Société Le Dal occupe l'hôpital La Grave : « Le CHU semble s'orienter vers une procédure judiciaire »

Une soixantaine de personnes se sont installées depuis lundi dans un pavillon désaffecté de l'ancien hôpital La Grave, en plein centre de Toulouse. Un huissier leur a rendu visite.

Publié le : 13/01/2017 à 16:03
Hôpital La Grave Dal 31
Les membres du Dal 31 ont installé une quinzaine de familles dans le pavillon de l'ancien hôpital La Grave, à Toulouse. (Photo : Dal 31)

« Nous sommes déçus. » Vendredi 13 janvier 2017, les membres du Dal 31 n’ont pas vraiment la mine réjouie. Alors qu’ils occupent depuis le lundi 9 janvier, avec une quinzaine de familles, le pavillon de dermatologie de l’ancien hôpital La Grave, dans le quartier Saint-Cyprien de Toulouse, ils ont reçu, jeudi 12 janvier, la visite d’un huissier venu constater l’occupation des lieux, accompagné par une représentante de la direction du CHU.

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« La direction du CHU semble vouloir s’orienter vers une procédure judiciaire », regrette François Piquemal, porte-parole du Dal 31. Une information que la direction du CHU ne confirme cependant pas. « Nous ne ferons aucun commentaire », a précisé ses services.

« On veut que ça se passe comme à Paris »

Pour les membres du Dal 31, c’est une déception. Eux qui espéraient que le CHU acceptent cette occupation et que la préfecture procède au relogement de cette soixantaine de personnes « avant la vague de grand froid ».

Le week-end dernier, à Paris, le Dal, l’APHP (Assistance publique – Hôpitaux de Paris) et la préfecture d’Île-de-France ont trouvé un accord sur le maintien de l’occupation d’une aile de l’Hôtel-Dieu jusqu’en mars et le relogement d’une centaine de personnes, souligne François Piquemal, qui aimerait bien qu’une telle solution soit adoptée aujourd’hui à Toulouse.

Pour le Dal 31, la préfecture « doit prendre ses responsabilités ». « Elle a les moyens d’intervenir auprès du CHU pour trouver une solution », estime le collectif.

Entre soixante et soixante-dix personnes sont installées dans l'ancien pavillon de dermatologie. (Photo : Dal 31)
Entre soixante et soixante-dix personnes sont installées dans l'ancien pavillon de dermatologie. (Photo : Dal 31)

La préfecture reste muette

De son côté, la préfecture n’a pas souhaité faire de commentaires, s’en tenant à rappeler les efforts réalisés depuis trois ans en matière d’hébergement. « Doubler les places c’est bien, mais ce n’est pas suffisant, commente François Piquemal. C’est le manque de place qui conduit à la création de squat. » Et le porte-parole d’évoquer le squat géant des Arènes, qu’occupe en ce moment 400 personnes.

C’est le plus grand squat de Toulouse et le nombre d’occupants ne cesse de grandir. Une situation très inquiétante pour plusieurs organisations et collectifs qui se mobilisent.
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Désormais, le Dal 31 attend l’assignation au tribunal, mais continue d’espérer que le CHU de Toulouse ne s’engagera pas dans une voie judiciaire « dont l’issue sera incertaine et pour nous et pour eux », conclut François Piquemal.

Caroline Muller

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