Plaisance-du-Touch Val Tolosa : pourquoi le blocage du chantier pourrait durer

Les opposants au projet de centre commercial Val Tolosa à Plaisance-du-Touch vont rebloquer le site de la Ménude le mercredi 16 septembre 2015. Un blocage qui pourrait durer...

Dernière mise à jour : 10/10/2016 à 14:04
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Les opposants au projet vont continuer de bloquer le chantier ce mercredi 16 septembre - DR

Mardi 15 septembre, ils étaient une quarantaine d’opposants à Val Tolosa pour bloquer le chantier du projet de centre commercial débuté il y a quelques jours sur le plateau de la Ménude à Plaisance-du-Touch. Combien seront-ils ce mercredi?

Bien que reçus dans la soirée de mardi par le cabinet de George Méric, le collectif Non à Val Tolosa a en effet décidé de poursuivre le blocage.

On ne peut pas en rester là. Nous, nous n’avons pas de pouvoir de négociation avec Unibail-Rodamco mais on a un pouvoir d’opposition que l’on va utiliser. C’est la première fois que nous menons ce genre d’action et nous sommes décidés à poursuivre car chaque journée où nous empêcherons les travaux de se poursuivre sera une journée de gagnée. On se lance dans le bras de fer et nous irons jusqu’à plus soif, explique Jutta Dumas, la présidente du collectif.

Le conseil départemental, peu à l’aise, reste maître du jeu

Ces prochains jours, au plus tard ces prochaines semaines, les masques vont donc tomber dans ce dossier Val Tolosa qui stagne depuis plus de quinze ans. En premier lieu celui du Conseil départemental de Haute-Garonne sur qui reposera en dernier recours la faisabilité du projet. C’est en effet lui qui devra déclasser l’actuelle route départementale afin de récupérer la chaussée pour laquelle Unibail-Rodamco vient de lancer les travaux.

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Une initiative que le promoteur a d’ailleurs lancé sans attendre la décision de la cours d’appel de Bordeaux sur un recours, non suspensif, déposé contre le projet par les opposants il y a plusieurs mois.

« L’impuissance du Conseil départemental »

Un Conseil Départemental, peu à l’aise depuis des années sur ce dossier, qui avait demandé à Unibail-Rodamco de suspendre les travaux dans un souci « d’apaisement » suite au premier blocage le 7 septembre dernier. Le promoteur ne l’a pas fait et rien ne lui obligeait. Pour les opposants au projet, cet échange entre la collectivité et le promoteur révèle bien « l’impuissance du Conseil départemental ».

Ce dernier a lancé de son côté une étude à la fois financière et juridique dont les résultats pourraient être donnés dans plusieurs mois selon les premières annonces de Georges Méric.  Ces dernières heures, la collectivité départementale a regardé si elle ne pouvait pas accélérer le calendrier de cette étude qui doit permettre à la collectivité « de prendre une décision sur la construction des dessertes routières nécessaires à la réalisation du projet ». Sans possibilité selon nos informations.

Unibail-Rodamco veut mettre les autres parties devant le fait accompli

Dans cette partie de poker menteur qui s’engage, le jeu que chaque partie possède en main semble relativement clair. Unibail-Rodamco, mutique depuis des semaines, n’a plus rien à perdre et pousse ses pions pour mettre le Conseil départemental devant le fait accompli. Sur la base de la loi Macron qui «s écurise les projets de construction en limitant les risques de démolition », le promoteur pourrait en effet débuter le chantier sans que le jugement de la cour d’Appel de Bordeaux, même s’il venait à aller dans le sens du recours déposé par les opposants, ne puisse changer la donne. Ceci obligerait ensuite le Conseil départemental à déclasser les routes sous peine de tomber dans une situation ubuesque : celle d’un centre commercial commencé sans route d’accès…

Le Conseil Départemental tente lui de gagner du temps avec son étude qui servira surtout à déterminer quelles pourraient être les pénalités qu’elle devrait prendre en charge si elle venait à casser le protocole d’accord avec Unibail. Il pourrait tout aussi bien annoncer de suite à Unibail qu’il ne déclassera jamais les routes. C’est ce que les opposants souhaiteraient l’entendre dire. Une telle décision mettrait définitivement fin au projet Val Tolosa.

Vers un Sivens bis à Plaisance-du-Touch?

Quant aux opposants, ils s’annoncent prêts à pousser la résistance « jusqu’à plus soif ». Leur mobilisation et leur capacité de blocage est désormais leur seule carte qu’ils comptent déjà jouer à fond jusqu’au 26 septembre, date d’une manifestation à laquelle pourrait s’agréger des oppositions venues d’autres départements et régions. De quoi réveiller le spectre d’un Sivens bis aux portes de Toulouse?

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« Nous n’en sommes pas là et ce sont des choses que nous ne maitrisons pas. Ce n’est pas le noyau du mouvement actuel qui se lancera dans une telle installation mais c’est quelque chose que l’on ne peut pas exclure, relève Jutta Dumas. Si d’autres gens sont prêts à le faire, on ne leur dira pas non mais il est évident que l’on ne pourrait souscrire à tout acte de violence ».

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Photo de David Saint-Sernin

David Saint-Sernin

Journaliste
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