Tribune Image brouillée

L'édito de la semaine est consacré à Pierre Cohen, l'ancien maire de Toulouse, et à son travail de reconstruction suite à l'échec des municipales

Publié le : 06/05/2014 à 14:51
David - Russeil

La politique est comme un film. À ce titre, le premier mois de Jean-Luc Moudenc à la tête du Capitole n’a pas dérogé à la règle en cela qu’il fut une succession de séquences, parfois polémiques, plus brèves les unes que les autres.L’annonce sèche de l’abandon du projet de la Maison de l’Image à la Reynerie marque tout de même un premier clap de fin.Décision de rupture avec le projet de ville de l’ancienne municipalité, elle a aussi permis à Pierre Cohen de revenir sur scène en tant que chef de l’opposition locale.Il était temps.L’acte II des 100 premiers jours de Moudenc va débuter après les ponts de mai et la nouvelle municipalité va maintenant entrer dans une phase plus concrète jusqu’à l’été.La fin nette de la Maison de l’Image préfigure certainement d’ici-là des décisions douloureuses pour d’autres projets lancés par l’ancienne municipalité. Et suivant les épitaphes qui pourraient se succéder ces prochaines semaines, les socialistes seront certainement ravis de voir que l’ancien maire fait encore partie du générique de ce film.

La gauche toulousaine a besoin d’un leader, Pierre Cohen, capable de faire son aggiornamento”

Que son retour dans le scénario ait été stimulé par une histoire d’image  brouillée à la Reynerie est un clin d’œil mais pas seulement.Car d’image, il va encore en être question pour Pierre Cohen ces prochaines semaines. En premier lieu de la sienne, passablement écornée par sa campagne des municipales et qu’il doit redorer avant d’imaginer être audible de tous.Pour ce faire, il pourra replonger dans le bain des militants socialistes, eux qui n’ont pas eu besoin d’un mois pour analyser le sens de la défaite.Il devra aussi un jour assumer publiquement ses propres responsabilités dans l’échec, ce qui n’a pas encore été fait. C’est l’essence et le courage des vrais chefs.Il faudra enfin qu’il reparte sur le terrain et entende réellement ce que les Toulousains lui ont reproché. Ce n’est qu’à ce prix qu’il pourra entamer un travail de reconstruction efficace au service de son parti.Égrener uniquement le slogan « d’une ville qui marche désormais à reculons » comme il égrenait le slogan « Toulouse avance» pendant la campagne –- sans voir qu’elle avançait à marche trop forcée pour beaucoup d’habitants –- sera en effet largement insuffisant et aboutira au même résultat qu’il y a un mois.La gauche toulousaine aura besoin de bien plus ces prochains mois.En attendant de faire émerger d’autres figures, elle a donc besoin d’un leader, Pierre Cohen, capable de faire son aggiornamento.

Photo de David Saint-Sernin

David Saint-Sernin

Journaliste
Captcha en cours de génération.....Version audio
Changer l'image