Culture & Loisirs Hyperland : quand la culture « s’empare » d’AZF avec le théâtre Sorano

Jusqu’au 26 septembre, le Théâtre Sorano propose un spectacle déambulatoire sur l’ancien site de l’usine d’AZF. Un prisme ambitieux pour un sujet douloureux, voire tabou.

Publié le : 17/09/2015 à 10:36
Le spectacle prétend généraliser sur la « mémoire de nos sociétés » © Katty Castellat
Le spectacle prétend généraliser sur la « mémoire de nos sociétés » © Katty Castellat

AZF : trois lettres pour un même cauchemar, ce 21 septembre 2001, quand l’explosion de l’ancienne usine a fait 31 morts et des milliers de blessés.

Quatorze ans après, la culture « s’empare » du drame grâce au travail de la pépinière d’artistes toulousains des LabOrateurs. Hyperland, c’est le nom du projet, se donne pour objectif de « ré-insuffler de la vie en des lieux chargés d’un vécu où le passé affleure, porteurs de mémoire collective ».

On ne fait pas référence directement à AZF, mais davantage à la mémoire de nos sociétés, précise Pascal Papini, metteur en scène et animateur du projet. Tout le monde connaît AZF mais personne n’a mis les pieds sur le site.

Investir le lieu de la tragédie

Découvrir (vraiment) le site, investir le lieu de la tragédie : là réside tout l’intérêt de Hyperland. Le spectacle, qui entre dans le cadre de la programmation du Théâtre Sorano, se compose de déambulations d’acteurs (départ depuis le parking de l’Oncopole), et de textes d’auteurs.

L’Hyperland, c’est le nouveau monde, le transhumanisme. Avec ces déambulations, on ne touche pas au site. Ce sont des promenades à la lampe torche, un peu dans l’environnement d’une Agora, car le site en lui-même est un trou noir, seulement éclairé autour par la ville, poursuit Pascal Papini.

Un sujet « hypersensible »

Ce dernier, également responsable pédagogique du Conservatoire de théâtre de Toulouse, sait, à l’unisson de la dizaine des Laborateurs, que le sujet est « hypersensible » par rapport aux autres lieux explorés pour le projet (immeubles désaffectés, sites archéologiques…).

On touche à des choses intimes, à la douleur des familles de victimes. Nous avons rencontré des réticences sur le projet. C’est pour cette raison que nous avons effectué un nécessaire travail d’explication en amont, car le deuil n’est pas vraiment fait. La gageure de cette histoire, sans la refaire ni la juger, encore moins de ressasser, est de chercher à l’ouvrir sur un plus large imaginaire. La culture doit s’emparer de ces lieux comme AZF. C’est notre culture, conclut Pascal Papini.

Infos pratiques
Hyperland,
jusqu’au 26 septembre à 20h30,
place Pierre-Potier.
Tarifs : de 8 à 18 euros.

Photo de Anthony Assemat

Anthony Assemat

Journaliste, chef d'édition à Côté Toulouse
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