pompiers et la direction du Sdis 31, le Service départemental d’incencie et de secours de Haute-Garonne, qui se montre désormais intransigeante. Vendredi 2 décembre 2016, 28 sapeurs-pompiers ont reçu dans leur boîte aux lettres un courrier faisant état d’une sanction de première catégorie. La nature de ces punitions n’est pas encore connue mais les sanctions de première catégorie peuvent être soit un blâme, un avertissement ou une mise à pied de trois jours maximum.
> Plus de détails dans notre article : Colère chez les pompiers : 28 sapeurs sanctionnés
Début décembre, les pompiers ont envoyé un courrier à la direction du Sdis 31. « On attend une réponse de la direction d’ici la fin de la semaine », a précisé Christophe Brunet mardi 6 décembre, qui soupçonne la direction du Sdis 31 de vouloir faire traîner les choses pour essouffler le mouvement. « Mais on veut des mesures concrètes et pas du saupoudrage. »

Caroline Muller (avec M.R)

D’autres images de la manifestation :

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