Législatives 2017. Qui seront les candidats à Toulouse et en Haute-Garonne ?

En juin 2017 se tiendront les élections législatives. Tour d'horizon des postulants dans les différentes formations politiques à Toulouse et en Haute-Garonne.

Dernière mise à jour : 24/05/2017 à 15:24
assemblée nationale hémicycle
Les places dans l'hémicycle du Palais Bourbon vont être chères en 2017 (Photo illustration Wikimedia/cc/Ericwaltr)

Les chaussures des postulants ne collent pas encore aux starting-blocks mais le vestiaire de l’arène politique est déjà bien garni. À un peu plus d’un an des élections législatives de juin 2017, ceux qui fourmillent d’être candidats ne font plus qu’y penser en se rasant. Comme partout en France, les partis politiques représentés en Haute-Garonne enregistrent déjà les déclarations d’intention et fignolent leur stratégie en même temps que le calendrier des investitures.

Sans trop percevoir encore quel pourra être le contexte politique de la présidentielle – François Hollande ne s’étant pas déclaré candidat, la droite n’ayant pas désigné le sien et le FN ajoutant son lot d’inconnu, les observateurs pronostiquant toujours mal sa réelle portée – chaque camp veut encore croire en toutes ses chances, d’autant qu’en Haute-Garonne, d’importantes spécificités locales peuvent laisser entrevoir au Parti Socialiste qu’il peut résister à un contexte national défavorable.

Avant les investitures qui concerneront les formations politiques en décembre 2016, voici, circonscription par circonscription, ceux qui prétendent à une candidature.

1ère circonscription : Lemorton (PS) veut rester

L’emblématique circonscription du département de la Haute-Garonne – parce qu’elle est la première et parce qu’elle fut celle des Baudis, père et fils, puis de Douste-Blazy – est, depuis 2007, le terrain de jeu de Catherine Lemorton (PS). Celle qui a gagné sa place de députée en battant Jean-Luc Moudenc, alors maire de Toulouse, s’est solidement installée sur un territoire incluant une partie du centre-ville de Toulouse et, depuis le découpage électoral de 2010, le canton de Blagnac.

« J’ai le souhait d’être de nouveau candidate », annonce Catherine Lemorton (PS) à Côté Toulouse, qui ne devrait pas trouver de concurrent au sein de son camp. Pour empêcher celle qui est aujourd’hui présidente de la stratégique commission des Affaires sociales à l’Assemblée nationale, de rempiler pour un troisième mandat, la droite devrait faire le choix de François Chollet (LR). Le neurologue, adjoint au maire de Toulouse, aura fort à faire sur une circonscription où la partie toulousaine n’a donné que 45% des suffrages à Jean-Luc Moudenc pour les élections municipales de 2014.

En 2012, Catherine Lemorton avait largement disposé de Sacha Briand (UMP) avec 64% des voix. Le FN n’avait pas dépassé les 10% et le communiste Pierre Lacaze (PCF), qui repartira probablement au combat en 2017, s’était distingué par un honorable 9% au premier tour.

2e circonscription : to Bapt or not to Bapt

Découpé au nord de Toulouse et incluant les secteurs de Montastruc, L’Union et de Montrabé, la deuxième circonscription est le fief de Gérard Bapt (PS) depuis des lustres. Élu en 1988, il a laissé ce territoire à Robert Huguenard (RPR) lors de la vague bleue des législatives de 1993, avant de le reconquérir en 1997. Pour ne plus jamais le perdre.

La question est de savoir si ce baron socialiste de 70 ans, en activité depuis la fin des années 1970, prendra le même chemin que Pierre Izard et Martin Malvy l’année dernière : celui de la retraite. Le PS ne manque pas de remplaçants. Parmi eux : le conseiller régional et ancien président de l’Université Paul-Sabatier, Bertrand Monthubert, actuel suppléant de Gérard Bapt ou encore le militant Hervé Hirigoyen.

À droite, la désir de respecter la parité et de cibler des circonscriptions « femmes » décidera sans doute si Nicolas Bonleux (LR) se porte candidat comme en 2012, ou si Christine Gennaro-Saint, secrétaire départementale de LR 31, candidate aux dernières élections départementales, relève le flambeau.

3e circonscription : la meilleure chance de la droite

Plus à l’est, englobant les quartiers les plus à droite de Toulouse et la ville de Balma, la troisième circonscription est le seul territoire vraiment favorable à un candidat de droite en Haute-Garonne. C’est d’ailleurs par ici que Jean-Luc Moudenc est sorti de sa traversée du désert lors des élections législatives de 2012, triomphant de François Simon (EELV, soutenu par le PS), avant de démissionner en 2014 pour ne pas cumuler fonction parlementaire et mandat de maire de Toulouse. À sa succession, Laurence Arribagé (LR) fut élue quelques semaines plus tard face à Laurent Méric (PS).

Faut-il miser sur le match retour de ce duo ? S’il est quasiment acquis que Laurence Arribagé (LR), récemment élue présidente de la fédération LR 31, candidatera pour un second mandat, rien n’est évident pour Laurent Méric (PS), conseiller municipal d’opposition à Balma. La circonscription peut également très bien échoir à un partenaire politique comme en 2012, lorsque le PS avait laissé la priorité à un candidat écologiste en vertu de l’accord national entre les deux partis.

4e circonscription : du monde à droite

Sur la seule circonscription de Haute-Garonne ne débordant pas de la commune de Toulouse, la très appréciée Martine Martinel (PS), députée depuis deux mandats, devrait logiquement recevoir l’investiture de son parti.

Pour l’affronter, on se bouscule au portillon à droite : les adjoints au maire de Toulouse Bertrand Serp, Pierre Esplugas et Christophe Alvès (LR) sont notamment sur les rangs avec, si l’on en croit la nomination il y a quelques mois de Bertrand Serp, maire du quartier Saint-Cyprien, cœur de cible de la 4e circonscription, une préférence est d’ores et déjà affichée du côté de Jean-Luc Moudenc. Notons que Jean-Marie Belin, représentant de François Fillon en Haute-Garonne inscrit également son action politique sur cette circonscription.

C’est également sur la 4e circonscription que le Modem compte l’une de ses cadres les plus en vues : Marthe Marti (Modem), adjointe au maire de Toulouse et maire du quartier Fontaine-Bayonne-Cartoucherie. Si l’accord que droite et centre ont scellé pour les municipales, les départementales, puis les régionales, doit persister en 2017, le Modem peut parfaitement entrer dans le jeu de cette 4e circonscription très convoitée…

5e circonscription : bagarre à gauche et à droite

Au nord de Toulouse, sur un territoire englobant Fronton, Castelginest, Launaguet ou encore Fenouillet, c’est une totale incertitude quant aux candidats qui s’affronteront. La sortante, Françoise Imbert (PS), doit passer la main et deux solides élues sont positionnées pour lui succéder : les conseillères départementales Véronique Volto et Sandrine Floureusses (PS).

À droite, le prédécesseur de Françoise Imbert, Grégoire Carneiro (LR), député de 1993 à 1997, est forcément évoqué par les instances départementales. Mais le maire de Castelginest et vice-président de Toulouse Métropole n’est pas forcément plus légitime que d’autres édiles du secteur, à l’instar de Gilles Broquère, maire de Fenouillet, Hugo Cavaignac, de Fronton, ou Jean-Marc Dumoulin (UDI), de Villemur-sur-Tarn, si la circonscription devait entrer dans la négociation entre l’UDI et LR…

Mais voilà une short-list d’autant plus incertaine que tous ces postulants sont maires en exercice et pour certains, des vice-présidents stratégiques de Toulouse Métropole. Ils ne pourront pas, à partir de 2017, cumuler un exécutif local avec un mandat parlementaire. Pour davantage de disponibilité, LR peut se tourner vers Xavier Spanghero. Celui qui n’a pour l’heure rien annoncé en la matière mais n’en reste pas moins délégué de la circonscription au sein de la fédération locale.

Le FN viendra troubler le jeu sur ce territoire traditionnellement favorable, probablement avec son secrétaire départemental Julien Leonardelli.

6e circonscription : Michelet-Traval pour succéder à Iborra ?

Véritable bastion de gauche, car incluant la commune de Colomiers et son important contingent de sympathisants socialistes, le sort de la 6e circonscription dépendra d’abord de l’ambiance à gauche. La députée sortante Monique Iborra est en rupture de ban avec le Parti Socialiste depuis son opposition à Carole Delga (PS) lors des élections régionales. Il paraît très clair que l’investiture ne lui reviendra pas cette fois-ci. Pour relever le gant, Karine Michelet-Traval (PS), maire de Colomiers et vice-présidente de Toulouse Métropole, paraît tout indiquée mais la question du cumul des mandats se posera grandement. Véronique Volto (PS), conseillère départementale du canton de Léguevin, dont l’action politique s’inscrit à cheval sur les 5e et 6e circonscriptions, peut-être un recours.

À droite, Anne Borriello et Bruno Costes (LR) paraissent tenir la corde. Traditionnellement réservée à une femme, la circonscription pourrait, de fait, échapper au maire de Pibrac…

Chez les Verts, une candidature de Patrick Jimena (EELV), l’un des hommes politiques les plus appréciés du secteur, pourrait également ajouter de l’incertitude au scrutin.

7e circonscription : grand flou en Volvestre

Sans qu’il ne se soit encore prononcé, le sortant Patrick Lemasle (PS) n’est pas forcément le plus favori parmi les sortants pour glaner son investiture chez les socialistes. Pour le remplacer, deux noms s’imposent d’eux-mêmes : celui de Sébastien Vincini, premier secrétaire fédéral du PS 31 et conseiller départemental ou bien André Mandement, maire de Muret et président de la communauté d’agglomération du Muretain. L’obligation paritaire peut également mettre la conseillère départementale Maryse Vezat dans le jeu.

À droite, c’est encore plus flou. Candidate en 2012, Corinne Viansson-Ponte a disparu des écrans radars. Les communes d’Auterive et de Cugnaux, passées à droite lors des élections municipales, fournissent néanmoins un vivier de postulants conséquent.

8e circonscription : crise de succession dans l’entourage de Carole Delga

Penché vers la gauche depuis des lustres, ayant même résisté à la vague bleue de 1993, territoire électif de Carole Delga (PS) dès le premier tour lors des législatives 2012, le Comminges se gagne, pour les socialistes, dès l’investiture du parti. Pour décrocher la timbale et succéder à Carole Delga, cumulant actuellement son mandat parlementaire à la présidence de la grande région, deux noms sont régulièrement évoqués : Joël Aviragnet, actuel suppléant de Carole Delga et qui a siégé à l’Assemblée nationale lorsque cette dernière était ministre, et John Palacin, jeune énarque et ancien conseiller d’Arnaud Montebourg, bien investi dans l’action locale à Luchon.

À droite, Jennifer Courtois-Périssé étant bien occupée à la mairie de Rieumes et au Conseil régional de Languedoc-Roussillon ne paraît pas partante. Nicole Doro, déléguée de circonscription, tient pour l’instant la corde.

9e circonscription : Borgel archi favori

Descendu de Paris en 2012 pour rafler la circonscription la plus à gauche du département au regard des derniers résultats électoraux, Christophe Borgel (PS) paraît bien parti pour conserver son siège de député. Le secrétaire national du PS en charge des élections n’a pour l’instant aucun adversaire désigné à droite, Elisabeth Pouchelon (LR), candidate en 2012, n’étant pas disposée à partir au combat cette fois-ci. La droite pourra puiser dans son vivier d’élus toulousains, voire chercher son salut du côté de sa section de Ramonville.

Chez les socialistes, on n’exclurait cependant pas une autre candidature à l’investiture, parmi les proches de Martine Aubry, pour barrer la route à un Christophe Borgel réputé inconditionnel de la politique de Manuel Valls et par conséquent, de plus en plus coupé de la base militante haut-garonnaise.

10e circonscription : un match retour

En Lauragais, l’ancienne tenniswoman Dominique Faure (UDI) a perdu un set contre Kader Arif (PS) en 2012, mais n’entend pas perdre le match. Dans le cadre de l’accord en cours entre la droite et le centre, c’est sans aucun doute la 10e circonscription (où est implanté l’influent sénateur-maire de Revel, Alain Chatillon) qui devrait être réservée à l’UDI pour Dominique Faure, élue maire de Saint-Orens-de-Gameville en 2014.

À gauche, Kader Arif ne devrait pas recevoir cette fois-ci de contestation au sein de son camp. Gilbert Hebrard, candidat dissident en 2012 ne repartira pas au front, ne divisant pas la gauche et ne condamnant pas, cette fois-ci, Kader Arif à obtenir l’un des plus mauvais score socialiste en Haute-Garonne.

Photo de Pascal Pallas

Pascal Pallas

Editeur / Rédacteur en chef
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