Société Contre le gaspillage alimentaire, ce boulanger est l'Ange gardien des associations

Jean-Yves Azéma, patron d'une boulangerie de Saint-Orens, au sud-est de Toulouse, donne ses invendus à des associations six fois par semaine pour éviter le gaspillage. Témoignage.

Publié le : 20/04/2015 à 07:57
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Jean-Yves (à gauche) donnant ses invendus à Jacques (à droite), président de l'Association des infirmes moteurs (Photo A. A.)

Comment éviter le gaspillage alimentaire et ces tonnes de nourriture jetées à la poubelle ou javellisées dans les arrière-boutiques des grands centres commerciaux ?

Alors qu’un rapport a été remis au gouvernement, le 14 avril 2015, par l’ancien ministre délégué à l’Agroalimentaire, Guillaume Garot, un boulanger de Saint-Orens, aux portes de Toulouse, a décidé de mettre en place un système simple pour éviter le gâchis du pain, des croissants, des pizzas, des gâteaux et des bûches à Noël. Il y a deux ans, le 12 juin 2013, Jean-Yves Azéma ouvre une boulangerie Ange et met en place de suite la chasse anti-gaspillage.

J’ai contacté des associations et c’est venu tout naturellement. Ça me paraissait tellement évident ! On produit de la nourriture et on en mettrait à la poubelle alors que des gens ont faim à 3km ? C’est l’inverse qui n’est pas normal, témoigne-t-il.

Au bénéfice de trois associations

Le système, qui profite à trois associations, est bien rôdé. « Le Secours Populaire vient le lundi, l’Adim (Association départementale des infirmes moteurs, ndlr) vient le mardi, jeudi et samedi tandis que l’OCDM (Opération coup de main) vient récupérer des aliments le mercredi et le vendredi », indique Jean-Yves.

200 euros de nourriture donnés chaque jour en moyenne

Jeudi 16 avril dernier, à 20h, à la fermeture du commerce : ce soir-là, Jacques Bardou, président de l’Adim, vient récupérer des sacs de pain, des viennoiseries et un grand gâteau à la fraise. Des invendus de la journée – l’équivalent de 200 euros – qui vont bénéficier à la cinquantaine de personnes aidées régulièrement par cette association. « C’est un plus pour ces personnes et une aide indispensable pour moi aujourd’hui. Ce n’est pas normal que d’autres ne le fassent pas », dit-il.

Engagement n°5 : plus généreux

La solidarité alimentaire de Jean-Yves figure à l’ « Engagement n°5 » de la charte des franchisés Ange, au chapitre « + généreux : en fin de journée, nous mettons à disposition tous nos produits invendus à des associations qui les distribuent à ceux qui en ont besoin », est-il écrit noir sur blanc dans la boulangerie. Un commandement salutaire visible demain dans toutes les boulangeries de France et de Navarre ?

Avenue de Toulouse, Saint-Orens-de-Gameville, France
Photo de Anthony Assemat

Anthony Assemat

Journaliste, chef d'édition à Côté Toulouse
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