Tribune Et si le Toulousain Jean-Christophe Péraud remportait le Tour de France?

Avant les Pyrénées, le Toulousain Jean-Christophe Péraud peut toujours rêver de succéder à Hinault, dernier vainqueur français du Tour de France.

Publié le : 21/07/2014 à 17:30
Jean-Christophe Péraud en 2012 sur le Tour de France - Delphine Russeil
Jean-Christophe Péraud en 2012 sur le Tour de France - Delphine Russeil

Et si le Toulousain Jean-Christophe Péraud remportait le Tour de France?La question peut aujourd’hui paraître complètement présomptueuse, voire farfelue, alors que la Grande Boucle va attaquer ce mardi 22 juillet, les trois étapes des Pyrénées…Sixième au classement général, il est en effet déjà repoussé à plus de 6 minutes d’un intouchable italien Nibali (Astana) qui caracole en tête de course dès que la route se met à grimper.Dans la configuration actuelle de l’épreuve, le leader de la formation AG2R La Mondiale n’a donc que peu de chance d’être le premier français depuis Bernard Hinault en 1985 à porter le maillot jaune sur le podium des Champs-Élysées.

Derrière Nibali, aucun coureur ne lui est supérieur

Pourtant, cette chance existe.En dehors de Nibali, aucun coureur ne s’est montré supérieur à Péraud jusqu’ici. Imaginez donc que l’Italien connaisse un jour sans et “dévisse” dans les Pyrénées et toute la face de la course s’en trouverait changée. Ce n’est pas Froome et Contador, les deux grands favoris éliminés sur chutes ces derniers jours qui pourront contredire.Ni Ocana tombé dans le col de Mente en 1971 alors qu’il devançait Merckx de plusieurs minutes, ni Hinault maillot jaune trahi par son genou et quittant l’épreuve à Pau alors que l’opposition avait déjà quasiment abdiquée en 1980…Nibali, hors jeu, Péraud se retrouverait alors dans un top 5 où aucun coureur ne s’est montré supérieur à lui au cours des deux premières semaines. Pas plus l’Espagnol Valverde (2e, s1 min31 devant Péraud) que les Français Bardet (3e, 1 min 18 devant Péraud) et Pinot (4e avec 1 min 02 d’avance sur le Toulousain).De quoi rendre la course complètement ouverte à notre Toulousain, certainement le plus complet des postulants derrière Nibali avec l’Américain Van Garderen (5e, 19 secondes devant Peraud). Ce dernier deviendrait d’ailleurs la grande menace dans cet hypothétique nouveau club des 5.Coureur lucide et conscient de l’extrême fragilité du cycliste dans une telle épreuve (lui même a goûté l’amertume de l’abandon sur chute en 2013 alors qu’il pouvait ambitionner un top 5), Péraud ne se berce pas de doux rêves.

La fin du Tour de France l’avantage

Mais à 37 ans, il n’a jamais semblé aussi fort que cette année. En montagne, si ce n’est dans la montée de Chamrousse où il a un peu reculé sous la chaleur, il a toujours accroché le bon wagon.Dans les Pyrénées, il va se mesurer à des cols brefs et pentu qui ne seront pas s’en lui rappeler les montées abruptes qu’il affrontait au cours de sa première carrière de vététiste (Péraud est passé professionnel sur route en 2010). Il devrait donc être totalement à son avantage dans le Port de Balès ce mardi, dans les cols d’Azet et au plat d’Adet ce mercredi et dans Hautacam ce jeudi.La perspective du dernier du contre-la-montre entre Périgueux et Bergerac, une discipline qu’il maîtrise et où seul chez les favoris du classement général Van Garderen peut le battre ne va pas plus l’effrayer.Moins médiatisé que les jeunes loups du cyclisme tricolore Pinot, Bardet et Rolland, Péraud nous semble  bien la meilleure chance française au classement général à la veille d’aborder les Pyrénées.Si Nibali reste dans la course, il a toutes ses chances de monter sur le podium à Paris, dimanche prochain. Un objectif qu’il n’avoue pas ouvertement mais qui doit le chatouiller, lui le meilleur coureur français sur les courses à étapes depuis 4 ans.Si Nibali devait quitter la course pour quelque motif que ce soit (ce qu’on ne lui souhaite pas), Péraud aurait alors toutes les cartes pour gagner ce Tour de France un peu déroutant et tout a fait capable de nous offrir un vainqueur surprise.Une grosse surprise qui le serait avant tout pour le grand public tant Péraud a montré qu’il pouvait rivaliser avec les meilleurs cette saison (victoire au Critérium International, 4e de Tirreno Adriatico en Italie en faisant le match avec Contador).Il ne serait certainement pas un vainqueur par défaut dans un Tour de France certes privée des trois meilleurs coureurs du monde (Froome, Contador et Quintana) mais qui s’est avéré comme l’un des plus difficile de ces dernières années par les conditions météo et son tracé sans répit offert aux coureurs.Nous on met sans hésiter une petite pièce sur lui…

Photo de David Saint-Sernin

David Saint-Sernin

Journaliste
Captcha en cours de génération.....Version audio
Changer l'image