Actualité Sciences. Voici ce que les chercheurs toulousains ont découvert en 2015

En archéologie, en écologie, en informatique ou en physique, l'actualité n'a pas manqué en 2015 ! Retour sur les principales découvertes des laboratoires du CNRS Midi-Pyrénées.

Publié le : 19/01/2016 à 09:35
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Tout au long de l'année 2015, les scientifiques des laboratoires de recherche toulousains ont enchaîné les découvertes. (photos : D.R)

Saviez-vous que Napoléon, Louis XIV et René Descartes étaient les trois personnalités historiques les plus influentes sur Wikipédia ? Que les abeilles étaient moins agressives lorsqu’elles sentent certaines odeurs de fleurs ? Ou que les molécules étaient capables de ruser ?

Autant de découvertes scientifiques rendues possibles par le travail acharné de chercheurs toulousains, bien souvent accompagnés dans leurs travaux par d’autres équipes, à Grenoble notamment mais également à l’international.

Une année 2015 riche en découvertes

Qu’il s’agisse d’archéologie, d’écologie, d’informatique ou de physique, les laboratoires de recherche du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) n’ont pas chômé tout au long de l’année 2015.

En ce début d’année 2016, ils nous font part de leurs différentes découvertes.

  • Quelles sont les personnalités historiques les plus influentes sur Wikipédia ?

Une question à laquelle deux physiciens du Laboratoire de Physique Théorique (LPT – CNRS/Université de Toulouse III – Paul Sabatier) ont répondu, en adaptant des méthodes d’analyse de réseaux complexes à celles formées par les hyperliens des pages de l’encyclopédie en ligne.

En France, le trio de tête des personnalités françaises les plus influentes est le suivant : Napoléon, Louis XIV et René Descartes. Étonnement, tous pays confondus, c’est le naturaliste suédois Carl Von Linné qui domine le podium, devant Jésus Christ et Aristote ! Pour étoffer leur analyse, les chercheurs ont aussi étudié la distribution géographique et temporelle de ces personnalités à l’échelle mondiale.

  • Nouveaux scénarios d’évolution pour la mer Méditerranée à la fin du siècle

La région méditerranéenne compte parmi les « hot-spots » du changement climatique. Les effets attendus y sont particulièrement importants et les impacts environnementaux et socio-économiques risquent d’y être très prononcés. Pourtant, la région a longtemps souffert d’un manque de simulation océanique à échelle fine.

Mais cela, c’était avant les recherches d’une équipe réunissant des chercheurs du Groupe d’étude de l’Atmosphère Météorologique du Centre National de Recherches Météorologiques (CNRM-GAME – Météo-France/CNRS), du Laboratoire d’Études en Géophysique et Océanographie Spatiales (LEGOS – IRD/CNRS/Université de Toulouse III – Paul Sabatier) et de deux laboratoires espagnols (IMEDEA et Puertos del Estado). Les projections climatiques régionales pour la mer Méditerranée mises à jour, l’équipe prévoit un réchauffement de 2 à 4°C des eaux de surface d’ici à la fin du siècle, ainsi que des modifications dans la circulation océanique du bassin.

  • L’australopithèque Little Foot a 3 670 000 ans

L’anniversaire de l’australopithèque, dont le squelette a été découvert au nord-ouest de Johannesburg, n’aurait jamais pu avoir lieu sans l’ingéniosité d’une équipe de chercheurs internationale. Leur approche inédite, fondée sur une datation par luminescence, place donc l’Afrique du Sud, au même titre que l’Afrique de l’Est, sur la carte des potentiels berceaux de l’Humanité.

> LIRE AUSSI : Un chercheur toulousain contribue à dater l’australopithèque Little Foot, l’un de nos plus vieux ancêtres

  • Flower Power : des abeilles moins agressives en présence de certaines odeurs

L’équipe de Martin Giurfa du Centre de Recherches sur la Cognition Animale (CRCA – CNRS/Université Toulouse III – Paul Sabatier), en collaboration avec des chercheurs australiens des universités du Queensland et Monash, ont découvert que les abeilles perdent leur agressivité lorsqu’elles sentent des odeurs florales calmantes.

Les résultats de leurs expériences ouvrent des perspectives importantes concernant l’apiculture.

  • Un leurre pour tromper l’adversaire : les ruses moléculaires de l’Arabette

Qu’ils se camouflent, usent de vitesse ou trompent leurs prédateurs grâce à des illusions d’optique, les acteurs du règne animal ne manquent pas de stratégies quand il s’agit de sauver leur peau. À l’échelle moléculaire aussi, de telles ruses sont déployées.

C’est là la découverte d’une équipe de chercheurs toulousains et grenoblois du CNRS, de l’INRA, du CEA et l’INSERM, chez l’une des bactéries phytopathogènes les plus dévastatrices de la planète. En empêchant le déclenchement d’un « signal d’alarme immunitaire », elle est capable de court-circuiter les défenses des cellules végétales.

  • Nouveau record : le champ magnétique de 90 teslas, le plus long du monde

La barre des 100 teslas n’est plus très loin ! Les Laboratoire Nationaux des Champs Magnétiques Intenses (LNCMI), basés à Toulouse et Grenoble, ont réalisé un aimant générant un champ magnétique pulsé de 90.6 teslas. Ce nouvel outil offre des impulsions de très longue durée : 9,1 millisecondes pour des champs au-delà de 80 teslas.

Une nouvelle référence mondiale qui permettra, à terme, d’effectuer des expériences physiques dans des conditions inégalées, tout en positionnant le LNCMI au troisième rang mondial des records absolus de champ magnétique pulsé non destructif.

  • La relation entre abondances de proies et de prédateurs suit une loi universelle à l’échelle planétaire

Une étude publiée dans Science par une équipe franco-canadienne est venue contredire l’habituelle théorie écologique selon laquelle la biomasse des prédateurs d’un écosystème varie proportionnellement à celle de leurs proies.

En s’appuyant sur une base de données de plus de 2 000 communautés d’espèces, l’équipe de chercheurs a ainsi prouvé que la biomasse totale des proies augmentait en réalité bien plus vite que celle des prédateurs, et ce, dans la totalité des écosystèmes analysés.

  • Un nouveau prototype de batterie plein de promesses

Après deux années de travail, une équipe française, impliquant principalement des chercheurs du CNRS et du CEA, est parvenue à développer une batterie d’un nouveau genre, proposée, dans certains secteurs, en alternative aux classiques accumulateurs lithium-ion.

Cette nouvelle technologie utilise des ions sodiums, plus abondants et moins coûteux que le lithium. Le prototype pourrait, à l’avenir, permettre le stockage d’énergies renouvelables.

  • Une nouvelle électrode multiplie par 1 000 la capacité de stockage des micro-supercondensateurs

Nouvelle alternative intéressante : celle des micro-supercondensateurs, en remplacement aux micro-batteries. À leur puissance élevée et leur durée de vie supérieures s’ajoutent désormais la découverte des chercheurs du Laboratoire d’Analyse et d’Architecture des Systèmes (LAAS-CNRS) et de l’INRS, au Québec : un matériau d’électrode qui permet à ces nouveaux condensateurs électrochimiques de stocker une quantité d’énergie comparable à celle des batteries.

  • Érosion de l’atmosphère, aurores dans la nuit martienne … : la mission MAVEN de la NASA livre ses premiers résultats

Grâce à ses études en orbite menées depuis un an autour de Mars, une équipe de scientifiques, impliquant notamment des chercheurs de l’Institut de Recherche en Astrophysique et Planétologie (IRAP – CNRS/Université Toulouse III – Paul Sabatier), est parvenue à déterminer le rôle clef du vent solaire dans l’échappement du gaz atmosphérique martien dans l’espace.

  • Mesurer l’impact des nanotubes de carbone dans l’environnement

La forte présence naturelle de carbone dans notre environnement ralentit grandement la détection de nanotubes de carbone dans l’air. L’impact écologique de ces molécules, très légères et résistantes, préoccupe particulièrement la communauté scientifique depuis que leur utilisation massive dans l’industrie s’est généralisée.

Des chercheurs du Centre Interuniversitaire de Recherche et d’Ingénierie des Matériaux, du Laboratoire d’Analyse et d’Architecture des Systèmes, et du Laboratoire Écologie Fonctionnelle et Environnement, ont réussi à mettre au point une technique permettant de mesurer la quantité de nanotubes de carbone dans des larves d’amphibiens, après exposition.

Nicolas Lebœuf

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