Société Fin de la prise en charge hôtelière des femmes isolées : le département répond à la polémique

Le département de Haute-Garonne a souhaité réagir après un article de Mediapart, concernant l'abandon de la prise en charge hôtelière des femmes isolées avec enfants.

Publié le : 08/03/2017 à 07:21
e Conseil départemental de la Haute-Garonne cessera en avril, la prise en charge hôtelière des femmes isolées avec enfant de moins de trois ans et des mineurs isolés. (Photo Tania Mesthé)
e Conseil départemental de la Haute-Garonne cessera en avril, la prise en charge hôtelière des femmes isolées avec enfant de moins de trois ans et des mineurs isolés. (Photo Tania Mesthé)

Le titre de Mediapart est évocateur : « Haute-Garonne : les femmes isolées abandonnées par le département ». Dans un article publié mercredi 1er mars 2017, le média en ligne rappelle la fin de la prise en charge hôtelière des femmes isolées avec enfant de moins de trois ans et des mineurs isolés.

Cette mesure remonte au 12 avril 2016. À l’époque, le Conseil départemental vote, à l’unanimité, une délibération portant sur l’accueil des jeunes mineurs isolés. Un « Plan protection de l’enfance 2020 », qui prévoit en effet la fin du dispositif de prise en charge hôtelière au profit de la création de 450 places d’hébergement d’ici 2020 et du développement d’autres dispositifs d’accueil.

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Une mesure dénoncée à l’époque par des travailleurs sociaux et syndicats. L’accueil des mineurs est obligatoire, le Conseil départemental est en faute alors qu’en tant que chef de file de l’action sociale, il doit envoyer des signaux positifs. La création des places d’hébergement d’ici 2020, c’est bien. « Mais avant, on fait quoi ? », s’insurgeait en juin dernier Jean-Claude Pilet, de la Ligue des droits de l’Homme.

« L’arrêt de la prise en charge hôtelière entraîne un arrêt de l’hébergement, soutenait aussi Stéphane Borras, délégué Sud au Conseil départemental. Nous ne sommes pas favorables à l’hôtel, mais il aurait fallu continuer le dispositif en attendant la création de ces places. Les choses ont été faites à l’envers ».

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« L’hôtel n’est pas une solution »

En revenant sur la polémique, Mediapart suscite l’indignation de Christine Stebenet, conseillère départementale de Haute-Garonne, déléguée à l’égalité femmes-hommes.

Contrairement à ce qu’on peut lire ou entendre, les femmes isolées continuent d’être prises en charge par le département, assure avec véhémence l’élue de gauche.

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En revanche, la nuitée à l’hôtel ne peut plus être « une réponse systématique », estime Christine Stebenet, tant « les profils qui se présentent devant la Maison départementale de la solidarité (MDS) sont variés ». Il s’agit de femmes victimes de violences, dans l’errance, en proie à des difficultés par rapport à l’éducation de leurs jeunes enfants…

Aucune économies réalisées

Le rôle des travailleurs sociaux est d’orienter « au cas par cas » afin d’apporter « une réponse adaptée » qui ne passe pas forcément par un hébergement à l’hôtel. « Ce n’est pas une solution, soutient l’élue de Haute-Garonne. Nous sommes en lien avec plusieurs associations sous convention telles que l’A.P.I.A.F, Olympe de Gouges ou SAVIF. Des associations que nous finançons ».

Au passage, le département rappelle que le budget de l’aide à l’enfance a augmenté, « passant de 140 millions d’euros, en 2016, à 144 millions d’euros, en 2017 ». La collectivité locale ajoute aussi que la mesure votée le 12 avril 2016 n’avait pas vocation à réaliser des économies.

Christine Stebenet reconnaît toutefois une baisse du nombre des arrivées : « On compte actuellement une dizaine d’entrées chaque mois, en moyenne, contre une vingtaine auparavant. La prise en charge hôtelière pouvait entraîner une certaine attractivité. Il n’y a pas toujours un problème de logement ou un manque de moyens ».

Hugues-Olivier Dumez

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