Société Dix ans après les émeutes de 2005, quels résultats pour la politique de la ville au Mirail ?

Dix ans après les émeutes du Mirail et les premières réalisations de la politique de la ville, les choses n'ont pas changé et le chômage reste très important. État des lieux.

Publié le : 06/11/2015 à 05:30
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Le Mirail vu du ciel. (Photo : Archives Côté Toulouse)

Derrière des termes ou acronymes technocrates comme la politique de la ville ou l’Agence nationale de rénovation urbaine (ANRU), se cache la supposée transformation de nos quartiers dits sensibles, où les Zones urbaines sensibles (ZUS) « concernent 13% des Toulousains », nous avait précisé le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, en novembre 2014, justifiant sa gestion directe de la Politique de la ville sans la déléguer à un adjoint.

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Fin 2014, le gouvernement dévoilait la carte des quartiers prioritaires éligibles à la Politique de la ville. À Toulouse, parmi les 12 secteurs retenus, figure le Grand Mirail (Reynerie-Bellefontaine-Bagatelle), avec l’extension du dispositif à d’autres quartiers de la Ville rose mais aussi à Cugnaux, Colomiers ou Blagnac.

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Près de 730 millions d’euros pour les quartiers difficiles

À Toulouse, les trois conventions avec l’ANRU (Reynerie-Bellefontaine ; Bagatelle-La Faourette-Papus-Tabar-Bordelongue ; Empalot) ont atteint un montant total de 727 millions d’euros ces dernières années. Le changement le plus visible de la période 2005-2015 concerne le quartier Bagatelle. Secteur « charnière » entre l’ouest bobo-populaire de Toulouse (Arènes, Saint-Cyprien) et le cœur du Mirail, les nouveaux immeubles et logements sont nettement visibles et le dynamisme commercial de proximité continue de se développer, en attendant le centre commercial de la Faourette dans les mois qui viennent.

Au Mirail, malgré la présence du métro, d’une médiathèque (Grand M, à Bellefontaine), de quelques événements ponctuels (par exemple, l’animation autour du lac et du château de la Reynerie la veille de chaque 14-juillet), les ravalements de façade, l’aboutissement de projets (comme le nouveau groupe scolaire Jean-Gilles à la Reynerie en 2011 avant la réalisation de Reynerie-sud, la création de l’École régionale de la deuxième chance à Bellefontaine) et les perspectives  – construction de la résidence Les Balcons du Lac place Abbal – n’ont pas changé la réputation du quartier ni le fond du problème : le chômage et les tensions sociales.

Selon les chiffres de l’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques), datés de 2011, 36% des habitants du Grand Mirail avaient des bas revenus et 27% recevaient au moins une allocation chômage alors que le revenu médian s’établissait à 8 100 euros annuels à peine, soit plus de 10 000 euros.

700 chômeurs de plus au Pôle Emploi de Bellefontaine entre 2013 et 2014

Quant au taux de chômage, il peut atteindre jusqu’à 40% selon certains quartiers et les chiffres du nombre de chômeurs inscrits à Pôle Emploi vont de record en record. Selon les chiffres officiels dévoilés par le gouvernement en Open Data, l’antenne Pôle Emploi de Bellefontaine recensait, en juillet 2014, plus de 5 500 demandeurs d’emploi contre 4 800 en septembre 2013, soit une hausse de 700 chômeurs en moins d’un an dans le quartier. Sachant que les agences proches et en lien avec le Mirail, comme les Arènes (3247 demandeurs d’emploi), Croix de Pierre (2875) et La Cépière (6007) affichaient des chiffres tout aussi inquiétants l’an dernier.

Dans les cartons du Capitole, figure un projet de Centre d’affaires de quartier (Caq), porté par le bailleur social Patrimoine SA Languedocienne, qui pourrait trouver refuge dans des bâtiments réhabilités. « Le but, c’est d’être le plus souple et le plus abordable possible afin d’apporter cette offre complémentaire qu’il manque sur le quartier. Pour ce faire, il faut que le bâtiment s’adapte aux projets des entreprises. Il pourra aussi bien y avoir des petits « open space » que des solutions de stockages », détaille Valérie Guiraud, chef de projet en renouvellement urbain de Patrimoine SA Languedocienne.

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Photo de Anthony Assemat

Anthony Assemat

Journaliste, chef d'édition à Côté Toulouse
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