Transports Déficit de transports en commun autour de Toulouse : la qualité de l'air en péril ?

Selon une étude publiée par Tisséo, la moitié des émissions de gaz à effet de serre de l'agglomération est liée aux déplacements des habitants de la périphérie de Toulouse.

Publié le : 20/01/2017 à 07:16
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Chaque matin, les déplacements des automobilistes ont des conséquences directes sur la qualité de l'air. (Photo Côté Toulouse/Delphine Russeil)

Chaque jour, des milliers d’automobilistes de l’agglomération toulousaine quittent leur domicile pour se rendre sur leur lieu de travail, pour amener leurs enfants à l’école, pour faire leurs courses ou encore se divertir. Des trajets indispensables qui sont essentiellement réalisés en voiture dans la métropole toulousaine, ceci en raison d’un réseau de transports insuffisamment adapté à la demande.

Ce constat a aujourd’hui de vraies conséquences. En premier lieu sur la qualité de l’air, dont il a beaucoup été question ces dernières semaines à Toulouse, avec une succession d’épisodes de pollution.

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Les habitants de la périphérie émettent 40 % des émissions de gaz à effet de serre

Selon une étude publiée début janvier 2017 par Tisséo et l’Agence d’urbanisme et d’aménagement de Toulouse (AUAT), « les habitants de la proche périphérie, qui représentent plus de 40 % de l’ensemble des habitants de la grande agglomération et qui ont beaucoup recours à la voiture pour se déplacer, génèrent près de la moitié des émissions de gaz à effet de serre (GES) de la grande agglomération toulousaine ».

Basée sur l’enquête « Ménages Déplacements de 2013 », qui a recueilli les pratiques de déplacements de milliers d’habitants de la grande agglomération, l’étude parue ces derniers jours fait état de statistiques implacables.

Un habitant qui se déplace de la proche périphérie vers Toulouse ou vers un autre point de cette même périphérie génère en moyenne six fois plus de gaz à effet de serre qu’un habitant du centre-ville de Toulouse.

88% des émission de GES le sont par des automobilistes

Chaque jour, les 355 000 habitants mobiles de la proche périphérie génèrent 1 400 tonnes de gaz à effet de serre équivalent CO2, contre 60 tonnes pour les 57 000 habitants mobiles du centre-ville qui disposent de transports en commun bien plus performants.

Qu’est-ce que « l’équivalent CO2 ?
Il s’agit de l’unité de mesure instituée par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, le GIEC, visant à attribuer pour une période de temps donnée un « potentiel de réchauffement global » (PRG) différent pour chaque gaz par rapport au CO2 qui sert d’étalon.

Étalée sur un immense territoire, mal desservie en transports en commun, l’agglomération se retrouve plus que jamais confrontée à un double défi : celui des bouchons récurrents qui exaspèrent chaque matin les automobilistes, mais aussi celui, moins palpable, de la pollution de l’air générée par ces déplacements automobiles exponentiels, qui génèrent 88 % des GES émis par l’ensemble des moyens de déplacements (7 % pour les transports en commun).

Un plan de déplacements urbains pour répondre aux bouchons et donc… à la pollution

Ces données, Tisséo les a prises en compte dans sa stratégie Mobilités 2020-2025-2030, affinée dans le Plan de déplacements urbains (PDU) arrêté fin 2016. La régie des transports toulousains propose de réaliser plusieurs projets structurants tels que la troisième ligne de métro ou encore un réseau de bus Linéo, et suggère d’actionner plusieurs leviers tel que le covoiturage en entreprise (en 2013, le taux d’occupation des véhicules circulant dans l’agglomération toulousaine était de… 1,22) et en insistant sur une meilleure cohérence entre les projets urbains et le réseau de transports publics.

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L’étude souligne que la moitié des émissions globales de GES sur le territoire de Toulouse Métropole sont directement liées aux transports (près de 46 % en 2012 contre 17 % pour l’industrie et 22 % pour les particuliers dans le cadre de leurs foyers). Et redonne de fait du grain à moudre aux stratégies de densification envisagées en ce moment même sur le corridor du projet de troisième ligne de métro, et plus largement sur l’ensemble de l’agglomération via le Schéma de cohérence territoriale, le SCOT, dont les nouveaux contours vont être âprement discutés dans les prochains mois.

Photo de David Saint-Sernin

David Saint-Sernin

Journaliste
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